Mercredi 20 mai 2026, le président russe Vladimir Poutine a rencontré son homologue chinois Xi Jinping à Pékin pour signer un nouveau pacte de coopération, alors que l’Europe et les États-Unis espéraient que la Chine réduise son soutien à Moscou dans le cadre de la guerre en Ukraine. Selon Euronews FR, cette visite s’est déroulée dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques, notamment après le récent déplacement du président américain Donald Trump en Asie.

Ce qu'il faut retenir

  • Poutine et Xi ont signé une déclaration conjointe qualifiant leur lien d’« inébranlable », incluant un renforcement de la coopération militaire.
  • La Chine maintient son appui économique, militaire et diplomatique à la Russie, malgré les sanctions européennes et américaines.
  • Xi Jinping a appelé à la fin des conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, tout en proposant un plan en quatre points pour stabiliser la région.
  • L’Union européenne peine à isoler la Russie, la Chine continuant d’offrir à Moscou un partenaire commercial essentiel.
  • Un accord de principe semble avoir été trouvé sur le gazoduc « Force de Sibérie 2 », mais aucun détail n’a été rendu public.

Une alliance « inébranlable » entre Moscou et Pékin

Le voyage de Vladimir Poutine en Chine, mercredi 20 mai 2026, s’est conclu par la signature d’une déclaration conjointe qui marque une nouvelle étape dans les relations entre les deux pays. Selon Euronews FR, le texte met en avant un « renforcement des relations de bon voisinage et d’amitié », tout en prévoyant une coopération accrue entre leurs forces armées. « Côté Kremlin, on évoque une alliance inébranlable, tandis que Pékin maintient une neutralité affichée sur la guerre en Ukraine, même si la Chine suit de près l’issue du conflit », précise l’article.

Cette visite survient alors que l’Europe et les États-Unis espéraient que la Chine réduise son soutien à la Russie, notamment en limitant les exportations de technologies et de biens stratégiques. Pourtant, depuis le lancement de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par Moscou en février 2022, Pékin joue un rôle clé dans l’économie russe, fournissant un appui déterminant pour permettre à Vladimir Poutine de poursuivre son effort de guerre malgré des pertes humaines et matérielles croissantes.

« Les États-Unis et l’Europe espéraient qu’en coupant Moscou de l’aide chinoise, ils pourraient infléchir le cours du conflit. Pourtant, ce déplacement n’a guère dû les rassurer », analyse Euronews FR.

Un accueil chaleureux et des symboles forts

Vladimir Poutine a été reçu mardi 19 mai au soir à Pékin par le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, ainsi que par une garde d’honneur. Selon les images relayées par les médias, le président russe a été accueilli par des jeunes agitant des drapeaux chinois et russes, scandant « Bienvenue, bienvenue, chaleureuse bienvenue ! » — une tradition héritée de l’ère soviétique. Xi Jinping a salué son homologue russe comme un « cher ami », soulignant la solidité de leur relation.

Cette démonstration de proximité survient à un moment où les tensions entre l’Occident et la Chine s’intensifient. « Le Kremlin a nié tout lien entre la visite de Poutine et celle de Donald Trump en Chine quelques jours plus tôt, mais le calendrier a fait sourciller, notamment en Europe, où les craintes de voir l’Union européenne reléguée au second plan sur la scène internationale ne cessent de grandir », note Euronews FR.

Moyen-Orient : Xi Jinping plaide pour la désescalade

En marge de leurs discussions, Xi Jinping a abordé la situation au Moyen-Orient, où les tensions restent vives. Selon l’agence de presse officielle Xinhua, le président chinois a proposé quatre mesures pour préserver la paix et la stabilité dans la région, incluant un renforcement du consensus international et la fin des hostilités. « Mettre fin au conflit contribuerait à réduire les perturbations sur les marchés de l’énergie et les chaînes d’approvisionnement », a-t-il déclaré.

Ces propos interviennent alors que les prix du pétrole ont légèrement reculé mercredi après des informations faisant état du passage de plusieurs pétroliers dans le détroit d’Ormuz, mais qu’ils restent à un niveau élevé. Donald Trump a indiqué plus tôt cette semaine avoir annulé une attaque contre l’Iran, tout en maintenant la menace d’une offensive « totale et de grande ampleur » si aucun accord de paix « acceptable » n’était trouvé.

L’Europe isolée face à la résistance sino-russe

L’Union européenne tente depuis 2022 d’isoler Moscou en imposant des sanctions ciblant les secteurs énergétique, financier et technologique russes. Pourtant, selon Euronews FR, la Chine continue de jouer un rôle crucial pour l’économie russe, en offrant à Moscou un débouché commercial majeur qui compense en partie les pertes subies en Europe, notamment dans le secteur gazier.

Pékin, de son côté, cherche à diversifier ses approvisionnements énergétiques et à éviter de dépendre de points de passage stratégiques comme le détroit d’Ormuz. Un projet de gazoduc, « Force de Sibérie 2 », pourrait jouer un rôle clé dans cette stratégie. Long de 2 600 kilomètres, ce pipeline pourrait acheminer jusqu’à 50 milliards de mètres cubes de gaz par an vers la Chine, offrant ainsi au Kremlin une source de revenus essentielle. Si aucun accord final n’a été annoncé mercredi, Euronews FR indique qu’un accord de principe semble avoir été trouvé entre les deux pays.

Et maintenant ?

Les prochains mois pourraient voir se préciser les contours de l’alliance sino-russe, notamment sur le plan énergétique et militaire. La finalisation du gazoduc « Force de Sibérie 2 » et les discussions sur le soutien chinois à l’effort de guerre russe en Ukraine restent des sujets à surveiller. Par ailleurs, les propositions de Xi Jinping pour le Moyen-Orient pourraient donner lieu à des initiatives diplomatiques dans les semaines à venir, alors que les tensions entre l’Iran et les États-Unis persistent.

Une chose est sûre : l’Europe et les États-Unis devront composer avec une relation sino-russe renforcée, qui limite leur capacité à influencer le cours de la guerre en Ukraine ou à stabiliser le Moyen-Orient.

Selon Euronews FR, Washington et Bruxelles tablaient sur le fait que, en limitant l’accès de la Russie aux technologies et aux marchés chinois, Moscou serait affaibli économiquement et militairement, ce qui pourrait influencer le cours de la guerre en Ukraine. La Chine étant un partenaire commercial clé pour la Russie, son retrait aurait pu fragiliser l’effort de guerre russe.