Lors d’un rassemblement anti-immigration organisé ce samedi à Londres, trois militantes du collectif identitaire français Nemesis ont marqué les esprits en montant sur scène vêtues de niqab avant de retirer leur tenue sous les applaudissements. Selon Le Figaro, cette mise en scène provocatrice visait à dénoncer ce qu’elles qualifient d’oppression islamique envers les femmes.

Ce qu'il faut retenir

  • Trois militantes françaises du collectif Nemesis ont simulé une arrivée voilée sur scène lors d’une manifestation anti-immigration à Londres, avant de retirer leur niqab sous les acclamations.
  • Leur action avait pour but de dénoncer l’oppression subie, selon elles, par les femmes sous l’islam, et de soutenir les manifestants britanniques.
  • L’événement, organisé par l’activiste d’extrême droite Tommy Robinson, a rassemblé des dizaines de milliers de personnes selon les images aériennes, bien que la police n’ait pas communiqué de chiffre officiel.
  • La présidente du collectif, Alice Cordier, a déclaré subir des persécutions comparables à celles de « grands terroristes », évoquant des comptes fermés, une censure en ligne et des violences de la part d’antifascistes.
  • Tommy Robinson, organisateur du rassemblement baptisé « Unite the Kingdom », a évoqué un programme radical s’il devenait Premier ministre, incluant l’expulsion des migrants et la fin de l’islam au Royaume-Uni.

Une scène provocatrice au cœur d’un rassemblement controversé

Le rassemblement « Unite the Kingdom », organisé par Tommy Robinson, figure controversée de l’extrême droite britannique, a réuni ce samedi des milliers de manifestants sur l’esplanade jouxtant le Parlement à Londres. Selon Le Figaro, des images aériennes diffusées par les médias britanniques montraient des dizaines de milliers de personnes présentes, bien que la police n’ait pas communiqué de chiffre officiel. L’événement s’inscrivait dans un contexte politique tendu, une semaine après les succès électoraux locaux de Nigel Farage et de son parti, Reform UK, connu pour ses positions anti-immigration.

C’est dans ce cadre que trois militantes françaises du collectif Nemesis, un mouvement identitaire connu pour ses actions spectaculaires, ont choisi de monter sur scène vêtues de niqab. Leur apparition a d’abord suscité des cris de désapprobation dans la foule, avant de déclencher des rires et des cris d’approbation lorsqu’elles ont retiré leur tenue. Alice Cordier, présidente du collectif, a ensuite pris la parole pour expliquer leur démarche : « Nous sommes venues de France pour vous soutenir ! » a-t-elle lancé, avant d’ajouter : « Nous demandons à ne plus être agressées dans la rue. Nous subissons des persécutions semblables à celles de grands terroristes : comptes fermés, réseaux censurés, violence des antifascistes... »

Des déclarations qui alimentent la polémique

Avant leur intervention sur scène, Alice Cordier avait publié sur X (ex-Twitter) une vidéo où l’on voit les trois femmes voilées en compagnie de Tommy Robinson, qui leur lance, ironique : « You’re sexy ». Interrogé par les médias en marge de l’événement, Robinson a évoqué son projet politique pour le Royaume-Uni s’il devenait Premier ministre. Il a ainsi déclaré : « Je mettrais fin à l’islam, je mettrais fin aux financements étrangers dans ce pays, tous les migrants seraient sortis de leurs hôtels et renvoyés chez eux par des militaires. » Ces propos, tout comme l’action des militantes françaises, ont rapidement suscité des réactions contrastées sur les réseaux sociaux.

Alice Cordier a affirmé, toujours sur X, avoir pris la parole « devant plus de 2 millions de personnes ». Cependant, aucun chiffre officiel n’a été communiqué par la police ou les organisateurs pour confirmer cette estimation. Les images aériennes, bien que montrant une foule dense, ne permettent pas de valider ce chiffre. Pour rappel, Nemesis est un collectif français qui s’est fait connaître par des actions coup de poing, souvent critiquées pour leur caractère provocateur. Leurs militants dénoncent régulièrement ce qu’ils présentent comme une islamisation de l’Europe, tout en s’opposant aux politiques migratoires.

