Selon BFM - Faits Divers, quarante-six personnes ont été placées en garde à vue samedi 9 mai 2026 à Paris, en marge d’une manifestation interdite organisée par un groupe d’ultradroite, le « Comité du 9-Mai », ainsi que de sa contre-manifestation antifasciste, également prohibée par les autorités. Ces interpellations s’inscrivent dans un dispositif policier visant à prévenir tout débordement lors de ces rassemblements initialement annulés pour risque de trouble à l’ordre public.
Ce qu'il faut retenir
- 46 gardes à vue et 97 interpellations enregistrées à Paris, principalement dans les secteurs de République, Pyramides, Saint-Michel et Montparnasse.
- Les militants étaient visés pour participation à un groupement en vue de commettre des violences, violences volontaires en réunion et port d’armes prohibées.
- 182 verbalisations pour non-respect d’un arrêté d’interdiction, selon la préfecture de police.
- Le « Comité du 9-Mai », classé à l’ultradroite, commémore chaque année la mort de Sébastien Deyzieu, militant décédé accidentellement en 1994.
- Les autorités ont justifié l’interdiction par des craintes de violences, évoquant notamment des saluts nazis observés lors des éditions précédentes.
Un dispositif policier renforcé pour éviter les affrontements
Dès la matinée du 9 mai 2026, les forces de l’ordre avaient commencé à disperser les groupes se formant dans différents quartiers parisiens. Selon les premiers éléments communiqués par la préfecture de police, neuf gardes à vue avaient déjà été prononcées vers midi, toutes concernant des militants d’ultradroite. Ces interpellations visaient des individus équipés de matériel prohibé, comme des gants coqués ou des matraques télescopiques, des éléments souvent associés aux violences en manifestation.
Au total, 97 interpellations ont été recensées dans l’après-midi, dont 46 gardes à vue confirmées en fin de journée. Les forces de l’ordre ont également verbalisé 182 personnes pour non-respect des arrêtés préfectoraux interdisant les deux rassemblements. La préfecture a souligné dans un communiqué que ces mesures avaient pour but de « prévenir tout trouble à l’ordre public » et d’éviter les « confrontations entre militants antagonistes ».
Une interdiction confirmée par la justice administrative
Le rassemblement du « Comité du 9-Mai », prévu pour commémorer la mort de Sébastien Deyzieu — militant d’extrême droite radicale décédé accidentellement en 1994 après une fuite devant la police —, avait été interdit par la préfecture de police de Paris. Cette décision avait ensuite été validée par le tribunal administratif, puis par le Conseil d’État, au motif d’un « risque avéré de trouble à l’ordre public ».
Dans ses recours, la préfecture avait notamment cité l’hypothèse d’un « mimétisme dangereux » avec d’autres mouvements radicaux, évoquant la mort de Quentin Deranque à Lyon en février 2026 et la présence de saluts nazis lors de précédentes éditions du défilé parisien. « Si les manifestants doivent pouvoir se rassembler en toute sécurité, les arrêtés d’interdiction doivent être respectés et les confrontations entre militants d’ultradroite et d’ultragauche ne sauraient être tolérées », a expliqué la préfecture à l’Agence France-Presse.
Le Comité du 9-Mai conteste la légitimité de l’interdiction
Face à cette décision, le « Comité du 9-Mai » avait tenté de mobiliser ses soutiens, mais aucun rassemblement n’a finalement eu lieu place des Pyramides, où le groupe avait initialement prévu de se réunir. Un autre rassemblement, organisé par des partisans de Florian Philippot, s’y tenait déjà, empêchant toute concentration des militants d’extrême droite. « Si jamais il y a des débordements, la seule faute, elle incombe à la préfecture », a dénoncé Raphaël Ayma, porte-parole du mouvement et chef de file d’un groupe néofasciste du sud de la France, lors d’une conférence de presse improvisée devant le ministère de la Justice.
« Ça m’inquiète pour la liberté de manifester dans ce pays », a-t-il ajouté, estimant que l’État cherchait à « étouffer toute voix dissidente ». Ce militant, déjà connu pour ses positions radicales, a réaffirmé la volonté de son organisation de défier les interdictions, tout en reconnaissant que l’édition 2026 n’avait pas pu aboutir comme prévu.
Un mouvement aux racines historiques et controversées
Le « Comité du 9-Mai » organise chaque année un défilé en mémoire de Sébastien Deyzieu, figure controversée de l’extrême droite française. Le jeune homme, alors âgé de 20 ans, avait trouvé la mort en tombant d’un toit lors de sa fuite devant les forces de l’ordre en 1994. L’événement était devenu un symbole pour les milieux radicaux, attirant des militants aux convictions néonazies ou néofascistes.
L’année précédente, en 2025, malgré une interdiction initiale, un millier de militants avaient finalement défilé dans la capitale, masqués et arborant des symboles associés à l’idéologie extrémiste. Cette édition avait marqué les esprits par la présence ostentatoire de signes prohibés, rappelant la capacité de ces groupes à contourner les restrictions.
Ces événements rappellent la tension récurrente entre liberté de manifester et impératifs de sécurité publique, dans un contexte où les groupes radicaux des deux bords cherchent à s’affirmer malgré les restrictions. Les prochains mois pourraient voir se multiplier les recours juridiques et les mobilisations symboliques, alors que la France reste attentive à l’évolution de ces mouvements aux frontières de la légalité.
Le « Comité du 9-Mai » est un groupe classé à l’ultradroite qui organise chaque année une manifestation à Paris pour commémorer la mort de Sébastien Deyzieu, militant d’extrême droite décédé accidentellement en 1994. Ce mouvement est régulièrement associé à des symboles néonazis ou néofascistes et a été l’objet de plusieurs interdictions de manifestation pour risque de trouble à l’ordre public.
La préfecture de police de Paris a interdit le rassemblement en invoquant un « risque avéré de trouble à l’ordre public », notamment en raison de la présence historique de saluts nazis lors des éditions précédentes et de la crainte de violences entre militants d’ultradroite et d’ultragauche. Cette décision a été confirmée par le tribunal administratif puis par le Conseil d’État.