Alors que les marchés européens affichent un léger recul en ce 8 mai 2026, le Nasdaq Composite américain poursuit sa course enivrante, porté par une dynamique sans précédent. Selon BFM Bourse, l’indice phare des valeurs technologiques américaines a franchi à nouveau la barre des 25 000 points, confirmant ainsi son statut de locomotive des marchés financiers mondiaux. Une ascension qui contraste avec la prudence observée sur les autres grandes places boursières du continent.
Ce qu'il faut retenir
- Le Nasdaq Composite atteint de nouveaux records, dépassant les 25 000 points, grâce à la forte croissance des entreprises du secteur technologique.
- Les résultats du premier trimestre 2026 des géants comme Alphabet, Amazon, Apple, Meta et Microsoft confirment une croissance des bénéfices de plus de 14 % pour le S&P 500.
- Les investissements massifs dans l’IA – près de 700 milliards de dollars prévus en 2026 – soutiennent cette dynamique, malgré les interrogations sur leur rentabilité future.
- Le rapport NFP (Non Farm Payrolls) attendu à 14h30 (heure de Paris) sera scruté pour évaluer la résilience de l’économie américaine et ses implications pour la politique monétaire de la Fed.
- Les analystes de BFM Bourse maintiennent une opinion neutre sur le Nasdaq à court terme, tout en surveillant les niveaux clés des 26 000 points et des 25 000 points.
Un trimestre record pour les géants de la tech
La saison des résultats du premier trimestre 2026 s’achève sur une note exceptionnelle pour les entreprises américaines du secteur technologique. Selon BFM Bourse, 181 entreprises ont publié leurs comptes, dont cinq des sept plus grandes capitalisations mondiales : Alphabet, Amazon, Apple, Meta et Microsoft. Leur croissance bénéficiaire devrait dépasser les 14 % sur le trimestre, marquant ainsi le sixième trimestre consécutif de croissance à deux chiffres. Une performance qui s’explique par une hausse significative du chiffre d’affaires et des marges bénéficiaires historiquement élevées.
Cette dynamique est en grande partie attribuée à l’engouement pour l’intelligence artificielle, qui s’impose comme le moteur principal de création de valeur. « La semaine dernière a marqué le point culminant de la saison des résultats, avec des entreprises pour lesquelles l’IA est au cœur de leur chaîne de création de valeur », analyse Grégoire Kounowski, Investment Advisor chez Norman K. « Les bénéfices records compensent largement les incertitudes géopolitiques actuelles », ajoute-t-il.
Des investissements colossaux dans l’IA
Pour soutenir cette croissance effrénée, les cinq géants susmentionnés prévoient d’investir collectivement près de 700 milliards de dollars en 2026. Ces dépenses, en hausse d’environ 80 % par rapport à 2025, couvrent principalement les infrastructures nécessaires à l’IA : data centers, cloud et réseaux énergétiques. Si ces investissements massifs soulèvent des questions sur la rentabilité à long terme, ils continuent pour l’instant de stimuler les résultats financiers des entreprises.
« Ces dépenses colossales pourraient soulever des questions quant à la rentabilité à terme, mais elles soutiennent pour le moment les bénéfices », nuance Grégoire Kounowski. Une stratégie risquée, mais qui semble pour l’instant porter ses fruits, comme en témoigne la performance exceptionnelle du Nasdaq Composite.
L’Europe à l’ombre du Nasdaq
Tandis que le Nasdaq s’envole, les indices européens affichent un jour contrasté. Selon les données compilées par BFM Bourse, le CAC 40 recule de 0,84 %, passant sous la barre des 8 133 points. Le SBF 120 suit une tendance similaire avec un repli de 0,78 %. Parmi les valeurs les plus en difficulté, NEXT BIOTEC enregistre une baisse de 2,16 %, tandis que RAMSAY GEN SANTE chute de 3,38 %.
À l’inverse, quelques valeurs résistent ou progressent. SOITEC s’affiche en tête avec un gain de 9,95 %, suivie par WORLDLINE (+5,22 %) et TRIGANO (+2,25 %). Côté changes, l’euro se maintient à 1,1762 dollar, tandis que le yen s’échange à 156,68 yens pour un dollar.
Le rapport NFP, prochain jalon pour les marchés
La journée sera marquée par la publication du Non Farm Payrolls (NFP) à 14h30 (heure de Paris), un indicateur clé de la santé de l’emploi privé américain. Les économistes anticipent un taux de chômage stable à 4,3 %, proche du plein emploi, l’un des deux piliers du mandat de la Réserve fédérale américaine. En revanche, une accélération plus marquée que prévu des salaires (+0,3 % en mensuel) pourrait compliquer la tâche de la Fed dans sa lutte contre l’inflation.
« Avec une économie aussi résiliente, un échauffement plus important que prévu constituerait une épine dans le pied de la Fed », rappelle BFM Bourse. Les investisseurs scruteront donc avec attention ce rapport, qui pourrait influencer les anticipations de politique monétaire et, par ricochet, la dynamique des marchés.
Pour les investisseurs, la question centrale reste celle de la durabilité de cette croissance portée par l’IA. Si les résultats actuels sont spectaculaires, les dépenses massives engagées par les géants de la tech pourraient, à terme, peser sur leurs marges. Autant dire que la prudence reste de mise, malgré l’euphorie ambiante.
En Europe, la tendance reste plus mitigée, avec des secteurs comme la biotechnologie ou le voyage (Air France-KLM en baisse de 2,97 %) pénalisés par des dynamiques locales moins favorables. La divergence entre les performances américaines et européennes souligne une nouvelle fois la spécificité des cycles économiques et boursiers.
La performance exceptionnelle du Nasdaq Composite s’explique principalement par la croissance record des géants technologiques, dont les bénéfices progressent de plus de 14 % au premier trimestre 2026. Cette dynamique est tirée par l’intelligence artificielle, qui est au cœur de leur stratégie de création de valeur et de leurs investissements massifs, estimés à près de 700 milliards de dollars pour 2026.
Les principaux risques incluent la rentabilité à long terme des investissements massifs dans l’IA, qui pourraient peser sur les marges des entreprises. Par ailleurs, une remontée plus rapide que prévu de l’inflation ou un durcissement de la politique monétaire de la Fed pourraient freiner la dynamique actuelle. Enfin, les incertitudes géopolitiques, bien que partiellement compensées par les bons résultats, restent un facteur de risque pour les marchés.