Neuf organisations syndicales de sapeurs-pompiers ont appelé, ce vendredi 7 août 2026, à la démission d’Olivier Richefou, président de la Conférence nationale des Services d’Incendie et de Secours (CNSIS). Selon Le Figaro, cette mobilisation fait suite à des propos tenus par le responsable le 5 août sur France 3 Pays de la Loire, au cours desquels il a affirmé que « nous ne manquons pas d’effectifs du côté des pompiers professionnels ».

L’intersyndicale, regroupant des syndicats majeurs du secteur, dénonce dans un communiqué une « déconnexion coupable avec la réalité opérationnelle » du pays. Pour ces organisations, les déclarations d’Olivier Richefou illustrent un « déni de réalité » face à une situation jugée critique au sein des services de secours. Parmi les signataires figurent la CGT, FO et l’Unsa, entre autres. Le Figaro précise que cette prise de position syndicale s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes au sein de la profession, déjà sous pression en raison des vagues de chaleur estivales et de la gestion des incendies.

Ce qu'il faut retenir

  • Neuf syndicats de pompiers réclament la démission d’Olivier Richefou, président de la CNSIS et du conseil départemental de la Mayenne, après ses déclarations du 5 août sur les effectifs des pompiers professionnels.
  • Les syndicats accusent le responsable d’un « déni de réalité » et d’une « déconnexion coupable » avec le terrain, alors que la profession dénonce des effectifs insuffisants.
  • Les organisations syndicales estiment que « la ligne rouge de la rupture capacitaire est franchie », évoquant un système de sécurité civile « en faillite ».
  • Olivier Richefou a également suscité la polémique en qualifiant les salaires des pompiers de « confortables », ce qui a été vivement contesté par les intéressés.
  • Les syndicats ont adressé une lettre ouverte au président de la République pour exiger son remplacement à la tête de la CNSIS, instance consultative composée d’élus locaux et de représentants de l’État.

Des propos jugés « outranciers » par les syndicats

Dans une interview accordée à France 3 Pays de la Loire, Olivier Richefou avait estimé que « nous ne manquons pas d’effectifs du côté des pompiers professionnels », une affirmation qualifiée d’« outrancière » par les syndicats. Selon Le Figaro, ces propos ont été perçus comme une provocation dans un contexte où les services d’incendie et de secours alertent régulièrement sur leurs difficultés à faire face aux missions quotidiennes et aux crises majeures.

Les organisations syndicales dénoncent un « système de sécurité civile acculé à choisir entre éteindre les incendies estivaux ou garantir le secours d’urgence quotidien », décrivant une situation proche de « la faillite ». Peter Gurruchaga, élu CGT du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS), a expliqué au Figaro que « le recours aux sapeurs-pompiers volontaires permet de faire des économies substantielles et de compenser le manque de moyens humains chez les professionnels ». Pour les syndicats, promouvoir le volontariat revient à une « rustine comptable » plutôt qu’à une solution structurelle.

Un salaire « confortable » pour les pompiers ? Les intéressés disent non

Autre point de friction : les propos d’Olivier Richefou sur la rémunération des pompiers. Lors de son intervention, il avait affirmé : « Ils sont, pardon de le dire, rémunérés d’une façon plus importante que d’autres fonctionnaires territoriaux, parce qu’ils prennent des risques majeurs ». Une déclaration qui a suscité une réponse cinglante de la part des sapeurs-pompiers. « Notre salaire ne rémunère pas des privilèges, il finance un bouclier opérationnel permanent », a réagi l’intersyndicale.

Peter Gurruchaga, interrogé par Le Figaro, a réagi avec indignation : « Connaissez-vous beaucoup de métiers où l’on travaille 24 heures pour être payé 16 ? » Il a également dénoncé la description de ses collègues comme des « nantis de la République », soulignant que les conditions de travail des pompiers — horaires extensifs, risques constants — ne correspondent en rien à une situation de privilège.

Une lettre ouverte au président de la République

Pour amplifier leur pression, les neuf syndicats ont adressé une lettre ouverte au président de la République, Emmanuel Macron, exigeant le « remplacement » d’Olivier Richefou à la tête de la CNSIS. Selon Le Figaro, cette instance, parfois surnommée le « Parlement des pompiers », est composée d’élus locaux, de représentants de l’État et de sapeurs-pompiers. Elle se réunit plusieurs fois par an pour émettre des avis sur des textes réglementaires et législatifs relatifs à la sécurité civile.

La CNSIS, créée en 2025, joue un rôle consultatif central dans l’élaboration des politiques publiques en matière de secours. Les syndicats estiment que sa direction actuelle ne reflète plus les réalités du terrain et appellent à une refonte de sa gouvernance pour répondre aux défis actuels des services d’incendie et de secours.

La défense d’Olivier Richefou face aux critiques

Contacté par Le Figaro, Olivier Richefou a tenté de justifier ses propos, déplorant que ses déclarations aient été « résumées à une formule qui ne reflète pas le sens de [son] intervention ». Dans un communiqué de presse, il a rappelé que « notre modèle a démontré sa solidité grâce à la complémentarité entre professionnels et volontaires », tout en soulignant « la nécessité de préparer les crises de demain ».

Le président de la CNSIS a également appelé à « dépasser les polémiques » pour se concentrer sur « les solutions ». Malgré cette tentative de clarification, les syndicats de pompiers maintiennent leur demande de démission, estimant que les propos d’Olivier Richefou révèlent une incompréhension profonde des enjeux du secteur.

Et maintenant ?

La situation pourrait évoluer rapidement dans les prochains jours, alors que les syndicats attendent une réponse du palais de l’Élysée à leur lettre ouverte. Une réunion de crise entre les parties prenantes est envisagée, bien que sa date n’ait pas encore été officiellement annoncée. Les prochaines échéances incluent également les discussions budgétaires pour 2027, qui pourraient voir l’exécutif accorder des moyens supplémentaires aux services d’incendie et de secours.

Reste à savoir si le gouvernement donnera suite aux demandes de démission, ou s’il privilégiera une médiation pour apaiser les tensions au sein d’un secteur déjà fragilisé par des années de sous-financement et de tensions sociales.

L’affaire illustre en tout cas les fractures persistantes entre les responsables politiques et les acteurs de terrain, dans un contexte où les services de secours doivent faire face à des défis croissants : vagues de chaleur à répétition, incendies majeurs, et une charge mentale et physique de plus en plus lourde pour les sapeurs-pompiers.

Olivier Richefou est le président de la Conférence nationale des Services d’Incendie et de Secours (CNSIS) depuis 2025. Il est également président du conseil départemental de la Mayenne. La CNSIS est une instance consultative qui rassemble des élus locaux, des représentants de l’État et des sapeurs-pompiers. Elle émet des avis sur des textes réglementaires et législatifs liés à la sécurité civile.

Neuf organisations syndicales ont signé la lettre ouverte, dont la CGT, FO et l’Unsa. Ces syndicats représentent une large partie des sapeurs-pompiers en France et dénoncent une « déconnexion coupable » du responsable avec la réalité du terrain.