Avec près de 13 millions de titulaires en France, le Plan épargne retraite (PER) s’impose comme l’un des placements les plus prisés pour préparer son avenir. Selon Capital, les encours du dispositif ont atteint 150,4 milliards d’euros au 31 décembre 2025, soit une progression de 21 % en un an. Un succès qui s’explique par un contexte économique et démographique marqué par l’inquiétude autour des retraites.

Ce qu'il faut retenir

  • 150,4 milliards d’euros d’encours pour le PER au 31 décembre 2025, en hausse de 21 % sur un an, selon Capital.
  • Les PER individuels concentrent 88,5 milliards d’euros, tandis que les PER d’entreprise collectifs atteignent 33,86 milliards et les PER obligatoires 28,04 milliards.
  • Le PER offre une déduction fiscale à l’entrée, un avantage particulièrement attractif pour les cadres et les revenus élevés.
  • Malgré ses atouts, le PER présente des frais parfois élevés et une fiscalité à la sortie qui peut pénaliser les épargnants en cas de retrait massif.
  • Les sommes versées restent bloquées jusqu’à la retraite, sauf exceptions (achat immobilier, invalidité, etc.).

Un engouement porté par l’inquiétude sur les retraites

Le vieillissement de la population et les réformes successives des retraites ont renforcé les craintes des actifs quant à leur niveau de pension futur. Selon les dernières données publiées le 17 mai 2026 par le ministère de l’Économie, 72 % des actifs craignent que leur pension ne soit pas suffisante pour vivre correctement à la retraite. Une angoisse qui explique en partie l’attrait croissant pour le PER, créé par la loi Pacte en 2019.

« Il y a un contexte favorable pour ce type de produit », analyse Philippe Crevel, économiste et dirigeant du Cercle de l’Épargne. « On observe une forte angoisse sur la retraite, et le PER répond à cette logique en permettant d’épargner durant la vie active pour disposer d’un capital ou d’une rente au moment du départ à la retraite. »

Des avantages fiscaux et une souplesse appréciée

Le PER séduit notamment pour son avantage fiscal. Les versements effectués sur le plan sont déductibles du revenu imposable, dans certaines limites. « Ce sera mieux pour quelqu’un imposé à 45 % que pour une personne imposée à 14 % », résume Philippe Crevel. Cet avantage rend le produit particulièrement attractif pour les cadres et les revenus élevés, même si son usage se diversifie progressivement vers des profils plus jeunes.

Autre atout mis en avant : la souplesse du PER. Contrairement à certains anciens dispositifs retraite jugés rigides, il permet de sortir soit en rente, soit en capital au moment de la retraite. « Et il y a en plus une déduction fiscale à l’entrée », ajoute l’économiste. Une combinaison qui explique son succès rapide dans le paysage de l’épargne française.

Un produit encore marginal face à l’assurance-vie, mais en forte croissance

Si le PER enregistre une progression fulgurante, il reste encore loin derrière l’assurance-vie, autre placement phare des Français. Selon les dernières données disponibles, les encours de l’assurance-vie dépassent 2 140 milliards d’euros, contre un peu plus de 150 milliards pour le PER. « Le PER reste encore un petit produit par rapport à l’assurance-vie, mais il grossit rapidement », précise Philippe Crevel.

Certains épargnants préfèrent d’ailleurs l’assurance-vie pour sa plus grande souplesse, notamment parce que les fonds restent disponibles à tout moment. « Contrairement au PER, qui est en principe bloqué jusqu’à la retraite, l’assurance-vie offre une liquidité immédiate », souligne l’expert. Une différence majeure qui explique pourquoi certains hésitent encore à placer une part importante de leur épargne dans un PER.

Les points de vigilance à ne pas négliger

Malgré ses atouts, le PER n’est pas exempt de défauts. L’un des principaux écueils concerne les frais parfois élevés : frais d’entrée, frais de gestion ou encore frais d’arbitrage peuvent réduire significativement la performance globale du placement. « Il faut faire attention aux frais et les négocier », insiste Philippe Crevel.

Autre point de vigilance : la fiscalité à la sortie. Beaucoup d’épargnants privilégient une sortie en capital, mais celle-ci peut entraîner une imposition importante si les sommes sont retirées en une seule fois. « Le capital ressort dans l’impôt sur le revenu, ce qui peut faire grimper fortement la fiscalité », rappelle l’économiste. Pour limiter cet impact, il recommande d’étaler les retraits sur plusieurs années afin d’éviter de changer brutalement de tranche d’imposition.

Des cas de déblocage anticipé encadrés

Le PER reste avant tout un produit d’épargne retraite, avec des sommes versées bloquées jusqu’au départ à la retraite. Il existe toutefois quelques exceptions permettant un déblocage anticipé : achat de la résidence principale, invalidité, décès du conjoint, surendettement ou cessation d’activité après liquidation judiciaire. Ces cas de figure, bien que limités, offrent une marge de manœuvre pour les épargnants confrontés à des situations exceptionnelles.

Cette relative rigidité explique pourquoi certains Français hésitent encore à y placer une part importante de leur épargne. Pourtant, pour ceux qui souhaitent préparer leur retraite sur le long terme, le PER apparaît désormais comme un outil incontournable. « C’est un produit qui s’impose progressivement », estime Philippe Crevel. « Même si son poids reste encore limité face à l’assurance-vie, sa progression rapide confirme l’intérêt croissant des Français pour les solutions d’épargne retraite. »

Et maintenant ?

La tendance actuelle devrait se poursuivre dans les années à venir, à condition que le contexte économique et fiscal reste favorable. Les prochaines réformes des retraites et les ajustements éventuels de la fiscalité du PER pourraient influencer son attractivité. Les épargnants sont invités à comparer les offres disponibles et à négocier les frais pour maximiser la performance de leur placement. Une chose est sûre : le PER s’inscrit durablement dans le paysage de l’épargne française.

Face à la diversité des solutions d’épargne retraite, comment les Français parviendront-ils à arbitrer entre assurance-vie, PER et autres dispositifs ? La question reste ouverte, alors que les enjeux de long terme pèsent de plus en plus lourd dans les choix financiers des ménages.

Le PER est un produit d’épargne retraite bloqué jusqu’à l’âge de la retraite, sauf exceptions, tandis que l’assurance-vie permet une liquidité immédiate des fonds. En revanche, le PER offre un avantage fiscal à l’entrée (déduction des versements du revenu imposable), alors que l’assurance-vie bénéficie d’une fiscalité avantageuse à la sortie après huit ans.

Oui, mais uniquement dans des cas précis : achat de la résidence principale, invalidité, décès du conjoint, surendettement ou cessation d’activité après liquidation judiciaire. Ces déblocages anticipés sont strictement encadrés par la loi.