Selon Le Figaro, les prémices d’un duel annoncé pour la présidentielle de 2027 se dessinent déjà entre Édouard Philippe, figure d’Horizons, et Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national. Les tensions entre les deux camps, déjà visibles lors des municipales de 2026, pourraient annoncer une campagne marquée par les attaques personnelles et les divergences idéologiques.
Ce qu'il faut retenir
- Une remarque sarcastique d’Édouard Philippe lors d’un meeting à Reims, le 10 mai 2026, a déclenché une vive polémique avec le RN.
- Le RN dénonce une « bassesse » et des « fake news », tandis qu’Horizons minimise l’incident comme une simple boutade.
- Les deux camps figurent en tête des intentions de vote pour 2027, selon les dernières enquêtes d’opinion.
- Marine Le Pen et Jordan Bardella ont réagi avec fermeté, accusant Philippe de mener une « poussive campagne présidentielle ».
- La candidature d’Édouard Philippe n’est pas encore officielle, mais son parti a fixé une date limite pour une déclaration d’intention au 1er octobre 2026.
Une pique politique qui en dit long
À Reims, dimanche 10 mai 2026, Édouard Philippe n’a pas hésité à railler les cadres de son parti en évoquant une « erreur » commise par la mairie de Carpentras. Selon lui, des employés auraient diffusé par inadvertance l’air de « Maréchal, nous voilà » à la place de « La Marseillaise ». « Ils avaient le disque à côté de celui de “La Marseillaise”. Ils se sont trompés, c’est ballot », a-t-il lancé devant son auditoire, déclenchant l’hilarité générale. Une anecdote qui, pour le maire du Havre, illustre le manque de sérieux du RN dans la gestion de ses symboles.
La réplique n’a pas tardé. Marine Le Pen, depuis la mairie conquise par le RN aux dernières municipales, a vivement réagi : « Ce mensonge et cette bassesse ne vous honorent pas, Édouard Philippe », a-t-elle asséné. De son côté, Jordan Bardella, président du RN, a enfoncé le clou en qualifiant l’ancien Premier ministre de « Macron II » et en l’accusant de propager des « fake news » dès le lancement de sa campagne.
Des intentions de vote qui donnent le ton
Si cette passe d’armes reste pour l’instant cantonnée aux arènes politiques, elle préfigure sans doute le ton de la future campagne présidentielle. Selon les dernières projections, Édouard Philippe et Marine Le Pen occupent les deux premières places dans les sondages, loin devant les autres prétendants. Un face-à-face qui, s’il se confirme, pourrait reléguer les autres candidats à un rôle d’observateurs.
Pour le RN, cette bataille est d’autant plus cruciale que Marine Le Pen brigue un quatrième mandat à l’Élysée. Une perspective qui rappelle, pour ses partisans, la stratégie de reconquête mise en œuvre par François Mitterrand en 1988, après sa défaite de 1981. Une comparaison que l’intéressée assume pleinement, même si le contexte politique de l’époque diffère radicalement de celui d’aujourd’hui.
Une campagne en suspens, mais déjà bien engagée
Côté Horizons, la candidature d’Édouard Philippe n’est pas encore officielle. Le parti a indiqué qu’un vote des adhérents serait organisé dans les prochaines semaines, avant une déclaration formelle prévue au plus tard le 1er octobre 2026. Une échéance qui laisse peu de temps pour préparer une machine électorale, mais qui permet aussi de garder une marge de manœuvre tactique.
Le RN, de son côté, mise sur une dynamique déjà bien huilée. Lors du traditionnel meeting de Mâcon, la formation nationaliste a rappelé ses thèmes de prédilection : sécurité, immigration et pouvoir d’achat. Marine Le Pen a également évoqué des mesures concrètes, comme un plan de sauvegarde des cafés et bistrots ou le développement de la « prescription sociale », permettant aux médecins d’orienter leurs patients vers des activités collectives. Autant d’annonces destinées à ancrer le parti dans le quotidien des Français.
Quoi qu’il en soit, une certitude s’impose déjà : cette présidentielle s’annonce comme l’une des plus disputées de la Ve République, avec un duel qui promet d’être âpre et sans concession.
Cette pique s’inscrit dans une stratégie plus large visant à disqualifier le RN sur le terrain de la mémoire historique. En rappelant une erreur administrative – réelle ou non –, Philippe cherche à discréditer la crédibilité du parti sur un symbole fort de l’extrême droite française. Une tactique déjà utilisée lors des municipales, où Horizons et le RN se sont affrontés dans plusieurs grandes villes.