Catherine Chabaud, ministre de la Mer et de la Pêche, a présenté ce jeudi 18 juin 2026 trois chantiers majeurs pour le secteur halieutique lors des Assises nationales de la pêche, organisées à Cherbourg-en-Cotentin (Manche). Comme le rapporte Ouest France, cette intervention intervient à moins d’un an de l’élection présidentielle de 2027 et s’inscrit dans une volonté de donner un nouveau souffle à un secteur en tension.
Ce qu'il faut retenir
- La ministre de la Mer a dévoilé trois axes prioritaires pour la pêche française lors des Assises de Cherbourg.
- Ces chantiers s’articulent autour de la transition écologique, de la compétitivité des flottilles et du renouvellement des générations.
- L’ancienne skippeuse insiste sur la nécessité de concilier performance économique et durabilité environnementale.
- Les Assises de la pêche se tiennent dans un contexte où le secteur fait face à des défis structurels et réglementaires.
Une feuille de route pour un secteur en mutation
À moins d’un an du scrutin présidentiel, Catherine Chabaud a saisi l’occasion des Assises de la pêche pour esquisser sa vision d’un secteur maritime en pleine transformation. Selon ses propos rapportés par Ouest France, les trois chantiers prioritaires annoncés ce jeudi visent à répondre aux enjeux écologiques, économiques et sociaux qui pèsent sur la filière. Autant dire que la pression est forte pour trouver un équilibre entre impératifs environnementaux et survie des entreprises de pêche.
Transition écologique et décarbonation : un défi immédiat
Premier volet de sa stratégie, la ministre a mis l’accent sur la transition écologique du secteur. « Nous devons accélérer la décarbonation des flottilles et réduire l’empreinte carbone de nos activités », a-t-elle déclaré devant les professionnels réunis à Cherbourg. Des mesures concrètes, comme le déploiement de subventions pour l’acquisition de navires moins polluants ou l’incitation à l’utilisation de carburants alternatifs, sont évoquées. À cela s’ajoute un renforcement des contrôles pour garantir le respect des quotas de pêche durables, une exigence de plus en plus pressante face aux critiques des ONG environnementales.
Côté chiffres, Chabaud a rappelé que la France s’est engagée à réduire de 40 % ses émissions liées à la pêche d’ici 2030, un objectif ambitieux qui nécessitera des investissements massifs. « Cela passera par des partenariats public-privé et une mobilisation de l’ensemble des acteurs », a-t-elle précisé, sans pour autant détailler les montants alloués.
Compétitivité et modernisation des flottilles : un impératif économique
Deuxième priorité, la compétitivité des flottilles françaises, mises à mal par la concurrence internationale et la hausse des coûts de production. La ministre a annoncé le lancement d’un « plan de relance ciblé » pour moderniser les navires et améliorer leur productivité. Parmi les pistes envisagées : des aides à l’innovation technologique, notamment pour les petites et moyennes entreprises, ainsi qu’un soutien à l’export pour les produits de la mer français.
Cette démarche s’inscrit dans un contexte où la pêche française représente un chiffre d’affaires annuel de près de 1,2 milliard d’euros, mais où les marges des professionnels se réduisent sous l’effet de la flambée des prix de l’énergie et des matières premières. « Nous devons protéger notre souveraineté alimentaire tout en assurant la pérennité de nos entreprises », a souligné Chabaud.
Renouvellement des générations et attractivité des métiers de la mer
Enfin, troisième axe stratégique, le renouvellement des générations dans un secteur confronté à un vieillissement marqué de sa main-d’œuvre. Pour attirer de nouveaux talents, la ministre a évoqué la création de formations adaptées aux enjeux modernes, ainsi que des incitations financières pour les jeunes s’installant comme patrons-pêcheurs. « Les métiers de la mer doivent redevenir attractifs, avec des perspectives de carrière claires et des revenus décents », a-t-elle insisté.
Cette problématique prend une dimension urgente : selon les dernières données disponibles, près de 30 % des patrons-pêcheurs ont plus de 55 ans, tandis que les jeunes de moins de 30 ans ne représentent que 5 % des effectifs. Un déséquilibre démographique qui menace la pérennité même de la filière.
Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : la pêche française devra concilier transition écologique, compétitivité et attractivité des métiers dans un calendrier serré. À moins d’un an du scrutin présidentiel, les prochaines décisions de Catherine Chabaud seront scrutées à la loupe par un secteur en quête de visibilité.
D’après les informations communiquées par la ministre, les aides seront prioritairement attribuées aux navires de moins de 24 mètres, engagés dans une démarche de réduction de leur empreinte carbone ou modernisant leurs équipements. Un appel à projets sera lancé d’ici la fin 2026, avec des critères précis à définir en concertation avec les comités régionaux des pêches.