La Maison Blanche a annoncé dimanche 18 mai 2026 que la Chine avait accepté de répondre aux préoccupations américaines concernant les restrictions chinoises sur les exportations de terres rares et minéraux critiques. Cette annonce, issue d’un sommet entre les présidents Donald Trump et Xi Jinping à Pékin la semaine dernière, marque une tentative de désamorcer les tensions commerciales entre les deux puissances. Selon BFM Business, le communiqué de la Maison Blanche précise que Pékin s’engage à assouplir les contrôles sur des éléments comme l’yttrium, le scandium et l’indium, essentiels à de nombreuses industries stratégiques.
Les mesures chinoises, mises en place en représailles aux droits de douane américains instaurés en avril 2025 sous le nom de « droits de douane réciproques », continuent de peser lourdement sur les exportations. Lors du sommet de Busan en Corée du Sud en octobre 2025, la Chine s’était pourtant engagée à « supprimer de manière effective » tous les contrôles à l’exportation de minéraux critiques. Six mois plus tard, l’annonce de dimanche semble reconnaître, au moins tacitement, que ces restrictions pourraient persister. Le communiqué ne précise pas non plus si l’accord d’un an sur les terres rares, arrivant à échéance en novembre 2026, sera prolongé.
Ce qu'il faut retenir
- La Chine accepte de répondre aux préoccupations américaines sur les restrictions des exportations de terres rares, comme l’yttrium, le scandium et l’indium, après le sommet sino-américain de Pékin.
- Ces restrictions, instaurées en représailles aux droits de douane américains de 2025, limitent fortement les exportations chinoises de minéraux stratégiques.
- En octobre 2025, lors du sommet de Busan, Pékin s’était pourtant engagé à supprimer tous les contrôles à l’exportation, engagement non tenu à ce jour.
- Le communiqué américain ne mentionne pas la prorogation de l’accord d’un an sur les terres rares, qui expire en novembre 2026.
- L’indium, minéral critique pour les semi-conducteurs, voit ses exportations chinoises chuter de 77 % vers les États-Unis depuis février 2025.
- Les tensions portent également sur les technologies de traitement des terres rares, où la Chine détient un quasi-monopole.
Un accord en demi-teinte sur les terres rares
Le communiqué de la Maison Blanche publié dimanche souligne que la Chine répondra aux préoccupations américaines concernant les pénuries de minéraux critiques. Parmi les éléments cités figurent l’yttrium, le scandium et l’indium, tous indispensables à des secteurs comme l’aéronautique, l’électronique ou les nouvelles technologies. « La Chine va répondre aux préoccupations des États-Unis à propos des pénuries de certaines terres rares dues aux restrictions imposées par Pékin sur les exportations en la matière », peut-on lire dans le document.
Pourtant, ce communiqué contraste avec celui publié séparément par le ministère chinois du Commerce samedi 17 mai. Ce dernier ne mentionne aucunement les terres rares dans le bilan des discussions sino-américaines. Cory Combs, directeur adjoint du cabinet d’études Trivium China, relativise cette divergence : « Cette divergence n’est pas idéale, mais ce n’est grave. Le plus important est que les deux parties aient clairement et de manière crédible manifesté leur intérêt pour la stabilité et qu’elles soient en mesure de faire passer efficacement ce message à leurs propres opinions publiques. »
Des restrictions qui touchent des secteurs stratégiques
Malgré une légère libéralisation pour certains usages comme l’automobile ou l’électronique grand public, les restrictions chinoises continuent de frapper des secteurs sensibles, notamment ceux liés à la défense. Selon Reuters, les pénuries persistantes d’yttrium — utilisé pour des revêtements thermoprotecteurs dans les moteurs d’avion — et de scandium — essentiel à la fabrication de puces — ont fortement perturbé le secteur manufacturier américain. Ces difficultés ont poussé plusieurs entreprises à solliciter une intervention de l’administration américaine auprès de Pékin.
L’indium, mentionné pour la première fois dans un communiqué officiel américain, joue un rôle clé dans la chaîne d’approvisionnement des semi-conducteurs. Son composé, le phosphure d’indium, est crucial pour les puces photoniques de nouvelle génération, tandis que l’oxyde d’indium-étain entre dans la fabrication des écrans LED. Les données douanières révèlent une chute spectaculaire des exportations chinoises d’indium depuis février 2025 : elles ont diminué de deux tiers à l’échelle mondiale et de 77 % vers les États-Unis sur les 14 derniers mois.
Des technologies de traitement sous haute surveillance
Outre les restrictions sur les exportations de terres rares, le communiqué américain évoque également la question des technologies de traitement de ces minerais. La Chine, qui domine largement ce secteur, avait été invitée à assouplir ses contrôles lors du sommet de Busan. Pourtant, aucun engagement précis n’a été formalisé à Pékin, laissant planer un doute sur la capacité de Pékin à répondre aux attentes américaines.
Les analystes soulignent que la Chine conserve un quasi-monopole sur la production et le traitement des terres rares. Cette position dominante lui permet de dicter en grande partie les règles du marché, malgré les pressions exercées par Washington. « Les entreprises américaines dépendent à plus de 80 % des terres rares chinoises pour leurs approvisionnements », rappelle un expert du secteur, sous couvert d’anonymat. « Toute restriction prolongée pourrait avoir des répercussions majeures sur des industries entières. »
Cette détente relative survient dans un contexte où les États-Unis tentent de réduire leur dépendance aux importations chinoises de minerais critiques. Plusieurs projets miniers sont en cours de développement sur le sol américain, notamment en Californie et au Texas, mais leur mise en service prendra plusieurs années. En attendant, les industriels américains devront composer avec un marché des terres rares toujours aussi instable.
Les terres rares visées incluent principalement l’yttrium, le scandium et l’indium, selon le communiqué de la Maison Blanche. Ces éléments sont essentiels à des industries comme l’aéronautique, l’électronique ou les semi-conducteurs.
Ces mesures ont été mises en place en représailles aux droits de douane « réciproques » imposés par les États-Unis en avril 2025, dans le cadre de la politique commerciale dite « Liberation Day ».