Le pouvoir judiciaire tchadien a rendu, ce vendredi 8 mai 2026, une décision lourde de conséquences pour l’opposition politique. Huit dirigeants de la principale coalition d’opposition au président Mahamat Idriss Déby ont été condamnés à huit ans de prison ferme, selon les informations rapportées par Le Monde. Ces prévenus, tous membres du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT), avaient été arrêtés une semaine avant une « marche de protestation et d’indignation » organisée le 15 mars 2026 et interdite par les autorités.
Ce qu'il faut retenir
- Huit dirigeants de l’opposition tchadienne condamnés à huit ans de prison ferme pour leur participation à une manifestation interdite.
- Les prévenus, membres du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT), ont été arrêtés une semaine avant l’événement du 15 mars 2026.
- Cette marche, qualifiée de « protestation et d’indignation », avait été interdite par le gouvernement tchadien.
- Les condamnations interviennent dans un contexte de tensions persistantes entre le pouvoir et l’opposition au Tchad.
Un procès marqué par l’interdiction d’une mobilisation politique
Les huit dirigeants du FACT ont été présentés devant la justice tchadienne dans des circonstances particulières. Leur arrestation avait eu lieu le 8 mars 2026, soit une semaine avant la date prévue pour la « marche de protestation et d’indignation » du 15 mars. Cette manifestation, organisée par la coalition d’opposition, avait été interdite par le gouvernement, qui justifiait sa décision par des « risques pour l’ordre public ». Les autorités tchadiennes avaient alors justifié leur refus en invoquant la nécessité de préserver la stabilité du pays, déjà fragilisée par des tensions politiques récurrentes.
Les prévenus ont toujours dénoncé un procès politique, visant à museler toute velléité de contestation. Leur avocat, Me Narcisse Aboubakari, a souligné devant Le Monde que « cette condamnation s’inscrit dans une logique de répression systématique de l’opposition ». Il a rappelé que les huit accusés n’avaient fait qu’exercer leur droit à la liberté d’expression et de manifestation, droits pourtant garantis par la Constitution tchadienne.
Les dirigeants du FACT dans le viseur du pouvoir
Parmi les huit condamnés figurent plusieurs figures emblématiques de l’opposition tchadienne. On compte notamment Succès Masra, porte-parole du FACT, ainsi que plusieurs membres de son bureau politique. Ces personnalités avaient déjà été ciblées par des mesures de restriction dans le passé, notamment après leur participation à des mouvements de contestation contre le régime de Mahamat Idriss Déby, au pouvoir depuis avril 2021 à la suite d’un coup d’État militaire.
Le FACT, principale coalition d’opposition, regroupe plusieurs partis politiques et associations citoyennes. Il est devenu, ces dernières années, le fer de lance de la contestation contre le régime en place. Ses dirigeants dénoncent une « dérive autoritaire » du président Déby, qui a succédé à son père, Idriss Déby Itno, après sa mort au combat en 2021. Depuis son arrivée au pouvoir, Mahamat Idriss Déby a multiplié les restrictions contre l’opposition, la société civile et les médias indépendants.
« Cette condamnation est une preuve supplémentaire de la volonté du régime de museler toute opposition, y compris par des moyens judiciaires. Nous allons faire appel de cette décision. »
— Me Narcisse Aboubakari, avocat des huit dirigeants condamnés
Cette décision judiciaire s’inscrit dans un contexte tchadien déjà marqué par une restriction croissante des libertés. Depuis 2021, plusieurs figures de l’opposition ont été emprisonnées, exilées ou contraintes à l’autocensure. Les observateurs internationaux, notamment les organisations de défense des droits humains, suivent de près l’évolution de la situation au Tchad, où les espoirs de démocratisation semblent s’éloigner.
La principale coalition d’opposition au Tchad en 2026 est le Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT), qui regroupe plusieurs partis politiques et associations citoyennes. Elle est dirigée par Succès Masra, l’un des huit condamnés à huit ans de prison ferme.
La marche organisée par le FACT le 15 mars 2026 a été interdite par les autorités tchadiennes sous prétexte de « risques pour l’ordre public ». Le gouvernement a justifié son refus en invoquant la nécessité de préserver la stabilité du pays, déjà fragilisée par des tensions politiques récurrentes.