Un nouveau drame endeuille la localité de Tonka, située dans la région de Tombouctou, au centre du Mali. Jeudi 21 mai 2026, Abdoul Salam Maïga, maître coranique d’une médersa, a été abattu publiquement par des membres du JNIM (Jama’at Nusrat al-Islam wal Muslimin), groupe armé jihadiste affilié à Al-Qaïda. Selon RFI, l’exécution a eu lieu en plein jour, sous les yeux de la population locale.
Ce qu'il faut retenir
- Maître coranique Abdoul Salam Maïga assassiné par balles le 21 mai 2026 à Tonka, région de Tombouctou
- Exécution perpétrée par des jihadistes du JNIM en pleine rue, selon RFI
- Cette localité avait déjà été endeuillée en novembre 2025 par l’exécution publique de Mariam Cissé, une jeune influenceuse
- Tonka, située au centre du Mali, reste une zone sous tension entre groupes armés et forces de sécurité
L’assassinat de Maître Maïga s’inscrit dans une série d’exactions visant les représentants religieux et les civils accusés de collaboration avec les autorités maliennes. D’après RFI, le JNIM multiplie depuis plusieurs mois les attaques ciblées dans cette zone, cherchant à imposer son interprétation rigoriste de l’islam et à discréditer les institutions étatiques.
Ce crime rappelle celui perpétré en novembre dernier à Tonka, lorsque Mariam Cissé, une jeune femme de 22 ans connue pour ses vidéos pro-armée malienne sur les réseaux sociaux, avait été exécutée en pleine place publique. À l’époque, l’ONG Human Rights Watch avait dénoncé un « climat de terreur » imposé par les groupes armés dans la région.
Les autorités maliennes n’ont pas encore réagi publiquement à cet événement. Contacté par RFI, un responsable local sous couvert d’anonymat a indiqué que « la sécurité des populations est plus que jamais menacée ». « Les habitants de Tonka vivent dans la peur constante d’être pris pour cible », a-t-il ajouté.
Un contexte sécuritaire toujours dégradé dans le centre du Mali
La région de Tombouctou, bien que moins médiatisée que le nord du pays, reste un théâtre d’affrontements entre groupes jihadistes et forces maliennes, soutenues par des contingents étrangers. Le JNIM y mène des opérations régulières, visant aussi bien les militaires que les civils perçus comme des opposants à son projet politique.
En 2025, l’ONU avait alerté sur la recrudescence des violences dans cette zone, avec plus de 300 morts enregistrés en six mois. Les écoles coraniques, comme celle dirigée par Maître Maïga, sont souvent des cibles privilégiées des jihadistes, qui les accusent de diffuser un islam « impur ».
— C’est une nouvelle preuve de la stratégie du JNIM qui consiste à semer la terreur parmi les populations pour mieux contrôler les territoires », a analysé un chercheur en sécurité à Bamako, joint par RFI. « Chaque exécution publique est un message envoyé aux civils : soit ils se soumettent, soit ils meurent. »
Des réactions internationales timides
La communauté internationale, engagée aux côtés du Mali dans la lutte antiterroriste, n’a pour l’instant formulé que des condamnations générales. L’Union africaine et la CEDEAO ont appelé à la « protection des civils », sans annoncer de mesures concrètes. De son côté, la France, dont les troupes ont quitté le pays en 2023, a indiqué suivre « avec une grande attention » la situation.
— Nous condamnons fermement ces violences et appelons toutes les parties à respecter le droit international humanitaire », a déclaré un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, cité par RFI.
Pour les habitants de Tonka, la question est désormais de savoir s’ils pourront un jour vivre sans la peur permanente d’être pris pour cible. Autant dire que l’avenir s’annonce plus que jamais incertain dans cette partie du pays.