Comme le rapporte Le Figaro – Politique, la passation de pouvoir à Issy-les-Moulineaux s’annonce plus complexe que prévu après le décès brutal d’André Santini, maire historique de la ville pendant près de quatre décennies. Alors que Thierry Lefevre, premier adjoint et candidat naturel à la succession, devrait être élu mardi à la tête de la commune, les désaccords au sein de la majorité municipale risquent de compliquer sa gouvernance.
Ce qu’il faut retenir
- Thierry Lefevre, premier adjoint depuis 2020, est le favori pour succéder à André Santini, décédé en mai 2026.
- Deux adjoints, dont Philippe Knusmann, ont également annoncé leur candidature, ravivant les tensions internes à la majorité.
- Les obsèques d’André Santini, réunissant Nicolas Sarkozy, Gabriel Attal et François Bayrou, ont révélé des divisions au sein de l’équipe municipale.
- Le refus du maire défunt de préparer sa succession a exacerbé les rivalités entre les « historiques » de la ville.
- La réunion de la majorité, après les obsèques, s’est transformée en pugilat entre les candidats à la succession.
Une succession contestée malgré l’hommage unanime à Santini
Lundi 14 juin 2026, l’église Saint-Étienne d’Issy-les-Moulineaux a accueilli les obsèques d’André Santini, en présence d’une pléiade de figures politiques. Parmi elles, on comptait l’évêque du diocèse de Nanterre Matthieu Rougé, Nicolas Sarkozy, Gabriel Attal — député de la circonscription — et François Bayrou. Les hommages, à la fois politiques et familiaux, ont été rendus par Georges Siffredi, Jean-Louis Borloo, le frère de Santini, Dominique, et sa nièce. Une cérémonie solennelle, mais qui n’a pas suffi à apaiser les tensions en coulisses.
De retour du cimetière, la réunion de la majorité municipale a rapidement dérapé. Thierry Lefevre, premier adjoint depuis 2020 et considéré comme l’héritier naturel de Santini, a confirmé sa candidature à la succession. Mais il n’est pas seul : Philippe Knusmann, adjoint à l’urbanisme et autre « historique » de la ville — présent au conseil municipal depuis 1983 — a également officialisé la sienne. Deux profils aux parcours bien distincts, mais unis par des décennies d’engagement municipal, désormais en compétition ouverte.
L’héritage de Santini : un bilan politique lourd et une succession mal préparée
André Santini, maire d’Issy-les-Moulineaux sans interruption depuis 1980, laisse derrière lui une ville marquée par son empreinte. Son refus de préparer activement sa succession — une pratique courante pour les édiles en fin de mandat — a jeté les bases d’une crise interne au sein de l’Union des démocrates et indépendants (UDI), principale force politique locale. Cette omission a exacerbé les rivalités entre les adjoints, chacun revendiquant une légitimité pour prendre la relève.
Thierry Lefevre, qui a occupé les fonctions de premier adjoint depuis six ans, bénéficiait d’une position privilégiée. Mais la candidature surprise de Philippe Knusmann, soutenu par une partie des élus historiques, a fragilisé sa position. Knusmann, adjoint en charge de l’urbanisme, mise sur son ancrage local et son expérience de terrain pour séduire les électeurs. Une rivalité qui rappelle les luttes de pouvoir observées dans d’autres communes après le départ de maires emblématiques.
Un scrutin municipal sous haute tension
Le conseil municipal d’Issy-les-Moulineaux doit élire son nouveau maire ce mardi 17 juin 2026. Dans un contexte aussi tendu, le scrutin s’annonce serré. Thierry Lefevre part favori, mais les divisions au sein de la majorité pourraient jouer en faveur d’un outsider ou, pire, conduire à une alliance improbable pour bloquer sa élection. La situation rappelle les tensions observées lors de la passation de pouvoir à Neuilly-sur-Seine après la mort de Nicolas Sarkozy en 2024, où la succession avait également été marquée par des querelles internes.
Pour Lefevre, l’enjeu est double : réussir à rassembler une majorité stable et éviter que cette crise ne se transforme en fracture durable au sein de l’UDI. Car au-delà d’Issy-les-Moulineaux, c’est la stratégie nationale du parti qui pourrait être affectée. L’UDI, déjà fragilisée par des divisions idéologiques, ne peut se permettre une nouvelle crise locale qui affaiblirait encore son image.
Cette succession contestée interroge plus largement sur la gouvernance des villes dirigées par des maires emblématiques. Combien de communes françaises, après le départ de leurs édiles historiques, ont dû faire face à des divisions internes ? Le cas d’Issy-les-Moulineaux pourrait bien servir d’exemple — ou d’avertissement.
Thierry Lefevre, premier adjoint depuis 2020, est le candidat favori. Il est soutenu par une partie de l’UDI et bénéficie d’un ancrage historique dans la ville. Philippe Knusmann, adjoint à l’urbanisme depuis 1983, mise sur son expérience locale pour contester cette succession. Les deux hommes incarnent des visions différentes de la gestion municipale, mais partagent un même attachement à Issy-les-Moulineaux.