Vingt personnes, dont Félix Bingui – surnommé « Le Chat » et présenté comme l’ex-chef présumé du gang Yoda –, comparaissent depuis ce lundi devant le tribunal correctionnel de Marseille. Leur procès, qui s’étalera jusqu’en juin, porte sur des chefs d’accusation incluant trafic de stupéfiants, blanchiment d’argent et association de malfaiteurs. D’après Le Monde – Politique, ces faits s’inscrivent dans le cadre d’une guerre de territoires entre plusieurs factions criminelles pour le contrôle du narcotrafic dans la cité phocéenne.
Ce qu'il faut retenir
- Vingt prévenus, dont Félix Bingui (« Le Chat »), sont jugés pour trafic de stupéfiants, blanchiment et association de malfaiteurs.
- Le procès se déroule devant le tribunal correctionnel de Marseille et devrait s’achever en juin 2026.
- L’affaire concerne le gang Yoda, rival historique de la DZ Mafia dans la lutte pour le contrôle du trafic de drogue à Marseille.
- Les chefs d’accusation incluent également la participation présumée à un réseau criminel organisé.
Un procès dans le cadre d’une guerre des gangs à Marseille
Le tribunal correctionnel de Marseille examine depuis aujourd’hui les responsabilités de Félix Bingui, identifié comme l’un des principaux acteurs présumés du gang Yoda. Selon les éléments recueillis par Le Monde – Politique, ce groupe criminel a été l’un des protagonistes majeurs d’une rivalité meurtrière avec la DZ Mafia pour le contrôle des points de deal et des circuits de distribution de stupéfiants dans la ville. Bref, cette audience judiciaire s’inscrit dans une dynamique de lutte pour le pouvoir criminel qui secoue la région depuis plusieurs années.
Les procureurs ont retenu contre les prévenus des chefs d’accusation précis, dont le trafic de stupéfiants – principalement de la cocaïne et du cannabis –, mais aussi des faits de blanchiment d’argent via des structures financières opaques. L’association de malfaiteurs est également retenue, confirmant l’hypothèse d’un réseau structuré et hiérarchisé.
Les chefs d’accusation et le profil des prévenus
Parmi les vingt accusés, plusieurs profils émergent. Félix Bingui, 42 ans, est présenté par l’accusation comme l’ex-patron du gang Yoda, un réseau actif depuis le début des années 2010 dans les quartiers nord de Marseille. « Il aurait joué un rôle central dans l’organisation logistique et financière du trafic », a indiqué un magistrat cité par Le Monde – Politique. Les autres prévenus, dont l’identité n’a pas été révélée dans l’immédiat, sont accusés d’avoir participé à différentes facettes du réseau : gestion des stocks, recrutement de dealers, ou encore transport de fonds illicites.
Les enquêteurs s’appuient sur des écoutes téléphoniques, des surveillances et des perquisitions pour étayer leur dossier. Plusieurs de ces éléments ont déjà été utilisés lors d’autres procédures judiciaires contre des membres présumés de gangs marseillais. Les investigations, menées notamment par la Brigade de répression du banditisme et l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants, se poursuivent en parallèle du procès.
Un procès sous haute tension judiciaire
L’audience, qui se tient à huis clos partiel pour des raisons de sécurité, mobilise une importante logistique policière et judiciaire. Les débats pourraient être houleux, certains prévenus risquant de lourdes peines en cas de condamnation. « Les éléments à charge sont accablants », a affirmé un représentant du parquet marseillais. Les avocats de la défense, eux, devraient plaider l’absence de preuves directes ou souligner des vices de procédure.
Par ailleurs, ce procès intervient dans un contexte où les autorités multiplient les opérations contre les réseaux criminels à Marseille. Depuis 2024, plusieurs opérations d’envergure ont permis la saisie de plusieurs tonnes de drogue et la démantèlement de plusieurs cellules logistiques. Reste à savoir si ce procès marquera un tournant dans la lutte contre le narcotrafic ou s’il ne sera qu’une étape de plus dans une guerre sans fin.
En définitive, ce procès rappelle l’ampleur des défis que représentent la lutte contre le narcobanditisme à Marseille, une ville où les réseaux criminels continuent de peser lourdement sur la sécurité publique. Reste à voir si la justice parviendra, cette fois, à porter un coup décisif à ces structures.
Selon les enquêteurs, ce surnom viendrait de sa capacité présumée à « disparaître » rapidement après des opérations criminelles, un peu à la manière d’un félin. Cette agilité lui aurait valu ce sobriquet dans le milieu marseillais.