Près de 12,7 millions de Français détenaient un plan d’épargne retraite (PER) au troisième trimestre 2025, pour un encours total dépassant les 141 milliards d’euros, selon Capital. Ce succès s’explique notamment par l’avantage fiscal offert par ce dispositif, les versements pouvant être déduits du revenu imposable dans certaines limites, comme le rappelle l’administration fiscale sur le site impots.gouv.fr.

Pourtant, derrière cette enveloppe fiscale commune, deux grandes familles de PER coexistent : le PER bancaire et le PER assurance. Leurs différences, souvent méconnues des épargnants, portent sur la gestion des placements, le niveau de risque, la transmission aux héritiers ou encore la présence de fonds euros. « Beaucoup d’épargnants pensent qu’un PER reste le même produit alors qu’il existe en réalité deux grandes familles », explique Arnaud Koyt, conseiller en gestion de patrimoine.

Ce qu'il faut retenir

  • Au troisième trimestre 2025, 12,7 millions de Français détenaient un PER, pour un encours total de plus de 141 milliards d’euros.
  • Les versements sur un PER sont déductibles du revenu imposable, dans les limites prévues par la loi.
  • Deux types de PER existent : le PER bancaire, proche d’un compte-titres, et le PER assurance, plus sécurisé avec un fonds euros.
  • Le choix entre les deux dépend du profil de l’épargnant : tolérance au risque, horizon de placement et objectifs de transmission.
  • Le PER assurance offre une garantie plancher et des avantages fiscaux en cas de décès avant 70 ans, absents dans le PER bancaire.
  • Une mauvaise stratégie peut conduire à une imposition moins avantageuse à la sortie, notamment si la tranche marginale d’imposition baisse à la retraite.

Le PER bancaire, un outil de gestion autonome et potentiellement plus rentable

Le PER bancaire fonctionne comme un compte-titres classique. L’épargnant y investit directement dans des supports financiers variés : ETF, actions ou obligations. Cette structure offre une grande liberté dans la gestion des placements et les arbitrages, mais expose aussi davantage aux fluctuations des marchés. Contrairement au PER assurance, il ne propose pas de fonds euros permettant de sécuriser une partie du capital. « Le PER bancaire est surtout adapté aux épargnants autonomes qui souhaitent piloter eux-mêmes leurs investissements », souligne Arnaud Koyt.

Ce type de contrat convient particulièrement aux profils capables d’accepter une volatilité importante en échange d’un potentiel de performance plus élevé. Par exemple, un épargnant de 35 ans fortement investi en ETF n’aura pas les mêmes besoins qu’un futur retraité cherchant à sécuriser son capital. Certains PER bancaires affichent des frais réduits sur les versements, mais le coût global du contrat — frais de gestion, arbitrages et qualité de l’accompagnement — doit être examiné avec attention, surtout sur le long terme.

Le PER assurance, une approche plus sécurisée et orientée transmission

Le PER assurance repose sur une logique patrimoniale différente, davantage tournée vers la sécurisation progressive du capital. Il permet notamment d’accéder à un fonds euros, un support garanti par l’assureur (hors faillite de celui-ci), qui limite l’exposition aux variations des marchés financiers. Ce mécanisme attire surtout les épargnants approchant de la retraite, pour qui l’objectif n’est plus de maximiser la performance, mais de sécuriser l’épargne accumulée. « Quand on se rapproche de la retraite, l’objectif n’est plus forcément de maximiser la performance mais de sécuriser progressivement l’épargne accumulée », explique Arnaud Koyt.

Autre atout du PER assurance : certains contrats proposent une garantie plancher. En cas de forte baisse des marchés avant le décès du titulaire, les bénéficiaires peuvent récupérer au minimum les sommes versées, même si les placements ont perdu de la valeur entre-temps. Cette protection, absente dans le PER bancaire où les héritiers récupèrent simplement la valeur du portefeuille au moment du décès, dépend toutefois des contrats et comporte souvent des conditions d’âge. Par ailleurs, le PER assurance peut offrir un cadre plus avantageux pour la transmission. En cas de décès avant 70 ans, les sommes peuvent bénéficier d’un régime proche de celui de l’assurance vie, avec un abattement pouvant atteindre 152 500 euros par bénéficiaire.

Fiscalité, frais et horizon de placement : les pièges à éviter

Pour les professionnels du patrimoine, le principal écueil reste l’ouverture d’un PER uniquement pour réduire son impôt sans tenir compte de son horizon de placement ou de sa future fiscalité à la retraite. « Une personne en début de carrière avec une faible tranche d’imposition n’a pas forcément intérêt à défiscaliser immédiatement si elle risque d’être davantage imposée à la retraite », prévient Arnaud Koyt. À la sortie, les sommes récupérées peuvent en effet être fiscalisées selon le mode de retrait choisi — capital ou rente — et selon la situation du titulaire.

Les frais constituent un autre point de vigilance. Même si certains PER bancaires affichent des frais réduits sur les versements, le coût global — frais de gestion, arbitrages et accompagnement — peut varier considérablement d’un contrat à l’autre. Il est donc essentiel de comparer les offres et de prendre en compte la durée de placement. D’ailleurs, selon Capital, l’écart réel entre les deux types de PER se joue souvent sur la durée.

Une complémentarité possible entre les deux solutions

Pour certains épargnants, la solution la plus adaptée pourrait être une combinaison des deux types de PER. Par exemple, utiliser un PER assurance pour sécuriser et transmettre une partie du patrimoine, tout en conservant un PER bancaire davantage orienté vers les marchés financiers et les ETF. Derrière une même enveloppe fiscale, les logiques patrimoniales diffèrent fortement, et cette approche hybride permet de diversifier les stratégies.

Il est donc recommandé d’évaluer son profil — âge, tolérance au risque, objectifs à court et long terme — avant de faire un choix. Pour les jeunes actifs, un PER bancaire peut être pertinent pour profiter de la croissance des marchés. Pour les épargnants en fin de carrière, un PER assurance offre davantage de sécurité. Enfin, une analyse globale, incluant la fiscalité future et les besoins de transmission, est indispensable pour optimiser son épargne retraite.

Et maintenant ?

Les règles fiscales entourant les PER pourraient évoluer d’ici 2027, notamment avec la mise en place de la réforme des retraites. Les épargnants devraient surveiller les annonces gouvernementales pour adapter leur stratégie. Par ailleurs, la montée en puissance des PER bancaires, avec des frais de plus en plus compétitifs, pourrait redistribuer les cartes sur le marché. Reste à voir comment les assureurs réagiront face à cette concurrence accrue.

En attendant, les professionnels du patrimoine insistent sur l’importance de ne pas se focaliser uniquement sur l’avantage fiscal immédiat. « L’enjeu est de construire une stratégie cohérente sur le long terme, en tenant compte de son profil et de ses besoins réels », rappelle Arnaud Koyt.

Les versements réalisés sur un PER peuvent être déduits du revenu imposable dans certaines limites, ce qui permet de réduire l’impôt sur le revenu de l’année en cours. Cet avantage est particulièrement intéressant pour les contribuables soumis à une tranche marginale d’imposition élevée.

Oui, il est tout à fait possible de détenir les deux types de PER. Cette stratégie permet de diversifier ses placements : un PER assurance pour sécuriser et transmettre une partie de son patrimoine, et un PER bancaire pour profiter des opportunités des marchés financiers.