Depuis lundi 15 juin 2026, les traitements anti-obésité Wegovy et Mounjaro sont remboursés à 65 % par l’Assurance maladie, mais uniquement dans des centres spécialisés. Cette mesure a provoqué un afflux sans précédent de demandes, comme le rapporte BFM Business.

Les médicaments, disponibles sur ordonnance depuis fin 2024, coûtent entre 147,93 € et 434,82 € par stylo injectable selon le dosage. Leur prise en charge partielle par la Sécurité sociale, couplée à celle des complémentaires santé, limite la franchise médicale à environ 1 € pour les patients. Pourtant, les centres comme celui de Valenciennes peinent à absorber l’affluence.

Ce qu'il faut retenir

  • Remboursement à 65 % des traitements Wegovy et Mounjaro depuis le 15 juin 2026, uniquement dans des structures spécialisées.
  • Le Mounjaro coûte entre 177,12 € et 434,82 € par stylo, contre 147,93 € à 196,12 € pour le Wegovy.
  • Après remboursement Sécu et mutuelle, la franchise médicale résiduelle est d’environ 1 €.
  • 10 millions de Français pourraient être éligibles à ces traitements, mais les centres spécialisés sont submergés.
  • Le centre hospitalier de Valenciennes, qui suit plus de 1 000 patients, reçoit une cinquantaine d’appels par jour depuis l’annonce.
  • Le coût annuel de la prise en charge de l’obésité en France s’élève à 10 milliards d’euros pour l’Assurance maladie.

Des traitements coûteux, mais salvateurs pour les patients

Virginie, 48 ans, souffre d’une obésité morbide avec un IMC dépassant 60 avant de commencer le Mounjaro. Ce traitement lui a permis de perdre 30 kg, réduisant ainsi son IMC sous la barre des 60. Sans emploi, elle n’aurait jamais pu assumer le coût du traitement, estimé entre 300 € et 350 € par mois. « C’était indispensable pour envisager une nouvelle chirurgie », explique-t-elle, citée par BFM Business.

Pour le Dr Mihaela Moldovanu, endocrinologue au centre hospitalier de Valenciennes, ces médicaments réduisent les risques opératoires : « Le risque chirurgical et anesthésique est très important. Le traitement permet une perte de poids préalable pour opérer dans de meilleures conditions. »

Des centres spécialisés débordés par l’afflux de demandes

Le centre de soins de l’obésité (CSO) de Valenciennes, qui suit déjà plus de 1 000 patients, a vu son activité exploser depuis l’annonce du remboursement. « Les infirmiers sont submergés », constate Delphine Renard, cadre de santé, qui reçoit « une cinquantaine d’appels minimum par jour ».

Beaucoup de patients semblent méconnaître la complexité du parcours. « Certains pensent qu’on fait une injection parce qu’il y a l’été qui arrive et qu’on veut perdre quelques kilos », souligne-t-elle. « Ce n’est pas anodin. Il faut une prise en charge globale, multidisciplinaire, car il s’agit d’un médicament. »

Une liste d’attente pour prioriser les patients

Face à la hausse de la demande, les équipes médicales ont anticipé le phénomène. « Nous avons créé une liste de patients qui ne pouvaient malheureusement pas débuter le traitement faute de moyens financiers », explique le Dr Mihaela Moldovanu. Une quarantaine de noms y figurent déjà et seront les premiers reconvoqués.

Cette situation illustre les tensions autour de la prise en charge de l’obésité en France, alors que le gouvernement cherche à maîtriser les dépenses de santé. « La facture pour l’Assurance maladie s’annonce salée », note BFM Business, alors que le coût annuel de l’obésité dépasse déjà 10 milliards d’euros.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer l’impact de cette mesure sur les centres spécialisés et les patients. Les équipes médicales devront ajuster leurs capacités pour absorber la demande, tandis que l’Assurance maladie pourrait revoir les critères d’éligibilité si la pression budgétaire devient trop forte. Une évaluation est attendue d’ici la fin de l’année 2026.

Comment fonctionne le remboursement ?

Le remboursement à 65 % s’applique uniquement sur prescription et dans des centres agréés. Les tarifs de base, négociés avec les laboratoires, varient selon le dosage. Par exemple, un stylo de Wegovy coûte entre 147,93 € et 196,12 €, tandis que celui du Mounjaro oscille entre 177,12 € et 434,82 €.

La part restante, après remboursement Sécu, est généralement couverte par les complémentaires santé, à condition que le contrat soit « responsable ». Résultat : la franchise médicale résiduelle est quasi nulle pour la majorité des assurés. « Après la Sécu et la mutuelle, il ne reste qu’un euro à la charge du patient », précise BFM Business.

Un marché en pleine expansion

Les laboratoires Novo Nordisk et Eli Lilly, qui commercialisent respectivement le Wegovy et le Mounjaro, voient leur marché s’élargir. En France, 10 millions de personnes pourraient être éligibles à ces traitements, selon les estimations. Pourtant, leur accès reste limité par les capacités des centres spécialisés.

« Ce n’est pas une solution miracle, mais un outil parmi d’autres dans la prise en charge globale de l’obésité », rappelle le Dr Mihaela Moldovanu. « Cela nécessite un suivi médical rigoureux, avec des ajustements réguliers du traitement. »

Le remboursement à 65 % s’applique uniquement sur ordonnance et dans des centres spécialisés dans l’obésité, agréés par l’Assurance maladie. Le patient doit suivre un parcours médical complet, incluant une évaluation multidisciplinaire.

Les délais varient selon les centres. À Valenciennes, par exemple, une quarantaine de patients sont déjà en liste d’attente après seulement quelques jours de mise en œuvre du remboursement. Les équipes anticipent des délais prolongés dans les semaines à venir.