Alors que le président américain Donald Trump doit s’entretenir avec son homologue français Emmanuel Macron en amont du sommet du G7, prévu à Évian les 26 et 27 juin 2026, les tensions commerciales entre Washington et Paris s’exacerbent à nouveau. Selon Euronews FR, Donald Trump menace d’appliquer un droit de douane de 100 % sur les exportations de vin et de champagne français si la France ne renonce pas à sa taxe sur les services numériques, un prélèvement instauré en 2019.

Ce qu'il faut retenir

  • Une taxe française de 3 % sur le chiffre d’affaires des géants du numérique, dont Facebook, Amazon, Apple et Alphabet, est en vigueur depuis 2019.
  • Donald Trump exige son abolition et menace, en cas de refus, d’imposer un droit de douane de 100 % sur les vins et champagnes français.
  • Les États-Unis représentent 21 % des exportations totales de vins et spiritueux français, leur premier marché à l’export.
  • Les exportations françaises vers les États-Unis ont déjà chuté de 21 % en 2025, après une hausse des droits de douane de 15 % (contre 10 % auparavant).
  • En janvier 2026, Trump avait déjà brandi la menace de droits de douane à 200 % sur le vin français.
  • Le Canada a cédé aux pressions américaines en 2025 en abandonnant sa propre taxe numérique.

Une taxe numérique française dans le viseur de Washington

Instaurée en 2019, la taxe française sur les services numériques impose un prélèvement de 3 % sur le chiffre d’affaires réalisé en France par les grandes entreprises technologiques. Cette mesure, ciblant notamment Facebook, Amazon, Apple et Alphabet (maison mère de Google), vise à corriger l’optimisation fiscale agressive pratiquée par ces groupes, qui déclarent souvent leurs bénéfices dans des pays à fiscalité avantageuse.

Pour Washington, cette taxe discrimine les entreprises américaines. Donald Trump, qui avait déjà brandi des menaces similaires lors de son premier mandat, réitère aujourd’hui son opposition frontale. « S’ils le font, je n’aurai pas d’autre choix que d’appliquer un droit de douane de 100 % sur tous les champagnes et tous les vins en provenance de France », aurait-il déclaré, selon Euronews FR, qui cite le New York Post.

Le vin et le champagne français en première ligne

Les représailles envisagées par l’administration Trump ne sont pas nouvelles. Dès 2019, des droits de douane supplémentaires avaient été évoqués sur le champagne et le fromage français après l’instauration de la taxe numérique. En janvier 2026, le président américain avait déjà menacé d’appliquer des droits de douane de 200 % sur le vin français après que Paris eut décliné l’invitation à rejoindre son projet de « Board of Peace », un mécanisme censé régler les conflits internationaux.

Les États-Unis restent le premier débouché pour les vins et spiritueux français, avec 21 % des exportations totales en 2025, selon la Fédération française des exportateurs de vins et spiritueux. Pourtant, le secteur subit déjà les conséquences des tensions commerciales : les exportations vers les États-Unis ont reculé de 21 % l’an dernier, une chute attribuée en partie à l’augmentation des droits de douane, passés de 10 % à 15 % sur les vins européens.

Un différend qui s’inscrit dans une logique de pression réciproque

Le sommet du G7 à Évian, qui réunira les dirigeants des sept grandes puissances économiques du 26 au 27 juin 2026, offre un cadre où ce dossier pourrait être abordé. Emmanuel Macron, qui accueillera Donald Trump en amont de l’événement, a déjà été sollicité par la Maison-Blanche pour abandonner la taxe numérique. « Tout ce que Macron a à faire, c’est de supprimer cette taxe sur les ventes, et il n’aurait pas ce genre de pression », a-t-il expliqué, selon Euronews FR.

Ce bras de fer s’inscrit dans une stratégie plus large des États-Unis, qui multiplient les pressions sur les partenaires commerciaux réticents à adopter leurs vues. Le Canada, par exemple, a cédé en 2025 en abandonnant sa propre taxe sur les services numériques, afin d’éviter une escalade des tensions commerciales avec Washington. Une décision qui avait alors été présentée comme un geste de bonne volonté pour préserver les négociations en cours.

« Les partisans des taxes sur les services numériques estiment qu’elles permettent de s’assurer que les grands groupes technologiques paient des impôts là où ils réalisent leur chiffre d’affaires et qu’elles limitent les stratégies agressives d’optimisation fiscale. »

Euronews FR

Et maintenant ?

La rencontre entre Emmanuel Macron et Donald Trump à Évian pourrait déterminer l’issue de cette crise. Si la France maintient sa position, les représailles américaines pourraient entrer en vigueur rapidement, avec un impact immédiat sur les exportateurs français. Les professionnels du secteur, déjà fragilisés par la baisse des exportations, redoutent une aggravation de la situation. Une issue négociée reste possible, mais elle dépendra largement de la capacité des deux parties à trouver un compromis avant le sommet du G7. Les prochaines semaines seront donc déterminantes.

Cette affaire illustre une fois de plus les tensions persistantes autour de la fiscalité des géants du numérique, un dossier qui oppose depuis des années l’Europe et les États-Unis. Alors que Bruxelles et Washington négocient un accord international sur la taxation des multinationales, ce conflit bilatéral rappelle que les désaccords locaux peuvent rapidement s’étendre à l’échelle mondiale.

Washington accuse Paris de discriminer les entreprises américaines. Selon les autorités américaines, la taxe française cible principalement des groupes technologiques basés aux États-Unis, comme Amazon, Apple, Facebook ou Google. Elles estiment que cette mesure viole les règles du commerce international et impose une charge fiscale injustifiée sur leurs entreprises.