Dans la course à l’Élysée, le candidat Renaissance Gabriel Attal place l’intelligence artificielle au cœur de son programme, avec un « plan France 2040 pour l’IA et l’innovation » de 200 milliards d’euros, selon Le Figaro. Annoncé lors d’un entretien aux Échos et confirmé sur Franceinfo, ce projet vise à faire de la France la première puissance européenne en matière d’IA d’ici 2036. Ce plan repose sur un financement à parts égales entre secteur public et privé, avec une ambition affichée : transformer durablement l’économie et la compétitivité du pays.
Ce qu’il faut retenir
- Un plan de 200 milliards d’euros pour l’IA et l’innovation, réparti entre financement public et privé.
- L’objectif est de faire de la France la première puissance européenne en IA d’ici 10 ans.
- Formation de 20 millions de salariés à l’IA d’ici 2030, incluant tous les métiers.
- Proposition d’un crédit d’impôt productivité pour accélérer l’adoption de l’IA dans les entreprises.
- Réorientation de l’épargne vers l’innovation via les plans épargne-retraite et la capitalisation.
Un plan inspiré des grands investissements historiques
Pour justifier l’ampleur de son projet, Gabriel Attal s’appuie sur des comparaisons historiques. « En 1958, le Général de Gaulle décidait d’un plan massif pour le nucléaire, qui n’avait rien d’une évidence et qui nous permet aujourd’hui d’être indépendants », a-t-il rappelé. Le candidat Renaissance estime que la France doit aujourd’hui opérer un choix similaire pour l’IA, un secteur qu’il qualifie de « révolution » aux enjeux majeurs pour les salaires, les emplois et la prospérité des Français. Il insiste sur le caractère stratégique de ce plan, comparant l’IA au « savoir fondamental d’aujourd’hui », au même titre que lire, écrire ou compter. Selon lui, « prompter » — c’est-à-dire maîtriser les outils d’IA générative — deviendra une compétence aussi indispensable que les trois autres.
Le financement de ce plan s’articule autour de plusieurs leviers. Côté public, Gabriel Attal mise sur les fonds européens sous-utilisés, le budget de l’investissement d’avenir, la commande publique et des économies budgétaires. « Je préfère que l’on utilise nos futures marges de manœuvre budgétaires pour investir dans l’IA et l’innovation, plutôt que de revaloriser automatiquement et chaque année l’ensemble des prestations sociales », a-t-il expliqué. Une position qui tranche avec les débats récurrents sur la soutenabilité des finances publiques.
Une mobilisation de l’épargne privée et des entreprises
Côté privé, le candidat propose de flécher 50 % de l’intéressement et de la participation vers les plans épargne-retraite, tout en développant une retraite par capitalisation. Cette mesure s’inscrit dans une logique de long terme, visant à orienter massivement l’épargne française vers l’innovation. Gabriel Attal défend également la création d’un crédit d’impôt productivité, conçu pour encourager l’adoption et la diffusion de l’IA dans les entreprises, qu’elles soient industrielles, commerciales ou de services. « Ce crédit permettrait de financer l’adoption, la généralisation et la diffusion de l’IA », a-t-il précisé.
Autre mesure phare : la garantie d’une stabilité tarifaire du prix de l’électricité sur dix ans. Ce choix vise à sécuriser les entreprises et à éviter que des fluctuations énergétiques ne freinent leur transition numérique. Interrogé sur le budget 2027, le candidat a prévenu que si celui-ci « ressemble aux deux derniers, ce sera encore une mauvaise nouvelle pour le pays ». Il s’engage en revanche à défendre la stabilité fiscale, un thème central de son discours économique, tout en critiquant les revalorisations automatiques des prestations sociales au détriment des investissements productifs.
Une ambition européenne et une formation massive
Gabriel Attal ne limite pas sa réflexion au cadre national. Il appelle à la création d’une politique commune européenne pour l’IA, comparable à la politique agricole commune (PAC). « Il faut l’équivalent de la PAC, mais pour l’IA : une politique d’IA commune avec une part du budget européen et avec de l’endettement commun », a-t-il déclaré. Cette proposition s’inscrit dans une volonté de renforcer la souveraineté technologique de l’Union européenne, alors que les États-Unis et la Chine dominent actuellement le secteur. Sur le front de la formation, le candidat Renaissance fixe un objectif ambitieux : former 20 millions de salariés à l’IA d’ici 2030. Contrairement à une idée reçue, cette formation ne se limitera pas aux ingénieurs ou aux cadres. « Pas seulement les ingénieurs, les cadres, les grandes entreprises, mais tous les salariés », a-t-il souligné. Pour illustrer l’importance de cette révolution, il résume : « Les savoirs fondamentaux aujourd’hui, c’est lire, écrire, compter, prompter. » Une formule qui met en lumière le caractère transversal de l’IA dans l’économie moderne.
Ce programme s’inscrit dans un contexte où l’IA est devenue un enjeu central des débats politiques, bien que ses implications restent parfois mal comprises. Alors que la campagne présidentielle 2027 s’annonce déjà comme l’une des plus disputées, la proposition de Gabriel Attal a le mérite de placer ce sujet au cœur de l’agenda. Reste à savoir si les autres candidats présenteront des alternatives comparables, ou s’ils privilégieront d’autres priorités économiques et sociales. Une chose est sûre : l’IA ne sera plus un sujet marginal dans les mois à venir.
Le candidat Renaissance utilise cette comparaison pour souligner l’ampleur et l’ambition de son projet. En 1958, le plan nucléaire lancé par le Général de Gaulle était un pari audacieux qui a permis à la France d’acquérir une indépendance énergétique majeure. Gabriel Attal présente l’IA comme un secteur tout aussi stratégique pour l’avenir économique et souverain du pays, justifiant ainsi un investissement massif et une vision à long terme.
Le candidat propose de flécher 50 % de l’intéressement et de la participation vers les plans épargne-retraite, tout en développant une retraite par capitalisation. L’objectif est d’orienter une partie de l’épargne française vers l’innovation et l’IA, en complément des financements publics. Cette mesure vise à créer un cercle vertueux entre épargne, investissement et croissance.