Selon Euronews FR, l’Union européenne renforce ses dispositifs de gestion des frontières, avec une diminution des flux migratoires et une augmentation des décisions de retour. Les dernières données d’Eurostat, publiées en mai 2026, confirment une tendance de moyen terme : moins d’exilés entrent dans l’UE, tandis que les expulsions et les refus d’entrée progressent.

Ce qu'il faut retenir

  • Le nombre de nouveaux exilés entrant dans l’UE est passé de 5,4 millions en 2022 à 4,5 millions en 2024, soit une baisse de 24 %.
  • En 2025, seulement 361 000 demandeurs d’asile ont obtenu un statut de protection, le niveau le plus bas depuis 2019.
  • Les décisions de retour ont frôlé les 500 000 en 2025, un record depuis 2019, avec 155 000 expulsions effectives, un chiffre inédit depuis 2020.
  • La France a prononcé 138 000 décisions de retour en 2025, loin devant l’Allemagne (55 000) et l’Espagne (54 000).
  • 133 000 entrées ont été refusées en 2025, dont 30 % pour absence de justification valable du séjour.
  • Les exilés turcs (13 000 retours), géorgiens (10 475) et syriens (8 370) sont les nationalités les plus concernées par les renvois.

Une baisse des arrivées migratoires en Europe

Les chiffres d’Eurostat, relayés par Euronews FR, montrent une baisse régulière du nombre d’exilés entrant dans l’UE depuis 2022. Après un pic à 5,4 millions de nouveaux arrivants cette année-là, les flux se sont contractés pour atteindre 4,5 millions en 2024, soit une diminution de 24 %. En 2025, le nombre de demandeurs d’asile ayant obtenu une protection a également reculé, avec seulement 361 000 bénéficiaires, le niveau le plus bas enregistré depuis 2019.

Cette tendance s’inscrit dans le cadre d’une politique migratoire européenne plus restrictive. Le commissaire européen aux Affaires intérieures et à la Migration, Magnus Brunner, a souligné lors d’une intervention à Europe in Motion que l’UE se trouve « dans la dernière ligne droite de la plus vaste réforme du système européen d’asile et de migration jamais engagée ». Il a précisé : « Avec cette réforme, nous renforçons la protection de nos frontières extérieures en mettant en place le système de gestion des frontières le plus moderne au monde, le système Entrée/Sortie. »

Expulsions et retours : des chiffres en forte hausse

Parallèlement à la baisse des arrivées, les décisions de retour ont atteint un niveau record en 2025, avec près de 500 000 mesures prononcées, un chiffre inédit depuis 2019. Malgré cela, seulement 155 000 expulsions ont été effectivement réalisées, le niveau le plus élevé depuis 2020. Ce décalage s’explique par des difficultés administratives, comme l’impossibilité d’établir la nationalité des exilés ou des retards liés à des raisons médicales ou à la présence de mineurs non accompagnés.

Magnus Brunner a reconnu que des défis persistent, déclarant : « Nous renforçons également la coopération avec les pays tiers pour gérer les flux migratoires et dissuader les franchissements illégaux et le trafic d’exilés. Il reste encore beaucoup de travail. » L’UE mise ainsi sur une approche globale, combinant contrôle aux frontières et partenariats avec les pays d’origine ou de transit.

La France en tête des décisions de retour, la Pologne des refus d’entrée

En matière de renvois, l’Allemagne arrive en tête avec près de 30 000 expulsions en 2025, suivie par la France (15 000) et la Suède (11 000). En revanche, la France se distingue par le nombre de décisions de retour qu’elle prononce : 138 000, contre 55 000 pour l’Allemagne et 54 000 pour l’Espagne. Ces écarts s’expliquent en partie par des pratiques administratives différentes et des taux d’exécution variables.

Côté refoulements aux frontières, la Pologne est le pays ayant enregistré le plus grand nombre de refus en 2025, avec près de 30 000 entrées bloquées. Elle est suivie par la France (12 000). Les raisons de ces refus sont multiples : 30 % des cas concernent l’absence de justification valable du motif et des conditions de séjour, 17 % des personnes avaient déjà séjourné trois mois dans l’UE sur six, 15 % ne disposaient pas de visa valide, et 13 % figuraient sur une alerte signalant leur présence dans le pays.

Une réforme européenne en marche pour encadrer les flux

Il y a deux semaines, la Commission européenne a publié un rapport sur l’avancement du Pacte sur la migration et l’asile, adopté en 2024. Selon ce document, les États membres ont « fait des progrès significatifs » dans sa mise en œuvre. La nouvelle législation vise à instaurer un cadre commun, alliant « des règles d’asile justes et fermes » et un « équilibre entre solidarité et responsabilité ». L’objectif affiché est de mieux répartir les efforts entre les pays tout en garantissant une protection renforcée des frontières extérieures.

Cette réforme s’inscrit dans un contexte où les tensions persistent entre les États membres sur la question migratoire. Certains pays, comme la Pologne ou la Hongrie, défendent une ligne dure, tandis que d’autres, comme l’Allemagne ou la France, adoptent des mesures plus nuancées. Euronews FR souligne que les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’efficacité de ces nouvelles règles.

Et maintenant ?

La Commission européenne devrait publier d’ici la fin de l’année 2026 un bilan intermédiaire de la mise en œuvre du Pacte sur la migration et l’asile. Les États membres devront présenter des rapports détaillés sur leurs avancées, notamment en matière de solidarité et de contrôle des frontières. Une révision des mécanismes de répartition des demandeurs d’asile pourrait être envisagée si les déséquilibres persistent. Par ailleurs, le système Entrée/Sortie, actuellement en phase de déploiement, devrait être pleinement opérationnel d’ici 2027.

Cette évolution reflète une volonté de l’UE de concilier fermeté et humanité, mais les défis restent nombreux. La gestion des flux migratoires, la coopération avec les pays tiers et l’harmonisation des pratiques nationales seront au cœur des débats dans les mois à venir. Une chose est sûre : la question des frontières européennes continuera de façonner l’agenda politique du continent.

Plusieurs facteurs expliquent cet écart. Les autorités peinent parfois à établir la nationalité des exilés, ce qui bloque les procédures de retour. D’autres cas sont suspendus pour des raisons médicales ou en raison de la présence de mineurs non accompagnés. Enfin, certains pays d’origine refusent de réadmettre leurs ressortissants, rendant les expulsions impossibles sans accord bilatéral.