En octobre 2025, une vague de contestation sans précédent a ébranlé Madagascar, portée par une génération déterminée à exiger justice et changement. Selon Le Monde, ce sont les jeunes de la « Gen Z » malgache qui ont été les principaux acteurs de cette révolte, exprimant une colère mesurée mais profonde face aux injustices sociales et aux promesses politiques non tenues. Six mois après ces événements, le photographe Bertrand Vandeloise a sillonné l’île pour immortaliser ces visages, leurs espoirs et leurs désillusions, dans un reportage publié par le quotidien français.

Ce qu'il faut retenir

  • La révolte d’octobre 2025 à Madagascar a été menée principalement par la jeunesse malgache, selon Le Monde.
  • Les manifestants ont dénoncé les promesses non tenues du gouvernement d’Andry Rajoelina et les inégalités persistantes.
  • Six mois après les événements, la situation politique reste fragile, malgré la chute du président.
  • Le photographe Bertrand Vandeloise a documenté cette jeunesse à travers un reportage exclusif pour Le Monde.
  • La colère exprimée reflétait une lucidité rare, mêlant revendications économiques et rejet de la corruption.

Une révolte portée par la génération Z

Les images de la révolte d’octobre 2025 ont fait le tour du monde, montrant des jeunes Malgaches unis dans leur rejet d’un système perçu comme sclérosé. Selon Le Monde, cette jeunesse, souvent qualifiée de « Gen Z », a su canaliser sa colère en un mouvement organisé, utilisant les réseaux sociaux pour mobiliser et coordonner ses actions. Leurs revendications portaient sur des thèmes universels : accès à l’éducation, emploi, justice sociale, et fin de l’impunité des dirigeants. « On ne veut plus être des spectateurs de notre propre pays », a déclaré un étudiant de 22 ans rencontré par Bertrand Vandeloise.

Les protestations, initialement pacifiques, ont rapidement pris de l’ampleur, attirant des milliers de personnes dans les rues d’Antananarivo et d’autres grandes villes. Les forces de l’ordre ont répondu par une répression qui a fait plusieurs victimes, alimentant encore davantage la colère de la population. « La violence de l’État n’a fait que renforcer notre détermination », a souligné une manifestante de 19 ans, citée par Le Monde.

Andry Rajoelina, un président contesté jusqu’à sa chute

Arrivé au pouvoir en 2019 après une crise politique, Andry Rajoelina avait promis une nouvelle ère pour Madagascar. Pourtant, selon Le Monde, son mandat a été marqué par une accumulation de frustrations : gestion opaque des ressources, détérioration des services publics, et accusations de corruption. La révolte d’octobre 2025 a été l’étincelle qui a mis le feu aux poudres. Après des semaines de manifestations, le président a fini par quitter le pouvoir, sous la pression conjuguée de la rue et de l’armée.

Bref, son départ a ouvert une période d’incertitude politique. Les jeunes qui avaient mené la révolte espéraient des réformes rapides, mais la transition s’annonce complexe. « On a gagné la bataille, mais la guerre pour un pays plus juste ne fait que commencer », a confié un militant à Bertrand Vandeloise.

Bertrand Vandeloise, témoin d’une jeunesse en mouvement

Pour Le Monde, le photographe Bertrand Vandeloise a capturé l’essence de cette jeunesse malgache à travers une série de portraits et de reportages. Son travail met en lumière des visages souvent ignorés par les médias traditionnels : des étudiants, des chômeurs, des artistes, tous unis par un même combat. « Ce que j’ai vu, c’est une génération lucide, qui connaît ses droits et refuse les compromis », a-t-il expliqué au quotidien.

Ses images, publiées dans Le Monde, ont permis de donner une voix à ces jeunes, dont les revendications dépassent largement le cadre d’un simple mécontentement passager. Vandeloise a également souligné l’importance des réseaux sociaux dans l’organisation des protestations, « un outil que le gouvernement n’a pas su maîtriser ».

Et maintenant ?

Six mois après la chute de Rajoelina, Madagascar reste dans une phase de transition politique. Les jeunes manifestants, qui ont tant pesé dans le renversement du président, attendent désormais des actes concrets. Une conférence nationale est prévue pour l’automne 2026, destinée à tracer les contours d’une nouvelle gouvernance. Reste à voir si les promesses de réformes seront tenues, ou si la jeunesse malgache devra à nouveau descendre dans la rue pour faire entendre sa voix.

La situation économique, déjà fragile avant la crise, continue de peser sur le moral des Malgaches. Les observateurs internationaux suivent de près l’évolution politique, craignant une déstabilisation durable de la Grande Île. Pour l’instant, la jeunesse malgache, bien que meurtrie par les violences passées, reste mobilisée. « On ne lâchera rien », assure un porte-parole du mouvement, cité par Le Monde.

Selon Le Monde, les jeunes Malgaches réclamaient avant tout la fin de la corruption, l’accès à un emploi décent, une éducation de qualité, et la fin de l’impunité des dirigeants. Leurs slogans dénonçaient également les inégalités sociales et le manque de perspectives pour les futures générations.