Selon Ouest France, une étude publiée ce jeudi 18 juin 2026 par l’association StopVOG révèle que le consentement des patientes lors des consultations ou examens gynécologiques reste « encore largement entravé ». Les résultats, basés sur des témoignages de plus de 80 % des personnes interrogées sur dix, mettent en lumière des manquements répétés à l’autonomie des femmes dans le cadre médical.
Ce qu'il faut retenir
- 80 % des femmes interrogées déclarent avoir subi au moins une atteinte à leur consentement lors d’un examen gynécologique, selon l’étude de StopVOG publiée le 18 juin 2026.
- L’association StopVOG, spécialisée dans la lutte contre les violences gynécologiques et obstétricales, souligne des pratiques encore trop courantes malgré les avancées législatives.
- Les atteintes au consentement incluent des examens pratiqués sans information préalable, des gestes imposés ou des propos minimisant les refus des patientes.
Une étude qui confirme des pratiques dénoncées de longue date
L’enquête menée par StopVOG s’appuie sur les retours de plusieurs milliers de femmes, toutes ayant consulté un professionnel de santé pour un examen gynécologique ou obstétrical. Plus de 80 % d’entre elles rapportent avoir vécu au moins une situation où leur consentement n’a pas été pleinement respecté. Ces témoignages, recueillis sur plusieurs mois, dessinent un tableau alarmant de pratiques médicales où l’autonomie des patientes est encore trop souvent sacrifiée sur l’autel de l’habitude ou de la précipitation.
Parmi les cas les plus fréquemment cités figurent des examens réalisés sans explication préalable, des gestes techniques appliqués sans demande explicite, ou encore des remarques dévalorisantes en cas de refus. Certains professionnels, interrogés dans le cadre de l’étude, justifient ces comportements par un manque de temps ou une méconnaissance des droits des patientes. Pourtant, la loi encadre strictement le consentement éclairé en matière de santé, rappelle StopVOG.
Un problème persistant malgré les avancées législatives
La France dispose pourtant d’un cadre légal relativement protecteur. Depuis la loi de 2002 relative aux droits des patients, le consentement éclairé est une obligation pour tout acte médical. En 2021, la loi « Rist » a renforcé ces dispositions en insistant sur l’information systématique des patientes, notamment en matière de gynécologie. Pourtant, selon les auteurs de l’étude, ces textes restent trop souvent ignorés dans la pratique quotidienne. Céline Piques, porte-parole de StopVOG, souligne que « malgré les campagnes de sensibilisation, les mentalités peinent à évoluer ».
L’association pointe également le rôle des formations initiales et continues des professionnels de santé, qu’elle juge encore insuffisantes sur ces questions. « On constate que les médecins et sages-femmes sont peu formés à la gestion du consentement, surtout dans un contexte où la charge de travail est élevée », explique-t-elle. Pour StopVOG, une refonte des programmes universitaires et une obligation de formation continue sur ces sujets s’imposent.
« Le consentement ne doit pas être une formalité administrative, mais une réalité concrète, respectée à chaque étape de l’examen. »
Céline Piques, porte-parole de StopVOG
Quelles solutions pour faire évoluer les pratiques ?
Face à ces constats, StopVOG formule plusieurs propositions pour améliorer la situation. L’association demande notamment l’instauration d’un questionnaire systématique en fin de consultation, permettant aux patientes de signaler anonymement d’éventuels manquements. Une idée déjà testée dans certains établissements, avec des résultats encourageants. Autre piste évoquée : la généralisation des « consultations préventives » où le déroulement de l’examen est expliqué en détail avant même qu’il ne commence.
Sur le plan institutionnel, StopVOG appelle à une meilleure application des sanctions prévues par la loi. Aujourd’hui, les recours restent rares, en partie par méconnaissance des droits, mais aussi par crainte de représailles. « Les femmes hésitent à porter plainte, de peur de ne pas être prises au sérieux ou d’être stigmatisées », précise Céline Piques. L’association milite donc pour un meilleur accompagnement des victimes et une campagne nationale d’information sur les recours possibles.
En attendant, StopVOG annonce qu’elle poursuivra ses actions de plaidoyer, avec notamment une pétition nationale lancée ce 18 juin, demandant l’adoption d’un « droit à l’information systématique » avant tout examen gynécologique ou obstétrical. Une initiative qui pourrait, si elle rencontre un écho suffisant, faire bouger les lignes dans les mois à venir.
Le consentement éclairé est l’accord donné par une patiente après avoir reçu toutes les informations nécessaires sur un acte médical (nature, risques, alternatives). Il doit être libre, spécifique et revocable à tout moment. En France, il est encadré par la loi depuis 2002 et renforcé par la loi « Rist » de 2021.