La Cour de cassation a rendu ce mercredi 13 mai 2026 une décision de rejet concernant la demande de mise en examen de Martine Compain, ex-épouse de Dany Leprince, dans le cadre de l’affaire du quadruple meurtre de Thorigné-sur-Dué (Sarthe) en 1994. Selon BFM - Faits Divers, la plus haute juridiction française a estimé que le pourvoi formé par la nièce de la victime et le frère de Dany Leprince ne remplissait pas les conditions légales pour être examiné.

Ce qu'il faut retenir

  • Martine Compain reste sous le statut de témoin assisté, sans mise en examen, après la décision de la Cour de cassation du 13 mai 2026.
  • Dany Leprince, condamné en 1997 à la perpétuité pour ce quadruple meurtre, attend une décision de la Cour de cassation le 2 juillet 2026 sur sa demande de révision de procès.
  • Les avocats de Martine Compain saluent une décision rappelant « qu’on ne met pas en cause une personne sans indices graves et concordants ».
  • En septembre 1994, les corps de Christian Leprince, son épouse Brigitte et leurs deux filles, Sandra (10 ans) et Audrey (6 ans), avaient été retrouvés massacrés dans leur domicile de Thorigné-sur-Dué.
  • Dany Leprince, frère de Christian, avait reconnu les faits après 46 heures de garde à vue avant de se rétracter.

Une décision attendue dans l’affaire Leprince

Ce mercredi 13 mai 2026, la Cour de cassation a clos définitivement la voie de la mise en examen de Martine Compain dans le dossier du quadruple meurtre de Thorigné-sur-Dué, commis en septembre 1994. La juridiction a jugé irrecevable le pourvoi déposé par Solène Leprince, nièce des victimes, et Alain Leprince, frère de Dany, qui réclamaient une nouvelle mise en cause de l’ex-épouse de ce dernier. Selon les termes de la Cour, le recours ne répondait pas aux exigences légales en matière de recevabilité.

Cette décision intervient alors que Dany Leprince, aujourd’hui libéré après avoir purgé sa peine, maintient sa thèse de l’innocence. Condamné en 1997 à la perpétuité — une peine assortie de 22 ans de sûreté —, il a obtenu sa remise en liberté en 2023 après plusieurs recours. Il sollicite désormais un procès en révision, s’appuyant sur la possibilité de « faux aveux » et sur des éléments nouveaux pointant selon lui vers le rôle de son ex-épouse.

Les avocats de Martine Compain dénoncent une « persécution »

Les défenseurs de Martine Compain, les avocats William Bourdon, Vincent Brengarth et Colomba Grossi, ont salué la décision de la Cour de cassation. « Cette décision rappelle un principe fondamental : on ne met pas en cause une personne sans indices graves et concordants », ont-ils déclaré à BFM - Faits Divers. Ils ont ajouté que leur cliente n’avait « jamais été mise en cause, en plus de 30 ans de procédure, et après des dizaines d’auditions et interrogatoires ».

— « Elle a été injustement exposée à des accusations répétées sans aucun fondement. Il est désormais grand temps que la justice en tire toutes les conséquences, et qu’elle mette fin à une persécution médiatique et judiciaire qui n’a que trop duré », ont-ils insisté. Depuis 1994, Martine Compain a toujours occupé le statut de témoin assisté, un statut intermédiaire lui permettant notamment d’accéder au dossier et d’être assistée par ses conseils.

Le contexte du quadruple meurtre de 1994

Le 23 septembre 1994, les corps de Christian Leprince, son épouse Brigitte et leurs deux filles, Sandra et Audrey, sont découverts sans vie dans leur maison de Thorigné-sur-Dué, en Sarthe. Les victimes avaient été sauvagement assassinées à coups de hache ou de couteau. Les soupçons se portent rapidement sur Dany Leprince, frère de Christian et voisin des victimes, avec qui il entretenait des relations financières tendues.

Après 46 heures de garde à vue, Dany Leprince avait reconnu le meurtre de son frère avant de se rétracter quelques jours plus tard. Malgré ses dénégations, il est condamné en 1997 à la réclusion criminelle à perpétuité. En 2023, après plusieurs recours, il est libéré en attendant un éventuel nouveau procès. Sa nièce, Solène Leprince, seule survivante de la famille — elle avait deux ans au moment des faits —, a toujours contesté la version judiciaire et milité pour la révision du procès.

Une affaire judiciaire toujours en suspens

La décision de la Cour de cassation du 13 mai 2026 ne met pas un terme à l’affaire Leprince. Dany Leprince attend désormais une réponse de la même juridiction concernant sa demande de révision de procès, dont l’audience est prévue pour le 2 juillet 2026. Ses avocats s’appuient notamment sur l’hypothèse de « faux aveux » et sur des éléments qu’ils estiment avoir été négligés lors des premières investigations, notamment le rôle potentiel de Martine Compain.

Par ailleurs, Solène Leprince, devenue une figure médiatique du dossier, continue de dénoncer ce qu’elle considère comme une « instrumentalisation » de sa personne et de l’histoire familiale. Dans plusieurs prises de parole, elle a affirmé avoir été utilisée pour faire pression sur le système judiciaire, tout en réclamant la vérité sur les circonstances du drame.

Et maintenant ?

La prochaine échéance judiciaire majeure dans cette affaire interviendra le 2 juillet 2026, lorsque la Cour de cassation examinera la demande de révision du procès de Dany Leprince. En fonction de sa décision, le dossier pourrait être renvoyé devant une cour d’assises pour un nouveau procès, ou au contraire définitivement clôturé. Dans l’immédiat, Martine Compain conserve son statut de témoin assisté, sans perspective de mise en examen, à moins de l’émergence de nouveaux éléments matériels.

Reste à savoir si les arguments avancés par les parties civiles et par Dany Leprince seront jugés suffisants pour justifier une réouverture des débats. Pour l’heure, la justice a confirmé qu’aucun indice ne permettait, à ce stade, de mettre en cause une nouvelle personne dans ce quadruple meurtre vieux de plus de trente ans.

La Cour a estimé que le pourvoi déposé par les parties civiles ne remplissait pas les conditions légales de recevabilité, notamment l’absence d’indices graves et concordants permettant d’envisager une mise en examen. Elle a rappelé qu’une mise en cause judiciaire doit reposer sur des éléments objectifs, ce qui n’était pas le cas selon elle.