Le dessinateur belge Philippe Geluck a annoncé, jeudi 18 juin 2026, qu’il mettait un terme à son projet de musée dédié à son célèbre personnage, Le Chat, à Bruxelles. Selon Le Figaro, cette décision fait suite à une hausse vertigineuse des coûts du chantier, passée de 4,5 à 7 millions d’euros en dix ans pour les aménagements intérieurs, et de 4 à 15 millions d’euros pour les travaux de gros œuvre. Geluck a évoqué une « équation impossible à résoudre » pour lui, malgré l’engagement initial du projet.

Ce qu'il faut retenir

  • Un projet initialement prévu pour 2019 : le musée devait ouvrir dans un bâtiment réhabilité du centre de Bruxelles, à proximité du palais royal.
  • Des coûts multipliés par trois : la facture pour la région Bruxelles-Capitale est passée de 4 à 15 millions d’euros, tandis que la part à la charge de Geluck est passée de 4,5 à 7 millions d’euros.
  • Un retard de chantier estimé : Geluck doute que le gros œuvre soit terminé pour septembre 2026, évoquant plutôt décembre comme échéance probable.
  • Un partenariat rompu : le dessinateur se retire du projet, laissant la région chercher un repreneur pour le bâtiment.
  • Une référence de la BD belge en jeu : Le Chat, créé dans les années 1980, compte 25 albums et incarne une icône culturelle.

Un projet pharaonique devenu ingérable

Philippe Geluck, créateur du personnage emblématique Le Chat, a justifié son retrait du projet par l’impossibilité de financer les aménagements intérieurs, désormais estimés à 7 millions d’euros. « Ce n’est pas un caprice, c’est simplement injouable », a-t-il déclaré à l’AFP, soulignant que la hausse des coûts, liée notamment aux crises économiques et géopolitiques, avait rendu le projet ingérable pour lui. Geluck, qui devait occuper le bâtiment en tant que locataire, a rappelé que les devis initiaux dataient de 2016, avant les multiples crises ayant fait flamber les prix des matériaux et de la main-d’œuvre.

Des retards accumulés et une région sous pression

Outre la question financière, le chantier a pris un retard considérable. Geluck a exprimé ses doutes quant à la date de remise des clés annoncée par la région Bruxelles-Capitale pour septembre 2026 : « Je parie que ce ne sera pas avant décembre, il reste beaucoup de choses à faire », a-t-il confié. Arnaud Carlot, conseiller du chef de l’exécutif régional Boris Dilliès, a confirmé à Le Figaro que les coûts du gros œuvre avaient atteint 15 millions d’euros, contre 4 millions prévus initialement. La région a déploré que Geluck « retire la prise lui-même dans le dernier kilomètre du marathon », tout en reconnaissant les difficultés accumulées.

Un patrimoine culturel en suspens

Le projet, baptisé Musée du Chat et du dessin d’humour, devait s’installer dans un bâtiment historique du centre de Bruxelles, à quelques pas du palais royal. À sa création en 2015, Geluck avait salué l’opportunité unique de créer un lieu dédié à son personnage : « Pour un enfant né à Bruxelles, on ne peut rêver d’un endroit plus prestigieux. » Pourtant, après dix ans de travaux, le musée n’a toujours pas vu le jour. Le Chat, créé dans les années 1980, reste l’une des figures majeures de la bande dessinée belge, avec 25 albums à son actif. Le bâtiment, propriété de la région, reste techniquement dédié à ce projet culturel, mais son avenir est désormais incertain.

« Les crises, les guerres, Ormuz... Tout cela a fait exploser les prix par rapport aux devis réalisés en 2016. La facture a quasiment doublé. Je me suis retiré. Ce n’est pas un caprice, c’est simplement injouable, l’équation est impossible à résoudre pour moi. »
Philippe Geluck, à l’AFP, le 18 juin 2026

Une région en quête d’un repreneur

Arnaud Carlot, conseiller de Boris Dilliès, a indiqué que Geluck s’efforçait désormais d’aider la région à trouver un repreneur pour le bâtiment. Cependant, les modalités de rupture de la convention de partenariat sont désormais entre les mains d’avocats, selon Le Figaro. La région, confrontée à une facture bien supérieure aux prévisions, cherche à sauver le projet en le confiant à un nouvel acteur. Geluck, qui avait été l’initiateur et le promoteur de ce musée, se retrouve ainsi dans une position délicate : il a tenté de concilier son engagement culturel avec les réalités économiques, avant d’admettre l’échec de cette équation.

Et maintenant ?

La région Bruxelles-Capitale doit désormais trouver un nouveau porteur de projet pour le musée, alors que les retards s’accumulent et que les coûts restent élevés. Geluck, de son côté, pourrait continuer à soutenir des initiatives culturelles liées à son personnage, mais sans s’impliquer dans un nouveau chantier. Quant au bâtiment, son avenir dépendra des discussions en cours entre la région et les avocats, ainsi que de la capacité à attirer un repreneur capable de financer les aménagements restants. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si le musée du Chat pourra enfin ouvrir ses portes.

Un symbole de la fragilité des projets culturels ambitieux

L’abandon du Musée du Chat illustre les défis auxquels sont confrontés les grands projets culturels en Europe, où les coûts des chantiers publics explosent sous l’effet de l’inflation et des tensions géopolitiques. Pour Philippe Geluck, ce projet représentait bien plus qu’un simple musée : il s’agissait de créer un lieu de mémoire dédié à un personnage qui a marqué plusieurs générations de lecteurs. Pourtant, malgré l’engagement initial et le prestige du lieu choisi, les réalités économiques ont eu raison de ce rêve. Bref, le musée du Chat restera-t-il à jamais un projet inachevé, ou parviendra-t-on à lui donner une seconde vie ?

Les coûts ont explosé en raison de l’inflation, des crises économiques et géopolitiques (comme la guerre en Ukraine ou les tensions à Ormuz), ainsi que des retards accumulés sur le chantier de gros œuvre. Les devis initiaux, établis en 2016, n’ont pas résisté à cette hausse généralisée des prix des matériaux et de la main-d’œuvre.

La région Bruxelles-Capitale cherche actuellement un repreneur pour le bâtiment. Les modalités de rupture du partenariat avec Philippe Geluck sont en cours d’examen par les avocats. Si aucun repreneur ne se manifeste, le projet pourrait être abandonné ou profondément revu.