Alors que la question de la succession de Gianni Infantino à la tête de la Fédération internationale de football association (Fifa) s’invite dans le débat footballistique mondial, les positions divergent entre les instances dirigeantes. Selon Ouest France, Javier Tebas, président de la Liga espagnole, a récemment critiqué Nasser al-Khelaïfi, actuel président du Paris Saint-Germain (PSG) et favori pour prendre la relève. Une prise de position qui contraste avec le soutien affiché par l’Union des associations européennes de football (UEFA) en faveur du qatari.

Dans un entretien accordé à l’émission L’After Foot diffusée sur RMC, Javier Tebas a estimé que Nasser al-Khelaïfi ne serait « pas le candidat idéal » pour diriger la Fifa après le mandat de Gianni Infantino, dont le troisième mandat s’achèvera en 2027. Le patron de la Liga a justifié son point de vue en invoquant des critères de gouvernance et de transparence, sans pour autant préciser davantage ses réserves.

Ce qu'il faut retenir

  • Javier Tebas, président de la Liga, a critiqué Nasser al-Khelaïfi dans un entretien à L’After Foot sur RMC, le jugeant « pas le candidat idéal » pour succéder à Gianni Infantino à la Fifa.
  • Cette position s’oppose frontalement au soutien de l’UEFA, qui pousse pour la candidature d’al-Khelaïfi.
  • Nasser al-Khelaïfi est actuellement président du Paris Saint-Germain (PSG) et une figure majeure du football qatari.
  • Gianni Infantino, en fonction depuis 2016, brigue un troisième mandat en 2027.
  • La Fifa doit prochainement désigner son futur président, un scrutin qui s’annonce déjà tendu.

Un désaccord public entre la Liga et l’UEFA

La sortie de Javier Tebas survient alors que l’UEFA a déjà affiché son soutien à Nasser al-Khelaïfi. Selon Ouest France, l’instance européenne considère que le président du PSG incarne une continuité nécessaire pour le football mondial, notamment en raison de son expérience au sein des instances dirigeantes du football asiatique. De son côté, Tebas a souligné, lors de son intervention, que la Fifa avait besoin d’un dirigeant capable de restaurer la confiance après plusieurs années marquées par des scandales de corruption et des manquements éthiques.

L’opposition entre la Liga et l’UEFA reflète aussi des divergences stratégiques au sein même du football européen. La Liga, dirigée par Tebas, est souvent perçue comme plus critique envers les mécanismes de redistribution financière de la Fifa, tandis que l’UEFA défend une approche plus consensuelle, notamment pour préserver les intérêts des grands clubs européens.

Nasser al-Khelaïfi, un profil controversé mais influent

Nasser al-Khelaïfi, 55 ans, est une figure incontournable du football mondial. Nommé président du PSG en 2011, il a transformé le club parisien en une puissance financière majeure, tout en attirant des stars internationales comme Lionel Messi ou Neymar. Son influence s’étend bien au-delà du terrain : il préside également la Qatar Stars League et siège au comité exécutif de l’AFC (Asian Football Confederation).

Pourtant, son nom circule depuis plusieurs mois comme un possible successeur à Infantino. Selon Ouest France, l’UEFA voit en lui un candidat capable de fédérer les différentes confédérations, notamment en Asie et au Moyen-Orient, où son réseau et son poids politique sont reconnus. À l’inverse, ses détracteurs lui reprochent un manque de transparence dans la gestion des transferts au PSG et des relations troubles avec les autorités qataries.

« Nasser al-Khelaïfi ne serait pas le candidat idéal pour succéder à Gianni Infantino à la Fifa. » — Javier Tebas, président de la Liga, dans L’After Foot sur RMC

Et maintenant ?

La controverse autour de la candidature d’al-Khelaïfi pourrait s’intensifier dans les prochains mois, alors que les instances dirigeantes du football mondial doivent se réunir pour officialiser le processus de succession. L’UEFA, qui soutient ouvertement le président du PSG, pourrait tenter de mobiliser ses membres pour faire pencher la balance en sa faveur. De son côté, Tebas et la Liga pourraient renforcer leurs critiques, notamment en évoquant publiquement les failles de gouvernance dont al-Khelaïfi ferait preuve. Le scrutin final, attendu en 2027, s’annonce donc comme un véritable bras de fer entre l’Europe et les autres confédérations.

Reste à voir si ces tensions aboutiront à une clarification des critères de candidature ou si elles alimenteront davantage les divisions au sein du football mondial. Une chose est sûre : la Fifa devra trancher rapidement pour éviter que cette polémique ne s’enlise dans le débat public.