Quelques jours après sa démission de la direction du Parti socialiste (PS), le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Boris Vallaud, a appelé ce lundi 11 mai 2026 la gauche à s’unir « de Glucksmann à Ruffin » en vue de la présidentielle de 2027. Selon BFM - Politique, il propose pour cela la tenue de « rencontres de la nouvelle gauche plurielle » plutôt qu’une primaire, qu’il juge susceptible d’ouvrir « des cicatrices ».

Ce qu'il faut retenir

  • Le 8 mai 2026, Boris Vallaud a démissionné de la direction du PS, évoquant un parti « défaillant » et une « direction qui ne construisait pas »
  • Il rejette l’idée d’une primaire à gauche et propose à la place des « rencontres de la nouvelle gauche plurielle », incluant des figures comme Olivier Faure ou François Ruffin
  • Vallaud critique l’absence de mobilisation du PS face à la montée de l’extrême droite, qualifiée de « menace mortelle pour la démocratie »
  • Olivier Faure, Premier secrétaire du PS, a réagi en appelant à « éviter toute forme d’irresponsabilité » et à préparer un candidat commun pour 2027
  • Les deux hommes s’opposent sur la méthode : Vallaud insiste sur le consensus, tandis que Faure défend une candidature unique issue d’un accord global

Une démission présentée comme un « sursaut » pour le PS

Dans un entretien diffusé sur France Inter ce lundi 11 mai 2026, Boris Vallaud a justifié sa démission de la tête du PS par la nécessité de « construire un consensus » au sein de la gauche. Il a déclaré que le parti n’était « pas prêt » pour affronter la présidentielle de 2027, pointant du doigt la montée du Rassemblement national (RN). « L’extrême droite, les ennemis mortels de la démocratie, sont aux portes du pouvoir, tout le monde est en campagne, pas nous, je ne savais plus où nous allions », a-t-il expliqué. Pour lui, cette démission n’est « pas une crise, c’est un sursaut », soulignant que le PS doit désormais se mettre « en ordre de bataille ».

Boris Vallaud a également critiqué la méthode de gouvernance d’Olivier Faure, Premier secrétaire du PS, l’accusant de « décider seul » et de refuser le « dialogue ». Pourtant, il a tenu à préciser : « Ce n’est pas une question de personne, c’est une histoire de travail collectif ». Il a réitéré son opposition à une primaire de gauche, qu’il juge contre-productive : « Je fais cette proposition à Marine Tondelier, à Olivier Faure, à Clémentine Autain, à François Ruffin. Une primaire ouvrirait des cicatrices, il faut construire un consensus ».

Un appel à l’union « de Glucksmann à Ruffin »

Pour éviter les divisions, Boris Vallaud mise sur des « rencontres de la nouvelle gauche plurielle », une initiative qu’il a présentée comme une alternative à une primaire. « Je souhaite construire un consensus, surpasser les divergences. Nous en sommes capables, nous allons le devoir », a-t-il affirmé. Il a ainsi lancé un appel à l’unité « de Glucksmann à Ruffin », évoquant les noms de figures clés de la gauche, qu’elles soient écologistes, socialistes ou insoumis.

Dans sa lettre de démission, Boris Vallaud reprochait à la direction du PS de manquer de « dialogue et de recherche de compromis ». Il a réitéré ce point sur France Inter, insistant sur la nécessité d’un « calendrier » pour voter sur un programme, un candidat et un accord pour les prochaines législatives. « Ma démission ne dit pas que c’est foutu, elle veut dire : ce n’est pas trop tard, pour peu que l’on se mobilise », a-t-il conclu.

Olivier Faure défend une candidature unique et met en garde contre l’irresponsabilité

De son côté, Olivier Faure a réagi vivement aux propos de Boris Vallaud en l’appelant ce lundi 11 mai sur France Info à « éviter à tout prix toute forme d’irresponsabilité ». Il a rappelé que « l’extrême droite peut l’emporter » et a défendu son travail pour rassembler la gauche non mélenchoniste autour d’un projet commun. « Depuis des semaines, voire des mois, des années, je cherche à rassembler l’ensemble de la gauche non mélenchoniste pour pouvoir avoir une candidature qui permette d’accéder au second tour, et au second tour de rassembler les Français et les Françaises face à l’extrême droite et de l’emporter », a-t-il déclaré.

Olivier Faure a également affirmé que ses efforts visaient à « convoquer une nouvelle gauche plurielle », rappelant qu’il avait déjà engagé des discussions avec Boris Vallaud. « C’est ce que nous avons encore fait cette semaine, y compris avec lui, je cherche une solution qui permette à tous et à toutes d’avancer », a-t-il souligné, excluant toute démission de sa part. Il a par ailleurs défendu l’idée d’un « candidat commun » pour la présidentielle, tout en reconnaissant que cela pourrait mener à « une défaite honteuse » si l’union n’était pas scellée à temps.

Un PS en quête d’unité face à la menace de l’extrême droite

Cette crise au sein du PS survient alors que la gauche française est sous pression face à la montée des intentions de vote pour le RN. Boris Vallaud a insisté sur l’urgence à s’unir, tandis qu’Olivier Faure a mis en garde contre les divisions qui pourraient affaiblir la gauche. Les deux hommes s’accordent cependant sur un point : l’extrême droite représente une menace existentielle pour la démocratie française.

Les prochains mois s’annoncent cruciaux pour le PS, qui doit trancher entre deux visions : celle d’un consensus large, portée par Boris Vallaud, et celle d’une candidature unique, défendue par Olivier Faure. Les discussions internes et les initiatives pour fédérer la gauche devraient s’intensifier d’ici la fin de l’année 2026, en vue de préparer la présidentielle de 2027.

Et maintenant ?

La gauche française entre désormais dans une phase de négociations intenses pour éviter une nouvelle division lors de la présidentielle de 2027. Les « rencontres de la nouvelle gauche plurielle » proposées par Boris Vallaud pourraient servir de cadre aux discussions, mais leur succès dépendra de la capacité des différents courants à surmonter leurs divergences. De son côté, Olivier Faure devrait poursuivre ses efforts pour aboutir à un accord sur un candidat commun, une échéance qui reste incertaine d’ici la fin de l’année. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si le PS et ses alliés parviendront à présenter une alternative crédible face au RN.

Si l’union de la gauche reste un objectif partagé, les méthodes pour y parvenir divisent. La capacité des socialistes à surmonter leurs divisions internes pourrait bien conditionner leur survie politique dans les années à venir.

Une primaire est un processus électoral interne à un parti ou une coalition pour désigner un candidat, souvent ouvert aux adhérents et sympathisants. Les « rencontres de la nouvelle gauche plurielle » proposées par Boris Vallaud visent, elles, à organiser des discussions informelles entre les différents courants de la gauche (socialistes, écologistes, insoumis, etc.) pour aboutir à un consensus, sans passer par un vote formel. L’objectif est d’éviter les divisions que pourrait engendrer une primaire.

Le PS doit d’abord trancher entre les deux visions portées par Boris Vallaud et Olivier Faure : soit un consensus large via les « rencontres de la nouvelle gauche plurielle », soit une candidature unique issue d’un accord global. Un calendrier interne devrait être voté dans les prochains mois pour définir un programme, un candidat et des alliances pour les législatives. La date butoir reste la présidentielle de 2027, mais les décisions devront être prises bien avant pour permettre une campagne efficace.