Le Haut-commissaire à la Stratégie et au Plan, Clément Beaune, a présenté le 4 juin 2026 une réforme ambitieuse visant à transformer Paris en une « ville du Grand Paris » regroupant 130 communes, trois départements et la métropole actuelle. Selon Capital, cette proposition, détaillée dans une note publiée ce jour, prévoit notamment la suppression des arrondissements et des départements pour créer 40 districts administratifs, totalisant près de 7 millions d’habitants.
Ce qu'il faut retenir
- Une réforme proposée par Clément Beaune, Haut-commissaire au Plan, visant à fusionner 130 communes, 3 départements et la métropole du Grand Paris en une seule ville.
- Paris deviendrait une ville divisée en 40 districts, remplaçant les actuels arrondissements et départements de la petite couronne.
- Chaque district serait dirigé par un maire et pourrait compter jusqu’à 200 000 habitants, avec des compétences élargies en matière d’éducation ou d’aide sociale.
- L’objectif affiché est de simplifier le « millefeuille administratif » francilien et de renforcer le sentiment d’appartenance commune des Franciliens.
- Le coût et les gains économiques de cette réforme n’ont pas encore été chiffrés, selon les informations disponibles.
Une réforme pour « sortir Paris de ses murs »
Clément Beaune a défendu son projet lors d’un entretien accordé au Parisien, insistant sur la nécessité de « sortir Paris de ses murs ». « Ce serait un espace commun de sept millions d’habitants, un beau projet social et politique pour qu’un habitant de Pantin, de Neuilly ou du centre de Paris ait un maire en commun », a-t-il déclaré. Selon lui, cette refonte permettrait de remplacer les départements de la petite couronne par une seule entité administrative : la ville du Grand Paris.
Actuellement, l’organisation territoriale de la région parisienne est souvent critiquée pour sa complexité. Avec cinq ou six échelons de collectivités locales, les Franciliens seraient, selon Clément Beaune, confrontés à un « millefeuille administratif » difficile à appréhender. Sa proposition vise à réduire ces niveaux à trois : la région Île-de-France, la ville du Grand Paris et les districts. « Aujourd’hui, vous avez cinq ou six échelons, demain vous en auriez seulement trois », a-t-il souligné.
« Beaucoup de Franciliens ont un morceau d’identité parisienne, mais ont parfois le sentiment d’être un Parisien de seconde classe. »
— Clément Beaune, Haut-commissaire au Plan
Des districts aux compétences élargies
Concrètement, les nouveaux districts — qui pourraient chacun regrouper jusqu’à 200 000 habitants — se verraient attribuer des compétences de proximité. Parmi elles, la gestion des écoles maternelles et élémentaires pourrait être décentralisée, tandis que des équipements plus vastes, comme les structures d’aide sociale, resteraient gérés à l’échelle de la métropole. Cette organisation vise à rapprocher l’administration des citoyens et à renforcer l’efficacité des politiques publiques locales.
Pourtant, aucun détail financier n’a été rendu public à ce stade. Le coût de la réforme, ses modalités de financement ou encore les éventuelles économies réalisées n’ont pas été précisés. Les discussions sur ces aspects techniques devraient s’engager dans les prochains mois si le projet venait à être adopté.
Un projet qui s’inscrit dans un débat plus large sur l’aménagement du Grand Paris
Cette proposition s’ajoute à une série d’initiatives récentes visant à repenser l’organisation territoriale de la région parisienne. Plusieurs responsables politiques, dont la présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse, ont déjà évoqué la nécessité de simplifier la gouvernance locale. D’autres pistes, comme la couverture du périphérique ou la création de parkings relais, ont également été avancées pour renforcer la cohésion entre Paris et sa banlieue.
Pour Clément Beaune, l’enjeu dépasse la simple réforme administrative. Il s’agit aussi de « rendre le territoire plus démocratique » en offrant à tous les Franciliens, qu’ils vivent à Paris, en proche banlieue ou dans la métropole, un cadre institutionnel commun. Cette approche pourrait, selon lui, favoriser une meilleure intégration des banlieues et une plus grande équité entre les territoires.
Quoi qu’il en soit, cette initiative relance le débat sur l’avenir institutionnel du Grand Paris, un sujet qui, depuis des décennies, divise les experts et les responsables politiques. Si elle aboutissait, cette transformation pourrait marquer une étape majeure dans l’histoire de l’aménagement francilien, en redessinant les contours d’une métropole aujourd’hui éclatée en une multitude d’entités administratives.
Selon la proposition de Clément Beaune, 130 communes, trois départements (Paris, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne) ainsi que la métropole du Grand Paris seraient intégrés dans cette nouvelle structure administrative. Les détails précis des communes concernées n’ont pas encore été communiqués.