La Primature malgache a adopté cette semaine un plan stratégique de lutte contre la corruption, comme le rapporte RFI. Ce dispositif prévoit notamment la confiscation des avoirs illicites, la réalisation d’enquêtes patrimoniales systématiques et l’interconnexion des données entre les différentes institutions publiques. Cette annonce intervient à quelques jours de la concertation nationale prévue le 3 juin, un événement présenté comme un pilier de la politique de « Refondation » portée par les autorités actuelles.
Ce qu'il faut retenir
- Le plan anti-corruption inclut la confiscation des avoirs illicites, des enquêtes patrimoniales systématiques et l’interconnexion des données entre institutions.
- La concertation nationale sur la Refondation est programmée pour le 3 juin 2026.
- La société civile a participé à l’élaboration de ce plan, tout en posant des conditions à son déploiement.
Le gouvernement malgache justifie cette initiative par la nécessité de restaurer la confiance dans les institutions et de lutter contre les détournements de fonds publics. « La corruption sape les fondements mêmes de notre développement », a rappelé un haut responsable de la Primature, sans pour autant citer de chiffres précis sur l’ampleur du phénomène. Le texte adopté s’inscrit dans une logique de transparence accrue, avec l’objectif affiché de rendre publics les résultats des enquêtes et les décisions de confiscation.
Côté société civile, les réactions sont nuancées. Plusieurs organisations, ayant contribué à l’élaboration du plan, reconnaissent ses avancées structurelles. « Il s’agit d’un pas important, mais il reste à voir comment ces mesures seront appliquées sur le terrain », a souligné Rado Rakotonarivo, porte-parole d’une ONG locale spécialisée dans la gouvernance. Les associations insistent notamment sur la nécessité de protéger les lanceurs d’alerte et de garantir l’indépendance des organes chargés des enquêtes.
Le calendrier de mise en œuvre du plan reste encore partiellement flou. Selon des sources proches du dossier, les premières confiscations pourraient intervenir d’ici la fin du mois de juin, après la concertation nationale. Les autorités promettent également la création d’une plateforme numérique dédiée, permettant au public de suivre l’avancement des procédures. Pour l’instant, aucun budget n’a été officiellement annoncé pour financer ces dispositifs, un point qui suscite des interrogations parmi les observateurs.
En toile de fond, ce dispositif s’inscrit dans une dynamique plus large de réforme de l’État, lancée après la crise politique de 2023. Les autorités espèrent que ces mesures permettront de relancer l’aide internationale, suspendue en partie en raison des soupçons de corruption récurrents. Pour l’heure, la communauté des donateurs, comme la Banque mondiale ou l’Union européenne, a salué l’initiative, tout en rappelant que les actes compteront plus que les annonces.
Les prochaines étapes incluent la tenue de la concertation nationale le 3 juin, suivie de la publication des premiers résultats des enquêtes patrimoniales. Les autorités ont également annoncé la création d’une plateforme numérique pour suivre les confiscations, dont le lancement est prévu avant la fin du mois de juin.