En France, les propriétaires de piscines privées sont souvent pointés du doigt lors des épisodes de sécheresse, alors que des gestes simples permettent de limiter significativement leur consommation d’eau. Ouest France s’est penché sur ces solutions, alors que les restrictions hydriques se multiplient dans le pays.

Ce qu'il faut retenir

  • La France compte 3,5 millions de piscines privées (enterrées ou hors-sol), selon les dernières estimations disponibles.
  • Les propriétaires peuvent adopter des gestes simples pour réduire la consommation d’eau, comme l’utilisation de bâches ou le nettoyage des filtres.
  • Un entretien régulier évite de vider et de remplir la piscine trop fréquemment.
  • Les régions du sud et de l’ouest de la France, déjà touchées par la sécheresse, sont particulièrement concernées par ces enjeux.

Avec la hausse des températures et la récurrence des sécheresses, les piscines privées deviennent un sujet de débat. Pourtant, Ouest France souligne que ces équipements peuvent être utilisés de manière plus responsable, sans pour autant renoncer à leur fonction récréative.

L’une des solutions les plus efficaces consiste à éviter de changer l’eau chaque année. En effet, un entretien rigoureux permet de maintenir la qualité de l’eau pendant plusieurs saisons. « Une piscine bien entretenue peut conserver son eau pendant trois à cinq ans », explique un expert cité par le quotidien. Ce geste réduit non seulement la consommation d’eau, mais aussi les coûts associés au remplissage et au traitement chimique.

Parmi les bonnes pratiques recommandées, l’utilisation d’une bâche de protection figure en tête de liste. Elle limite l’évaporation, réduit la prolifération d’algues et limite l’accumulation de débris. « Une bâche bien choisie peut diviser par deux les pertes d’eau par évaporation », précise un professionnel du secteur. Les propriétaires sont également encouragés à nettoyer régulièrement les filtres et à vérifier l’équilibre chimique de l’eau pour éviter les gaspillages inutiles.

Ces mesures s’avèrent d’autant plus pertinentes dans les régions déjà confrontées à des restrictions hydriques. Les départements du sud de la France, comme le Var ou les Bouches-du-Rhône, ainsi que certaines zones de l’ouest, enregistrent des niveaux de sécheresse élevés. « Dans ces territoires, chaque litre compte », rappelle un responsable de l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse. Les piscines privées, souvent critiquées pour leur consommation, pourraient ainsi devenir un modèle d’économie d’eau.

Pourtant, malgré ces solutions, certaines pratiques persistent. Une étude récente révèle que près de 40 % des propriétaires vident leur piscine chaque année, parfois par méconnaissance ou par facilité. « Beaucoup ne réalisent pas que des gestes simples suffisent à préserver la qualité de l’eau », souligne un spécialiste interrogé par Ouest France. Une campagne d’information, menée par les syndicats professionnels, vise justement à sensibiliser le public à ces alternatives.

Et maintenant ?

Les prochains mois pourraient voir se multiplier les initiatives locales pour encourager les propriétaires à adopter des pratiques plus durables. Certaines communes envisagent déjà d’intégrer des bonus écologiques pour les piscines équipées de systèmes de récupération d’eau de pluie. Une mesure qui pourrait être généralisée dès l’été 2027, si les résultats des tests en cours s’avèrent concluants.

Face à la pression environnementale, les acteurs du secteur réfléchissent aussi à des solutions innovantes, comme l’intégration de systèmes de filtration plus performants ou l’utilisation d’énergies renouvelables pour chauffer l’eau. Reste à savoir si ces initiatives suffiront à transformer durablement les habitudes des Français.

Les experts recommandent d’abord l’utilisation d’une bâche pour limiter l’évaporation, puis de nettoyer régulièrement les filtres et de vérifier l’équilibre chimique de l’eau. Un entretien rigoureux permet souvent de conserver l’eau pendant plusieurs années.