Les exportations irakiennes de pétrole ont été divisées par dix en avril 2026, selon BFM Business, en raison du blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran. Bagdad, qui exportait auparavant 93 millions de barils par mois via cette route maritime stratégique, n'a pu acheminer que 10 millions de barils ce mois-là.
Cette chute brutale s'explique par la quasi-totalité de la fermeture du détroit d'Ormuz, voie de passage essentielle pour le pétrole irakien. Comme l'a révélé le nouveau ministre irakien du Pétrole, Bassem Mohammed Khudair, lors de sa prise de fonctions le 10 mai 2026, « L'Irak exportait auparavant 93 millions de barils par mois via le détroit d'Ormuz, mais en avril nous n'en avons exporté que 10 millions, à cause de la guerre ».
Ce qu'il faut retenir
- En avril 2026, l'Irak n'a exporté que 10 millions de barils de pétrole via le détroit d'Ormuz, contre 93 millions avant la guerre.
- Le blocage du détroit par l'Iran, en réponse à l'offensive américano-israélienne contre la République islamique depuis le 28 février 2026, a réduit les exportations irakiennes à un dixième de leur volume habituel.
- Bagdad a tenté de contourner le blocus en utilisant des camions-citernes vers la Syrie et un oléoduc vers la Turquie, mais ces alternatives ne compensent pas les volumes perdus.
Un détroit stratégique au cœur du conflit régional
Le détroit d'Ormuz, par lequel transite normalement un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondial, est devenu le principal enjeu des tensions entre l'Iran et les pays occidentaux. Depuis le début des frappes américano-israéliennes contre l'Iran le 28 février 2026, Téhéran a restreint le passage des navires, paralysant ainsi les exportations irakiennes, dont 90 % des recettes budgétaires de l'État dépendent.
Selon BFM Business, l'Irak exporte habituellement quelque 3,5 millions de barils par jour, un volume désormais inatteignable sans accès au détroit. Face à cette situation, Bagdad a dû trouver des solutions de repli. Un accord a été conclu avec les États-Unis et l'Iran pour atténuer l'impact du blocus, permettant à deux pétroliers d'accoster aux terminaux de la province de Bassora, dans le sud du pays, en avril.
Des alternatives limitées pour contourner le blocus
Pour limiter l'impact économique, l'Irak a massivement recours aux camions-citernes en direction de la Syrie. Toutefois, ces expéditions terrestres ne représentent qu'une fraction des volumes habituels. Un oléoduc reliant le Kurdistan irakien au port turc de Ceyhan, en Méditerranée, offre une capacité supplémentaire de 250 000 barils par jour. Mais ces mesures restent insuffisantes pour compenser la fermeture du détroit.
— Côté irakien, la priorité reste la recherche de compromis avec Téhéran et Washington pour rouvrir partiellement le détroit d'Ormuz. Vendredi 15 mai 2026, la télévision d'État iranienne a d'ailleurs annoncé que les Gardiens de la Révolution permettaient désormais à davantage de navires de transiter par la voie maritime, signe d'une possible détente.
Un impact économique immédiat sur le budget irakien
La chute des exportations de pétrole met en péril les finances publiques irakiennes, dont les recettes dépendent à 90 % de la vente de brut. Avec seulement 10 millions de barils exportés en avril, contre près de 30 millions en temps normal, le gouvernement de Bagdad doit faire face à un déficit budgétaire croissant. Cette situation risque d'aggraver les tensions sociales dans un pays déjà fragilisé par des années de conflits.
Les analystes soulignent que, même en cas de réouverture partielle du détroit, la reprise des exportations prendra plusieurs mois. En attendant, l'Irak tente de sécuriser ses approvisionnements via ses voisins, mais ces solutions de contournement restent coûteuses et peu efficaces à grande échelle.
Pour l'heure, la communauté internationale observe avec attention l'évolution de la situation. La réouverture du détroit d'Ormuz conditionne non seulement la reprise économique de l'Irak, mais aussi la stabilité énergétique mondiale, alors que le Moyen-Orient reste une région sous haute tension.
L'Iran a restreint le passage des navires dans le détroit d'Ormuz en réponse à l'offensive américano-israélienne lancée contre la République islamique le 28 février 2026. Téhéran utilise cette voie maritime, par laquelle transite un cinquième du pétrole mondial, comme levier de pression dans le conflit.