L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a activé dimanche 17 mai 2026 son deuxième niveau d’alerte internationale le plus élevé pour une épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC), selon Ouest France. Cette décision intervient alors que le pays fait face à une souche hautement létale du virus, pour laquelle aucun vaccin n’existe à ce jour. L’épidémie, qui frappe « de plein fouet » plusieurs provinces, a déjà causé un nombre significatif de victimes et mobilise les autorités sanitaires locales comme internationales.

Ce qu'il faut retenir

  • L’OMS a activé son deuxième niveau d’alerte le plus élevé (Public Health Emergency of International Concern, PHEIC) pour l’épidémie d’Ebola en RDC.
  • Le variant responsable est hautement létal et aucun vaccin n’est actuellement disponible.
  • L’épidémie touche plusieurs provinces de la RDC, selon Ouest France.
  • Cette alerte intervient le 17 mai 2026, date à laquelle la décision a été annoncée.
  • L’OMS souligne la nécessité d’une réponse internationale coordonnée pour endiguer la propagation.

D’après Ouest France, cette épidémie se distingue par sa gravité exceptionnelle, liée à la nature du variant en circulation. « Le virus circule dans des zones difficiles d’accès, ce qui complique considérablement les opérations de dépistage et de prise en charge », a indiqué un responsable de l’OMS sous couvert d’anonymat. Les équipes médicales sur place font face à un double défi : contenir la propagation du virus tout en protégeant les populations locales, souvent méfiantes envers les interventions extérieures.

La RDC n’est pas un pays étranger à ce type de crise. Depuis 2018, le pays a enregistré plusieurs flambées d’Ebola, dont la plus grave a causé plus de 2 200 morts entre 2018 et 2020. Pourtant, cette nouvelle épidémie présente des caractéristiques inédites. « Le variant identifié cette fois-ci est encore plus contagieux et plus résistant aux traitements existants », a précisé le Dr. Jean Kaseya, directeur général de l’African Centres for Disease Control and Prevention (CDC Africa), cité par Ouest France. Cette situation a poussé l’OMS à passer à l’action sans délai, malgré les défis logistiques et sécuritaires persistants dans la région.

Les autorités congolaises, épaulées par des ONG et des partenaires internationaux, tentent de renforcer les mesures de prévention. Parmi les actions mises en place : la formation accélérée des soignants, la distribution de kits de protection et la sensibilisation des communautés locales. « On observe une augmentation des cas dans les zones urbaines, où la densité de population facilite la transmission », a expliqué un épidémiologiste de Médecins Sans Frontières, contacté par Ouest France.

Et maintenant ?

La déclaration de l’urgence internationale devrait permettre de débloquer des financements supplémentaires et de mobiliser davantage de ressources humaines et matérielles. Une réunion d’urgence du Comité d’urgence de l’OMS est prévue dans les prochaines 72 heures pour évaluer les prochaines étapes. Par ailleurs, des discussions sont en cours avec les pays voisins pour mettre en place des mesures de surveillance renforcée aux frontières.

Les experts s’attendent à ce que l’épidémie s’étende dans les prochaines semaines si les moyens ne sont pas déployés à temps. « Sans une intervention massive, le nombre de cas pourrait doubler d’ici un mois », a averti le Dr. Kaseya. Pour l’instant, l’OMS n’envisage pas de restrictions de voyage, mais appelle à la vigilance de tous les acteurs concernés.

Cette crise rappelle cruellement les limites des systèmes de santé dans les pays à faible revenu, malgré les progrès réalisés depuis les dernières épidémies. « La RDC a besoin de soutien, pas seulement de déclarations », a conclu un représentant de l’UNICEF, soulignant l’urgence d’une aide concrète et immédiate.

L’OMS a jugé que la situation répondait aux critères d’une urgence de santé publique de portée internationale en raison de la létalité élevée du variant, de l’absence de vaccin et de la propagation rapide dans des zones densément peuplées. La décision a été prise après consultation avec des experts et les autorités congolaises.