La première personne testée positive à l’hantavirus en France, une passagère du MV Hondius de retour d’une croisière, a vu son état de santé se dégrader dans la nuit de dimanche à lundi, conduisant à son admission en réanimation. Stéphanie Rist, ministre de la Santé, a confirmé cette évolution lundi 11 mai sur les ondes de France Inter. La patiente a été placée « très probablement en service de réanimation dans une chambre à pression négative », a détaillé Bruno Megarbane, chef du service de réanimation de l’hôpital Lariboisière à Paris, à Franceinfo - Santé.

Ce qu'il faut retenir

  • Une Française, de retour d’une croisière sur le MV Hondius, est le premier cas confirmé d’hantavirus en France.
  • Son état s’est aggravé dans la nuit, nécessitant une prise en charge en réanimation.
  • Elle a été placée dans une chambre à pression négative, un dispositif évitant toute contamination extérieure.
  • Ces chambres, équipées de sas de sécurité et de systèmes de filtration d’air, protègent aussi le personnel soignant.
  • Seuls quelques établissements en Île-de-France disposent de ces installations, dont l’hôpital Bichat-Claude Bernard, considéré comme référent.
  • Les autorités sanitaires estiment qu’il n’y a pas de risque de saturation pour l’instant, ni de menace de pandémie majeure.

Des mesures strictes pour éviter toute contamination

La prise en charge d’un patient atteint d’hantavirus repose sur des protocoles sanitaires drastiques. Les chambres à pression négative, comme celle utilisée pour la patiente du MV Hondius, sont conçues pour éviter tout échange d’air entre l’espace du malade et les zones adjacentes. « Il n’y a pas d’air qui communique entre la chambre du malade et les pièces avoisinantes », a précisé Bruno Megarbane. Le système repose sur un flux d’air unidirectionnel, filtré avant d’être rejeté à l’extérieur. « Le flux d’air est unidirectionnel (...) l’air que respire la personne va être filtré avant d’être éjecté à l’extérieur », a-t-il expliqué. « Il n’y a pas d’air qui communique sans être passé par des filtres qui arrêtent toutes les particules, y compris virales. »

Des équipements spécialisés pour protéger soignants et familles

Ces chambres sont également équipées de sas de sécurité, permettant au personnel de s’équiper de tenues de protection, notamment de masques FFP2. Ces dispositifs visent à protéger non seulement le patient, mais aussi les soignants et les proches. « Ces installations protègent le personnel soignant et les personnels de famille », a souligné Bruno Megarbane. Cependant, tous les hôpitaux ne disposent pas de ces équipements. L’hôpital Bichat-Claude Bernard est désigné comme établissement de référence en Île-de-France, mais d’autres sites, comme la Pitié-Salpêtrière, l’hôpital Necker ou « très probablement » les hôpitaux militaires, en sont également équipés.

Côté Lariboisière, l’hôpital n’est pas encore doté de telles chambres, bien que le nouvel établissement en construction en soit prévu. Bruno Megarbane a rappelé que cette adaptation progressive reflète une prise de conscience des risques épidémiques émergents. « Même si le nouvel hôpital (...) en disposera », a-t-il indiqué, soulignant une évolution des infrastructures pour mieux répondre à ces menaces.

Un risque de saturation écarté pour l’instant

Face à l’émergence de ce premier cas en France, les autorités sanitaires se veulent rassurantes. Bruno Megarbane a estimé qu’il n’y avait « pas de risque, pour le moment, (...) de saturation » de ces chambres spécialisées. « Ces cas ne devraient pas donner lieu à une pandémie beaucoup plus importante », a-t-il ajouté, évoquant la faible contagiosité interhumaine de l’hantavirus. Selon l’Institut Pasteur, cette maladie, transmise principalement par les rongeurs, ne se transmet pas d’homme à homme, sauf cas exceptionnels. La vigilance reste de mise, mais la situation semble maîtrisable avec les protocoles existants.

En parallèle, les 16 autres passagers français du MV Hondius, toujours sous surveillance médicale, n’ont pas développé de symptômes à ce stade. Leur état est suivi de près par les équipes de l’hôpital Bichat-Claude Bernard, où ils ont été rapatriés après leur croisière. Aucun nouveau cas n’a été signalé en France depuis le retour du bateau, selon les dernières informations disponibles.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront de l’évolution clinique de la patiente hospitalisée en réanimation. Si son état s’améliore, elle pourrait être transférée vers une unité de soins conventionnelle sous surveillance renforcée. Dans le cas contraire, les équipes médicales adapteront leur prise en charge en fonction des besoins. Pour les autres passagers du MV Hondius, la période d’incubation – pouvant aller jusqu’à six semaines – reste à surveiller. Les autorités sanitaires ont indiqué qu’aucun renforcement des mesures n’était envisagé à ce stade, mais que la situation serait réévaluée en fonction de l’apparition de nouveaux cas.

Reste à voir si ce premier cas en France entraînera une adaptation des protocoles dans d’autres établissements hospitaliers. Pour l’instant, les experts rappellent que l’hantavirus, bien que rare, nécessite une prise en charge adaptée pour éviter tout risque de transmission. Les chambres à pression négative, bien que coûteuses, s’imposent comme une solution efficace – mais encore limitée à quelques sites en Île-de-France.

Selon l’Institut Pasteur, la transmission interhumaine de l’hantavirus est exceptionnelle. La maladie se contracte principalement par inhalation de particules contaminées présentes dans les déjections de rongeurs. Dans ce cas précis, la patiente du MV Hondius a probablement été exposée à la source animale avant son retour en France.