Un contexte politique britannique marqué par la montée des idées anti-immigration

L’organisation de ce rassemblement intervient à un moment où les questions migratoires occupent une place centrale dans le débat politique britannique. La semaine précédente, Reform UK, parti dirigé par Nigel Farage, avait réalisé une percée historique lors des élections locales, remportant plusieurs sièges et confirmant sa montée en puissance. Ce succès a renforcé la visibilité de figures comme Tommy Robinson, dont les positions radicales trouvent un écho croissant auprès d’une partie de l’électorat conservateur.

Tommy Robinson, ancien hooligan reconverti en militant d’extrême droite, est une figure médiatique de l’anti-islam en Europe. Très actif sur les réseaux sociaux, notamment sur X, il avait déjà organisé des manifestations similaires par le passé, souvent marquées par des tensions avec les forces de l’ordre ou les contre-manifestants. Son appel à « mettre fin à l’islam » au Royaume-Uni s’inscrit dans une ligne politique radicale, loin des positions traditionnelles des partis britanniques, même les plus à droite.

Et maintenant ?

Les réactions politiques et médiatiques à cette manifestation devraient se multiplier dans les prochains jours, alors que les organisateurs comme Tommy Robinson cherchent à capitaliser sur la dynamique électorale récente de Reform UK. Quant au collectif Nemesis, il pourrait voir son action utilisée par ses détracteurs pour dénoncer le caractère provocateur de ses méthodes, tout en renforçant sa visibilité auprès des cercles militants identitaires européens. Reste à voir si cette intervention aura un impact durable sur le débat public britannique, déjà très polarisé sur la question migratoire.

Pour l’heure, aucune réaction officielle des autorités britanniques n’a été enregistrée concernant les propos tenus par Tommy Robinson, ni concernant les conditions d’organisation de ce rassemblement. La police londonienne n’a pas communiqué de bilan des éventuelles interpellations ou incidents survenus lors de l’événement.

Une mise en scène qui divise

Si l’action des militantes de Nemesis a été saluée par certains manifestants, elle a également été critiquée par des associations féministes et antiracistes, qui y voient une instrumentalisation de la cause des femmes voilées. Le collectif, de son côté, défend une approche radicale pour dénoncer ce qu’il présente comme une oppression systémique. Cette divergence de vues illustre les tensions persistantes autour des questions identitaires en Europe, où les débats sur l’immigration et l’islam restent particulièrement sensibles.

Ce rassemblement à Londres rappelle également les divisions qui traversent le continent, où les mouvements identitaires gagnent en influence. Alors que certains y voient une réponse légitime aux défis posés par la mondialisation et les flux migratoires, d’autres dénoncent une dérive dangereuse, susceptible d’alimenter les tensions sociales et les divisions politiques.

Tommy Robinson, de son vrai nom Stephen Yaxley-Lennon, est un militant d’extrême droite britannique connu pour ses positions radicales contre l’islam et l’immigration. Ancien hooligan, il s’est fait connaître par son engagement au sein du mouvement English Defence League avant de fonder Pegida UK. Ses prises de position, souvent relayées sur les réseaux sociaux, lui valent d’être considéré comme une figure clivante, voire dangereuse, par une partie de la classe politique et médiatique britannique. Son rôle d’organisateur de ce rassemblement confirme son influence persistante dans les milieux militants anti-immigration.

Le collectif Nemesis se présente comme un mouvement identitaire français visant à dénoncer ce qu’il qualifie d’islamisation de l’Europe. Ses militantes, comme Alice Cordier, affirment subir des persécutions en ligne et dans l’espace public, comparant leur situation à celle de « grands terroristes ». Leur action à Londres, en retirant leur niqab sur scène, visait à symboliser la libération des femmes sous l’oppression islamique, tout en soutenant les manifestants britanniques opposés à l’immigration.