Un accident impliquant un train de marchandises et un bus public a fait huit morts et trente blessés ce week-end à Bangkok, selon Le Figaro. L’incident, survenu samedi 16 mai en début d’après-midi, s’est produit à un carrefour très fréquenté du centre-ville, un secteur emprunté quotidiennement par des dizaines de milliers de véhicules.
Ce qu'il faut retenir
- Un train de marchandises est entré en collision avec un bus public à Bangkok, causant huit morts et trente blessés.
- Le conducteur du train, blessé dans l’accident, était sous l’emprise de méthamphétamines et de cannabis.
- Les autorités ont inculpé le machiniste et un cheminot de négligence ayant entraîné des blessures ou la mort.
- Le gouvernement thaïlandais envisage de restreindre la circulation des trains dans le centre de Bangkok.
- Quinze des blessés restent hospitalisés, selon les services de secours.
Un carrefour parmi les plus fréquentés de la capitale
L’accident s’est produit samedi 16 mai vers 14 heures, dans le centre de Bangkok, à un carrefour réputé pour son trafic intense. Ce passage, emprunté par des dizaines de milliers de véhicules chaque jour, n’avait pourtant jamais connu de collision majeure impliquant un train jusqu’à présent. Les images diffusées sur les réseaux sociaux montrent le train de marchandises percuter le bus, bloqué sur les voies en raison de l’embouteillage. Le véhicule s’enflamme immédiatement après l’impact, aggravant la gravité de la situation.
Un conducteur sous influence, deux responsables mis en cause
Les autorités ont révélé que des traces de méthamphétamines et de cannabis ont été retrouvées dans les urines du conducteur du train, un homme blessé lors de la collision. Ce dernier, ainsi qu’un cheminot chargé de réguler la circulation au passage à niveau, ont été inculpés pour négligence ayant entraîné des blessures ou la mort. Tous deux ont contesté ces accusations, selon les informations rapportées par l’AFP.
« On peut voir le cheminot brandir un drapeau rouge, signalant que la voie n’était pas sûre », a déclaré le chef de la police de Bangkok, Siam Boonsom. Pourtant, le train n’a ni ralenti ni stoppé avant la collision. Les enquêteurs examinent désormais la vitesse du convoi et sa distance de freinage pour comprendre les raisons de l’accident.
Un lieu sans précédent, mais des questions sur la gestion des risques
Malgré la densité du trafic à cet endroit, aucune collision de ce type n’avait été enregistrée auparavant. Des journalistes de l’AFP ont constaté la présence d’autres véhicules endommagés, dont un SUV calciné à proximité du lieu du drame. Le ministre des Transports, Phiphat Ratchakitprakarn, a expliqué que les trains de marchandises circulent généralement de nuit à Bangkok. Le convoi impliqué dans l’accident était en retard, ce qui pourrait avoir contribué à la survenue de l’incident.
Anan Phonimdaeng, directeur par intérim des Chemins de fer d’État de Thaïlande, a confirmé la suspension du conducteur dans l’attente des résultats de l’enquête. « Il ne pourra plus exercer ses fonctions tant que les procédures judiciaires ne seront pas terminées », a-t-il précisé lors d’une conférence de presse.
Des mesures envisagées pour éviter de nouveaux drames
Face à cette situation, le gouvernement thaïlandais étudie la possibilité de restreindre la circulation des trains dans le centre de Bangkok, a annoncé Jiraroth Sukolrat, haut responsable du ministère des Transports. Cette mesure s’ajouterait à d’autres initiatives visant à améliorer la sécurité ferroviaire dans la capitale, où les accidents de transport restent fréquents. Selon les autorités, les routes thaïlandaises figurent parmi les plus dangereuses au monde en raison de la vitesse excessive, de la consommation d’alcool au volant et d’une application parfois laxiste des lois.
Pour l’heure, quinze des trente blessés restent hospitalisés. Les services de secours ont confirmé que leur état était stable, mais n’ont pas précisé si des séquelles graves étaient à craindre. Les victimes incluent des passagers du bus, ainsi que des occupants des autres véhicules endommagés lors de la collision.
Les associations de sécurité routière thaïlandaises ont d’ores et déjà appelé à un renforcement des contrôles antidrogue pour les conducteurs de trains et de bus, ainsi qu’à une meilleure formation des cheminots chargés de la régulation du trafic. Des manifestations pourraient avoir lieu dans les prochains jours pour réclamer plus de mesures de prévention.
Les enquêteurs examinent actuellement la vitesse du train et sa distance de freinage. Selon les images disponibles, le cheminot avait pourtant signalé l’interdiction de passage avec un drapeau rouge. Le fait que le conducteur était sous l’emprise de stupéfiants pourrait expliquer son incapacité à réagir à temps.
Les familles des victimes peuvent engager des poursuites civiles contre les Chemins de fer d’État ou le conducteur, en plus des poursuites pénales déjà engagées contre ce dernier et le cheminot. Une indemnisation pourrait être versée si une responsabilité est établie.