Selon Libération, la revue scientifique Emerging Infectious Diseases publie dans son édition de juin 2026 des travaux menés par des médecins français. Ces derniers y rapportent la découverte de premiers cas de transmission interhumaine de la bactérie responsable de la dermatophilose, une infection cutanée peu commune en Europe.

Ce qu'il faut retenir

  • Première observation en France de transmissions interhumaines de la bactérie Dermatophilus congolensis, agent de la dermatophilose.
  • Les échanges se seraient produits par contact direct peau contre peau entre individus.
  • Cette infection, courante chez les animaux, reste exceptionnelle chez l’humain en Europe.
  • La revue Emerging Infectious Diseases publie ces observations dans son numéro de juin 2026.

Une infection habituellement animale désormais transmissible entre humains

Longtemps considérée comme une pathologie principalement animale, la dermatophilose pourrait désormais s’étendre à l’humain via des transmissions directes. Jusqu’ici, les cas humains étaient extrêmement rares et généralement liés à des contacts avec des animaux infectés. Libération précise que les médecins français ont identifié plusieurs cas où la bactérie Dermatophilus congolensis aurait été transmise entre individus, sans lien préalable avec un animal.

Cette découverte soulève des questions sur la capacité d’adaptation de la bactérie et sur les mécanismes de transmission interhumaine. Les symptômes, similaires à ceux observés chez les animaux, incluent des lésions cutanées suintantes et croûteuses. Les patients concernés auraient été pris en charge dans des services de dermatologie en France, sans que leur état ne présente de gravité particulière.

Des mécanismes de transmission encore à éclaircir

Les chercheurs n’ont pas encore déterminé avec précision les conditions dans lesquelles ces transmissions interhumaines ont eu lieu. « Les contacts peau contre peau prolongés pourraient jouer un rôle central », a expliqué le Dr Sophie Martin, dermatologue à l’hôpital Saint-Louis à Paris et co-auteur de l’étude. Elle a ajouté que « d’autres facteurs, comme l’état du système immunitaire des patients, pourraient aussi influencer la propagation ».

La revue Emerging Infectious Diseases, publiée par les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) américains, a retenu ces observations pour son édition de juin. Cette reconnaissance scientifique confirme la pertinence des travaux menés par l’équipe française. Les auteurs insistent cependant sur la nécessité de poursuivre les recherches pour comprendre l’ampleur réelle du phénomène.

Un enjeu de santé publique à surveiller

La dermatophilose, bien que généralement bénigne chez l’humain, pourrait devenir un sujet de vigilance sanitaire si sa transmission interhumaine se confirmait. Jusqu’à présent, les autorités sanitaires françaises n’ont pas émis d’alerte particulière, mais les spécialistes appellent à une surveillance accrue. « Il est trop tôt pour parler d’épidémie », a tempéré le Pr Jean-François Nicolas, infectiologue au CHU de Lyon. « Mais cette découverte rappelle l’importance de surveiller les zoonoses », ces maladies transmissibles entre animaux et humains, a-t-il ajouté.

Les experts soulignent que la bactérie Dermatophilus congolensis est largement répandue dans les régions tropicales et subtropicales, où elle affecte notamment le bétail. Son adaptation à l’humain en Europe interroge les scientifiques sur les effets possibles du réchauffement climatique ou des modifications des écosystèmes.

Et maintenant ?

Les chercheurs français et internationaux devraient prochainement publier des recommandations pour renforcer la surveillance de cette infection. Une réunion de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) est prévue en septembre 2026 afin d’évaluer les risques potentiels liés à cette transmission interhumaine. En attendant, les autorités sanitaires recommandent une vigilance accrue, notamment chez les personnes en contact régulier avec des animaux ou présentant des lésions cutanées inexpliquées.

Cette découverte, bien que limitée à quelques cas, ouvre un nouveau chapitre dans l’étude des maladies émergentes. Les experts restent prudents, mais reconnaissent l’importance de ces observations pour anticiper d’éventuels risques futurs.

Les symptômes incluent des lésions cutanées suintantes et croûteuses, similaires à celles observées chez les animaux. Les patients peuvent également ressentir des démangeaisons et une inflammation locale. Ces signes doivent inciter à consulter un dermatologue pour un diagnostic précis.

Pour l’heure, les autorités sanitaires ne signalent aucun risque d’épidémie. La transmission interhumaine reste exceptionnelle, et les cas identifiés sont isolés. Cependant, une surveillance renforcée est recommandée pour éviter toute propagation incontrôlée.