Le Rassemblement national (RN) retient son souffle. Dans quelques jours, le parti d’extrême droite connaîtra l’identité de son candidat à l’élection présidentielle de 2027, entre Marine Le Pen et Jordan Bardella. Selon Le Figaro, tout reste suspendu à la décision de la cour d’appel, prévue le 7 juillet, qui tranchera sur l’éligibilité de Marine Le Pen. Une sentence qui déterminera l’orientation de la campagne, le programme et l’organigramme du mouvement, tant les stratégies diffèrent selon le choix final.
Ce qu'il faut retenir
- La cour d’appel doit trancher le 7 juillet sur l’éligibilité de Marine Le Pen à la présidentielle de 2027.
- Le RN ne pourra finaliser ni son programme ni son organisation avant cette date, selon Le Figaro.
- Jordan Bardella, qui n’a jamais mené de campagne présidentielle, suscite des interrogations parmi les alliés du parti.
- Les stratégies de campagne varient considérablement entre les deux figures, dont les visions divergent sur certains sujets.
Un suspense interne lié à une décision judiciaire
La procédure judiciaire en cours pèse sur l’ensemble des préparatifs du RN. Si la cour d’appel donne raison à Marine Le Pen, elle pourrait mener une campagne dont le socle idéologique et les priorités resteraient ceux du parti depuis des années. En revanche, une décision défavorable l’écarterait au profit de Jordan Bardella, dont l’approche politique, bien que alignée sur les fondamentaux du RN, s’inscrit dans une dynamique plus récente. Le Figaro souligne que rien ne pourra être acté avant ce jugement, car « la campagne ne sera d’évidence pas la même selon celle ou celui qui la conduira », selon les termes mêmes du parti.
Jordan Bardella sous le regard scrutateur de ses alliés
Contrairement à Marine Le Pen, qui a déjà participé à deux campagnes présidentielles (2012 et 2022), Jordan Bardella n’a jamais dirigé une élection nationale. Or, une présidentielle n’a que peu de points communs avec les scrutins locaux ou européens. Cette absence d’expérience directe suscite des interrogations parmi les alliés du RN, notamment sur sa capacité à incarner une campagne à la hauteur des enjeux. Le Figaro rapporte que certains de ses soutiens l’observent avec une attention particulière, même si le député européen affiche une sérénité apparente. Bardella a d’ailleurs reconnu, en interne, la singularité de l’exercice : « Je n’ai pas en face de moi quelqu’un qui marche sur l’eau », aurait-il confié à des proches, selon le quotidien.
Des divergences stratégiques entre Le Pen et Bardella
Les différences entre les deux figures ne se limitent pas à l’expérience. Elles s’étendent aussi à la méthode et aux priorités. Marine Le Pen, dont le positionnement est plus ancré dans l’histoire du parti, défend une ligne où la question de l’immigration et de la souveraineté occupe une place centrale. Jordan Bardella, plus jeune et issu d’une génération marquée par les réseaux sociaux, mise davantage sur une modernisation de l’image du RN, tout en conservant les thèmes traditionnels. Le Figaro évoque notamment des désaccords sur la gestion de certains dossiers, comme la démission éventuelle de Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, sujet qui a donné lieu à une polémique récemment. Le RN a qualifié cette dernière de « artificielle », tout en rappelant que les divergences entre les deux leaders restaient « conjoncturelles ».
Les alliés du RN en attente du verdict
Autour du RN, les partenaires politiques et les soutiens externes guettent eux aussi la décision du 7 juillet. Une victoire de Marine Le Pen pourrait rassurer les figures historiques du parti, tandis qu’un choix en faveur de Bardella pourrait accélérer une recomposition générationnelle au sein de l’appareil. Les observateurs notent que, quelle que soit l’issue, le RN entend présenter une unité de façade. Pour autant, les tensions internes, bien que rarement exposées publiquement, existent. Le Figaro cite un élu proche du RN qui, sous couvert d’anonymat, a confié : « On sent que certains alliés le scrutent avec plus d’attention », en référence à Bardella. Une manière de souligner que la légitimité de ce dernier n’est pas encore pleinement acquise aux yeux de tous.
Quant aux réactions des autres forces politiques, elles devraient se multiplier après le verdict. Le parti présidentiel, déjà en campagne pour le renouvellement de 2027, pourrait ajuster sa stratégie en fonction du candidat désigné par le RN. Les partis de gauche et du centre, quant à eux, attendent cette décision pour affiner leurs propres alliances et programmes. Une chose est sûre : après le 7 juillet, le paysage politique français entrera dans une phase de préparation intensive pour l’élection la plus disputée de la décennie.
La cour d’appel doit trancher sur l’éligibilité de Marine Le Pen à la présidentielle de 2027. Si elle est déclarée inéligible, le RN devra se tourner vers Jordan Bardella comme candidat. Cette décision conditionne l’ensemble des préparatifs du parti, car les stratégies de campagne diffèrent selon le choix final.