Alors que l’élection présidentielle de 2027 s’annonce déjà comme un scrutin aux enjeux majeurs, le Parti communiste français (PCF) et son secrétaire national, Fabien Roussel, affirment détenir toutes les légitimités pour y participer. Selon BFM - Politique, le maire de Saint-Amand-les-Eaux (Nord) a indiqué, lundi 11 mai 2026, que le parti devait se tenir prêt à défendre son projet devant les Français lors de ce scrutin.
Ce qu'il faut retenir
- Fabien Roussel, déjà candidat en 2022, se dit « prêt » à briguer à nouveau l’Élysée en 2027, sans pour autant participer à une primaire unitaire avec d’autres forces de gauche.
- La décision sera soumise aux militants du PCF lors de leur congrès à Lille début juillet 2026, où Roussel pourrait affronter d’autres candidats pour la tête du parti.
- En 2022, le leader communiste avait obtenu 2,28 % des suffrages, un score critiqué par La France insoumise, qui lui reproche d’avoir affaibli Jean-Luc Mélenchon (21,95 %) en captant des voix.
- Le PCF a également interpellé le Premier ministre Sébastien Lecornu ce week-end pour réclamer des mesures sociales, comme une hausse immédiate du Smic de 5 % ou le blocage du prix de l’essence à 1,60 € le litre.
« Le Parti communiste français a toute légitimité à présenter son projet aux Français, à le défendre [...]. Nous devons être prêts à y aller », a déclaré Fabien Roussel au micro de TF1, ajoutant : « Je suis prêt, en tout cas, à y consacrer toute mon énergie ». Cette prise de position intervient dans un contexte politique où la gauche reste divisée sur sa stratégie pour 2027, notamment après les tensions persistantes entre les différentes formations.
L’annonce de Roussel survient alors que le PCF tente de se repositionner après des années de déclin électoral. En 2022, sa candidature avait suscité des débats au sein de la gauche, certains accusant le parti d’avoir contribué à l’élimination de Jean-Luc Mélenchon au premier tour. Pour rappel, ce dernier avait obtenu 21,95 % des voix, un score historique pour La France insoumise, mais insuffisant pour accéder au second tour face à Emmanuel Macron et Marine Le Pen.
Si Fabien Roussel se dit déterminé à porter les couleurs du PCF en 2027, il a d’ores et déjà écarté l’hypothèse d’une participation à une primaire unitaire. Une position qui pourrait compliquer les négociations avec d’autres partis de gauche, comme Europe Écologie Les Verts ou le Parti socialiste, qui plaident pour une union des forces avant le scrutin. « Je refuse de participer à cette primaire unitaire dans laquelle une partie de la gauche est empêtrée », a-t-il précisé, soulignant que le PCF devait défendre son identité propre.
La décision finale reviendra aux militants lors du congrès du parti, prévu début juillet à Lille. Fabien Roussel pourrait y être contesté pour la tête du PCF, certains cadres du parti lui reprochant son recentrage sur des thèmes comme le pouvoir d’achat ou l’écologie, au détriment d’une ligne plus radicale. D’autres figures, comme la députée Clémentine Autain, pourraient briguer la candidature communiste, même si Roussel reste pour l’instant le favori.
« Le Parti communiste français a toute légitimité à présenter son projet aux Français, à le défendre [...]. Nous devons être prêts à y aller. Je suis prêt, en tout cas, à y consacrer toute mon énergie. »
— Fabien Roussel, secrétaire national du PCF
Parallèlement à cette déclaration, le PCF a adopté une posture offensive sur le plan social. Dans un courrier adressé au Premier ministre Sébastien Lecornu ce week-end, le parti a demandé des « mesures exceptionnelles » pour protéger l’emploi et le pouvoir d’achat. Parmi les propositions avancées figurent une augmentation immédiate du Smic de 5 % et le blocage du prix de l’essence à 1,60 € le litre. Ces revendications s’inscrivent dans un contexte de tensions économiques persistantes, marqué par une inflation élevée et une précarité croissante pour une partie de la population.
Cette stratégie double – une candidature présidentielle et des revendications sociales – illustre la volonté du PCF de retrouver une place centrale dans le débat politique français. Après des années de marginalisation, le parti cherche à capitaliser sur les insatisfactions liées au pouvoir d’achat et à la crise démocratique pour séduire un électorat déçu par les partis traditionnels. Cependant, son score de 2022 rappelle les défis qui l’attendent : avec seulement 2,28 % des voix, le PCF peine à convaincre au-delà de son socle historique.
Reste à savoir si une nouvelle candidature de Fabien Roussel pourrait relancer l’intérêt pour le parti. En 2022, sa campagne avait mis en avant des thèmes comme la défense des services publics, la justice fiscale ou encore la transition écologique, mais sans parvenir à fédérer au-delà de son électorat traditionnel. Pour 2027, le PCF devra donc non seulement convaincre les Français, mais aussi négocier avec ses alliés potentiels au sein de la gauche, dans un paysage politique profondément fragmenté.
Une chose est sûre : le PCF ne compte pas laisser le champ libre à ses rivaux. Entre une candidature présidentielle et des propositions économiques ambitieuses, le parti tente de se réinventer pour exister dans un paysage politique en pleine recomposition.
Le secrétaire national du PCF estime que son parti doit défendre son identité propre et son projet, sans s’engager dans une primaire où il risquerait de perdre en visibilité. Il a notamment critiqué les divisions persistantes au sein de la gauche, préférant une candidature autonome du PCF.