L’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) a publié un rapport mettant en lumière le manque criant de financements affectant les services vétérinaires à l’échelle mondiale. Selon l’organisation intergouvernementale, ce déficit expose dangereusement la planète à des maladies transfrontalières, à une insécurité alimentaire accrue et, potentiellement, à la prochaine pandémie, comme le rapporte Ouest France.
Ce qu'il faut retenir
- L’OMSA souligne un déficit de financement critique des services vétérinaires dans le monde.
- Ce manque expose le globe à des risques sanitaires majeurs : maladies animales transfrontalières et insécurité alimentaire.
- L’organisation met en garde contre un risque accru de prochaine pandémie en raison de cette situation.
- Les services vétérinaires jouent un rôle clé dans la prévention des zoonoses et la sécurité sanitaire des populations.
Un rapport qui sonne l’alarme sur la santé animale mondiale
Dans son dernier rapport, l’OMSA dresse un constat sans appel : les services vétérinaires manquent cruellement de moyens, tant en termes de personnel qualifié que de ressources financières. Ce sous-financement, déjà constaté dans de nombreux pays, menace directement la capacité des États à détecter et contenir rapidement les foyers de maladies animales. Ouest France souligne que cette situation fragilise l’ensemble de la chaîne de sécurité sanitaire, aussi bien pour les animaux que pour les humains.
L’organisation rappelle que les maladies animales transfrontalières ne connaissent pas de frontières. Un foyer non maîtrisé dans un pays peut, en quelques semaines, se propager à l’échelle régionale, voire mondiale. C’est notamment le cas de maladies comme la peste porcine africaine ou la grippe aviaire, dont les épidémies récurrentes ont déjà causé des pertes économiques colossales et perturbé les chaînes d’approvisionnement alimentaire.
Insécurité alimentaire et pandémies : les deux menaces majeures identifiées
Parmi les risques les plus préoccupants évoqués par l’OMSA figure l’insécurité alimentaire. Les systèmes de santé animale sont en effet indispensables pour garantir la santé des troupeaux, essentiels à la production de viande, de lait et d’œufs. Un affaiblissement de ces services pourrait, à terme, réduire les rendements agricoles et faire flamber les prix des denrées alimentaires, aggravant ainsi la précarité des populations les plus vulnérables.
Autre menace tout aussi redoutée : celle d’une nouvelle pandémie. L’OMSA rappelle que 75 % des maladies infectieuses émergentes chez l’homme sont d’origine animale. Or, des services vétérinaires sous-financés limitent la capacité à surveiller les zoonoses et à intervenir en amont. « Le monde joue avec le feu en négligeant la santé animale », a déclaré un porte-parole de l’organisation, qui craint une répétition des scénarios comme celui de la Covid-19.
« Un déficit de financement des services vétérinaires expose dangereusement le monde aux maladies transfrontalières, à l’insécurité alimentaire et à la prochaine pandémie. »
— Organisation mondiale de la santé animale (OMSA), dans son rapport
Des solutions existent, mais leur mise en œuvre reste inégale
Face à cette crise annoncée, l’OMSA appelle les États à renforcer leurs investissements dans les services vétérinaires. Parmi les pistes évoquées figurent l’amélioration de la formation des professionnels, le déploiement d’outils de surveillance épidémiologique modernes et une meilleure coordination internationale. Certains pays, comme ceux de l’Union européenne, ont déjà fait des avancées notables en la matière, mais d’autres, notamment dans les régions en développement, peinent à suivre.
Le rapport souligne également l’importance d’une approche « Une seule santé », qui intègre la santé humaine, animale et environnementale. Cette stratégie, promue par l’OMSA en collaboration avec l’OMS et la FAO, vise à prévenir les crises sanitaires en agissant en amont sur tous les maillons de la chaîne. Pourtant, son application reste inégale, freinée par des contraintes budgétaires et des priorités politiques divergentes.
Pour l’instant, la situation reste critique dans plusieurs régions du monde, où les services vétérinaires sont réduits à leur plus simple expression. Le temps presse : chaque année de retard dans les investissements aggrave un peu plus les risques sanitaires et alimentaires pour des millions de personnes.