Le tribunal administratif de Paris a rendu sa décision ce 8 mai 2026, confirmant l’interdiction du traditionnel défilé organisé chaque année par le groupuscule d’ultradroite « Comité du 9 Mai ». Selon BFM - Faits Divers, les juges ont rejeté le recours formé par les organisateurs, validant ainsi l’arrêté préfectoral pris en raison de risques d’affrontements violents avec des contre-manifestants antifascistes.
Ce qu'il faut retenir
- Le Comité du 9 Mai, groupuscule d’ultradroite, avait prévu un défilé à Paris le 9 mai 2026 pour commémorer la mort de Sébastien Deyzieu, décédé en 1994.
- La préfecture de police de Paris avait interdit la manifestation en raison de risques d’affrontements violents avec des contre-manifestants.
- Le tribunal administratif a confirmé cette interdiction, s’appuyant notamment sur les incidents de l’édition 2025, où plusieurs manifestants avaient arboré des symboles néonazis et avaient été interpellés pour des saluts nazis.
- En 2025, le tribunal avait annulé l’arrêté préfectoral interdisant la manifestation, mais cette année, la situation a évolué.
Chaque année, le Comité du 9 Mai organise un défilé dans les rues de Paris pour commémorer la mort de Sébastien Deyzieu, militant ultradroitier décédé accidentellement en 1994. L’événement, initialement prévu pour le 9 mai 2026, a été interdit par la préfecture de police de Paris dès le 30 avril 2026, invoquant des risques sérieux d’affrontements avec des groupes antifascistes. Cette décision, contestée par les organisateurs, a été examinée en urgence par le tribunal administratif, qui a rendu son verdict ce 8 mai.
Dans son jugement, le tribunal a rappelé que les organisateurs n’avaient pas apporté la preuve que les mesures de prévention envisagées suffisaient à garantir la sécurité des participants et des riverains. Les magistrats se sont notamment appuyés sur les incidents survenus lors de l’édition 2025, où plusieurs manifestants avaient été interpellés pour avoir arboré des symboles néonazis et réalisé des saluts nazis. « Ces éléments démontrent une persistance de comportements violents et provocateurs de la part de certains membres du groupe », a souligné un communiqué du tribunal administratif.
« Le préfet de police a estimé que les risques d’affrontements étaient réels et que la tenue de cette manifestation dans le contexte actuel pourrait entraîner des troubles graves à l’ordre public. »
Communiqué de la préfecture de police de Paris, 30 avril 2026
Le Comité du 9 Mai, connu pour ses liens avec l’extrême droite radicale, avait pourtant tenté de rassurer en annonçant vouloir organiser une « marche silencieuse et pacifique ». Pourtant, les autorités ont jugé que les garanties proposées par les organisateurs étaient insuffisantes, notamment en matière de sécurité et de contrôle des participants. Les services de police craignaient en effet des affrontements avec des groupes antifascistes, qui avaient déjà perturbé les éditions précédentes du défilé.
En 2025, le tribunal administratif avait finalement annulé l’interdiction de la manifestation, estimant que la préfecture n’avait pas suffisamment démontré l’imminence de risques concrets. Une décision qui avait suscité de vives critiques, notamment de la part des associations antiracistes et des syndicats de police. Cette année, la situation est différente : les autorités ont pu s’appuyer sur des éléments plus précis, comme les signalements de violences lors des rassemblements précédents et les menaces proférées sur les réseaux sociaux par des militants d’extrême droite.
Côté organisateurs, la déception est palpable. « Nous allons étudier les voies de recours possibles pour défendre notre droit à manifester », a déclaré Me Guillaume Laine, l’avocat du Comité du 9 Mai, après l’annonce du jugement. De son côté, la préfecture de police a réitéré sa position : « La sécurité des Parisiens et la préservation de l’ordre public priment sur toute considération idéologique. »
Cette affaire soulève à nouveau la question des limites entre liberté de manifestation et impératif de sécurité publique, surtout lorsque les organisateurs sont associés à des mouvements dont les dérives violentes ont été documentées. Les associations antiracistes, comme la Licra ou SOS Racisme, ont d’ores et déjà salué la décision du tribunal, la qualifiant de « nécessaire pour protéger les valeurs républicaines ». « La justice a fait son travail, il appartient désormais aux autorités de faire respecter cette décision », a réagi Dominique Sopo, président de SOS Racisme.
Reste à savoir si cette interdiction marquera un tournant dans la gestion des groupes d’extrême droite à Paris, ou si les organisateurs parviendront à contourner cette décision administrative. Une chose est sûre : dans un contexte politique déjà tendu, la question de la liberté de manifester pour les mouvements radicaux ne manquera pas de relancer le débat.
Le Comité du 9 Mai est un groupuscule d’extrême droite français, connu pour organiser chaque année un défilé à Paris en mémoire de Sébastien Deyzieu, militant né en 1971 et décédé en 1994. Ce mouvement est régulièrement pointé du doigt pour ses liens avec l’idéologie néonazie et ses liens avec d’autres groupes d’ultra-droite en Europe. Lors de ses rassemblements, des symboles controversés et des saluts nazis ont été observés à plusieurs reprises, ce qui a valu à ses militants de nombreuses interpellations.