Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient s’intensifient, alors que Téhéran pourrait cibler des infrastructures sensibles dans les pays du Golfe, selon BMF - International. Cette inquiétude survient dans un contexte de dialogue bloqué entre l’Iran et les États-Unis, et d’une reprise des frappes israéliennes dans la région. Parmi les sites les plus exposés figurent les centrales énergétiques et les infrastructures logistiques, dont certaines ont déjà été la cible de drones ces dernières semaines.

Ce qu'il faut retenir

  • Les pays du Golfe, notamment les Émirats arabes unis, redoutent des frappes iraniennes sur des sites sensibles comme la centrale nucléaire de Barakah, déjà touchée par un incendie en avril 2026.
  • Les négociations entre l’Iran et les États-Unis sont « dans l’impasse », selon plusieurs sources diplomatiques citées par BMF - International.
  • Israël se déclare prêt à une reprise des frappes militaires, tandis que Benjamin Netanyahu doit s’entretenir avec Donald Trump ce dimanche 18 mai 2026 pour évoquer la stratégie régionale.
  • Téhéran refuse toute discussion sur son programme nucléaire, condition sine qua non pour Washington selon les déclarations de Netanyahu.

Des infrastructures critiques déjà ciblées

Les Émirats arabes unis ont subi une attaque de drone près de la centrale nucléaire de Barakah, provoquant un incendie rapidement maîtrisé, comme l’a confirmé le ministère de l’Énergie émirati. Cette centrale, la première du genre dans le Golfe, est considérée comme un symbole de la souveraineté énergétique du pays. « Pour l’Iran, le temps est compté », avait d’ailleurs déclaré Donald Trump lors d’un discours récent, selon BMF - International, évoquant une possible escalade militaire si Téhéran ne revient pas à la table des négociations.

Les craintes ne se limitent pas aux infrastructures énergétiques. Les ports commerciaux et les bases militaires des pays du Golfe, comme l’Arabie saoudite ou le Qatar, sont également perçus comme des cibles potentielles. Les services de renseignement occidentaux ont alerté sur une augmentation des mouvements de troupes et de missiles iraniens près des frontières maritimes stratégiques, notamment dans le détroit d’Ormuz, où transite près du tiers du trafic pétrolier mondial.

Un dialogue diplomatique au point mort

Les discussions entre l’Iran et les États-Unis, médiatisées par des pays européens, restent dans l’impasse en raison d’un désaccord persistant sur le programme nucléaire iranien. « Ils ne parlent pas de ce qui bloque : le nucléaire », a souligné Alain Bauer, professeur au Conservatoire national des arts et métiers, lors d’un entretien accordé à BMF - International. Téhéran exige la levée immédiate des sanctions économiques, tandis que Washington insiste pour un gel des activités d’enrichissement d’uranium, jugées incompatibles avec l’accord de Vienne de 2015.

Dans ce contexte, Benjamin Netanyahu a annoncé qu’il s’entretiendrait avec Donald Trump ce dimanche 18 mai 2026 pour « coordonner une réponse commune » à la menace iranienne. « Je m’entretiendrai avec notre ami le président Trump », a-t-il précisé, sans détailler les mesures envisagées. Israël, qui accuse l’Iran de soutenir des groupes armés comme le Hezbollah au Liban, a déjà mené plusieurs frappes en Syrie et en Irak ces derniers mois, ciblant des positions attribuées à la Garde révolutionnaire iranienne.

L’escalade militaire, une option envisagée par tous

La reprise des frappes israéliennes en territoire libanais, où des secouristes ont été pris pour cible selon les autorités locales, illustre l’escalade en cours. Les États-Unis, sous l’administration Trump, ont réaffirmé leur soutien indéfectible à Israël, tout en maintenant une pression économique maximale sur l’Iran. « Une partie de l’Amérique trouve en Donald Trump un héros, malgré les critiques sur ses méthodes », a analysé Alain Bauer, soulignant le clivage croissant au sein de la société américaine sur la question.

Côté iranien, les déclarations officielles restent fermes. Le guide suprême, Ali Khamenei, a réaffirmé que le pays ne négocierait pas sous la contrainte, tandis que le président Ebrahim Raïssi a menacé de riposter « de manière disproportionnée » en cas d’attaque. Les experts estiment que l’Iran pourrait cibler des infrastructures civiles pour dissuader toute offensive directe, une stratégie déjà utilisée lors des tensions de 2019 et 2020.

Et maintenant ?

La rencontre prévue entre Netanyahu et Trump dimanche 18 mai 2026 pourrait déboucher sur une coordination militaire accrue, notamment si les attaques contre les sites sensibles des pays du Golfe se multiplient. Une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, demandée par plusieurs États européens, est également attendue cette semaine pour tenter de désamorcer la crise. Reste à voir si l’Iran acceptera de revenir à la table des négociations ou si l’escalade militaire deviendra inévitable.

En attendant, les pays du Golfe renforcent leurs systèmes de défense aérienne et multiplient les exercices militaires conjoints avec les États-Unis et leurs alliés. La situation reste extrêmement volatile, et chaque incident, même mineur, pourrait servir de détonateur à un conflit plus large.

La centrale nucléaire de Barakah, située aux Émirats arabes unis, est la première du genre dans le Golfe. Sa destruction, même partielle, aurait des conséquences humanitaires, environnementales et géopolitiques majeures. Elle symbolise aussi l’indépendance énergétique des pays du Golfe, ce qui en fait une cible de choix pour l’Iran, qui cherche à affaiblir ses rivaux régionaux.