L’US Air Force a franchi une étape majeure en attribuant des contrats de production à deux entreprises pour la fabrication de sa première flotte de drones de combat collaboratifs (CCA) semi-autonomes. General Atomics et Anduril Industries ont ainsi été désignées pour développer respectivement les modèles YFQ-42 et YFQ-44, marquant le passage du stade des prototypes à celui de la production à grande échelle. Cette initiative, lancée il y a plus de deux ans, s’inscrit dans le programme Collaborative Combat Aircraft (CCA), dont le budget global est estimé à près d’un milliard de dollars, selon BFM Business.
Ce qu'il faut retenir
- L’US Air Force a attribué des contrats de production à General Atomics et Anduril Industries pour des drones de combat semi-autonomes, une première depuis les années 1970.
- Les modèles YFQ-42 (General Atomics) et YFQ-44 (Anduril) entreront en production à grande échelle, sans que le volume ou le montant des commandes n’ait été précisé.
- Le programme CCA vise à déployer plus de 150 systèmes CCA opérationnels d’ici 2030, avec un budget total estimé à près d’un milliard de dollars.
- Six autres entreprises sont en concurrence pour concevoir le logiciel d’autonomie des drones, avec une architecture ouverte définie par le gouvernement pour garantir l’interopérabilité.
- Une seconde phase de compétition est prévue, impliquant neuf fournisseurs supplémentaires, sans calendrier précis pour l’instant.
Un programme ambitieux pour moderniser la flotte aérienne
Le programme Collaborative Combat Aircraft (CCA) de l’US Air Force ambitionne de produire des drones de combat trois fois moins coûteux qu’un F-35, tout en maintenant des capacités opérationnelles élevées. Selon le secrétaire à l’Armée de l’air, Troy Meink, ces systèmes semi-autonomes doivent permettre de « déployer des systèmes hautement fiables et opérationnels au combat afin de garder une longueur d’avance sur le rythme des évolutions technologiques ». Les contrats attribués à General Atomics et Anduril marquent ainsi une transition majeure, passant des phases de test à la production industrielle, comme l’a confirmé BFM Business.
Parmi les entreprises en lice, Northrop Grumman a vu sa proposition autofinancée écartée, tandis que six autres sociétés concourent pour développer le logiciel d’autonomie des drones. Ces systèmes devront être capables de gérer des missions de manière autonome et coordonnée, avec une architecture ouverte définie par le Pentagone. L’objectif est de garantir une interopérabilité optimale entre les différentes plateformes, tout en intégrant les meilleures technologies disponibles.
Anduril et General Atomics en première ligne
Mark Shashoua, vice-président d’Anduril en charge des systèmes de propulsion autonome, a souligné que son entreprise avait déjà optimisé ses processus de production en parallèle du développement de l’avion. « Depuis deux ans, nous perfectionnons, testons et optimisons notre système de production, parallèlement au développement de l’avion », a-t-il déclaré. Anduril a ainsi pu identifier et résoudre les problèmes dès la phase de prototypage, facilitant la transition vers la production à grande échelle.
De son côté, General Atomics a déjà mis en œuvre ses processus de production à plein régime sur des prototypes comme le YFQ-42A, également appelé Dark Merlin. Ce drone, conçu pour opérer en coordination avec des avions pilotés, illustre l’évolution des capacités militaires vers des systèmes semi-autonomes. Selon BFM Business, cette attribution marque une première depuis les années 1970 : une nouvelle entreprise remporte un programme d’avion de chasse, rompant avec les habitudes du secteur.
Une approche concurrentielle pour garantir l’innovation
L’US Air Force a attribué des contrats supplémentaires pour le développement de l’autonomie des drones à six entreprises, dont Lockheed Martin, Shield AI, Northrop Grumman et RTX. Ces entreprises devront prouver leurs performances dans une première phase de test de six mois, avec une sélection finale prévue pour l’été 2027. L’armée de l’air privilégie une approche concurrentielle, où les licences logicielles dépendent des résultats obtenus sur le terrain et des retours des forces armées.
Les fournisseurs doivent respecter une architecture ouverte définie par le gouvernement, déjà testée sur les prototypes YFQ-42 et YFQ-44. Cette stratégie vise à garantir une intégration fluide des technologies les plus avancées, tout en maintenant une interopérabilité entre les différents systèmes. Une seconde phase du programme CCA est en préparation, bien qu’aucun calendrier précis n’ait été communiqué pour l’instant.
Par ailleurs, une seconde phase du programme, impliquant neuf fournisseurs supplémentaires, est en préparation. Bien que le calendrier reste flou, cette étape pourrait accélérer l’intégration de nouvelles technologies et renforcer la capacité opérationnelle de l’US Air Force d’ici la fin de la décennie. Les attentes sont élevées : déployer plus de 150 systèmes CCA opérationnels d’ici 2030, tout en maintenant un coût trois fois inférieur à celui d’un F-35.
Un changement de paradigme pour l’industrie aéronautique
Cette attribution des contrats à General Atomics et Anduril marque un tournant dans l’histoire de l’aviation militaire américaine. Pour la première fois depuis les années 1970, une nouvelle entreprise remporte un programme d’avion de chasse, illustrant l’évolution du secteur vers une plus grande diversité des acteurs. Selon Troy Meink, cette stratégie vise à « réaffirmer la confiance dans la stratégie à suivre pour ce programme », tout en garantissant une avance technologique face aux évolutions rapides du domaine militaire.
Les drones de combat semi-autonomes représentent ainsi une réponse aux besoins croissants en flexibilité et en coût réduit, tout en maintenant des performances opérationnelles élevées. Leur déploiement pourrait redéfinir les stratégies de combat aérien, en intégrant des systèmes capables de collaborer avec les pilotes humains ou d’opérer de manière indépendante selon les missions.
L’US Air Force a attribué des contrats à General Atomics pour le YFQ-42 et à Anduril Industries pour le YFQ-44, deux drones de combat semi-autonomes conçus pour opérer en coordination avec les avions pilotés.
Le programme CCA vise à déployer plus de 150 systèmes de drones de combat semi-autonomes d’ici 2030, avec un budget global estimé à près d’un milliard de dollars. Ces drones devront être trois fois moins coûteux qu’un F-35, tout en maintenant des capacités opérationnelles élevées.