Le département des Pyrénées-Orientales pourrait bientôt figurer dans les manuels d’histoire pour un changement de nom inédit au XXIe siècle. Selon Le Figaro, le conseil départemental lance dès lundi 16 juin 2026 une consultation sous forme de scrutin pour permettre aux habitants de choisir entre trois dénominations. Cette initiative s’inscrit dans la continuité d’un engagement pris par Hermeline Malherbe, présidente socialiste du département.

Entre novembre et décembre 2025, une première consultation avait été organisée pour imaginer le département à l’horizon 2040. Les résultats avaient montré une division des préférences : 23 % des participants avaient souhaité conserver l’appellation « Pyrénées-Orientales », 49 % avaient exprimé le vœu d’une référence à la catalanité, et 17 % avaient privilégié une mention de la Méditerranée. C’est à partir de ces tendances que trois options ont été retenues pour le vote à venir.

Ce qu'il faut retenir

  • Un scrutin s’ouvre lundi 16 juin 2026 dans les Pyrénées-Orientales pour choisir entre trois noms : « Pyrénées-Orientales », « Pyrénées Catalanes » ou « Pyrénées Méditerranée ».
  • Le vote, accessible jusqu’au 15 août 2026, est réservé aux personnes inscrites sur les listes électorales du département.
  • Deux modes de participation sont proposés : vote papier par courrier ou vote en ligne via la plateforme lenom66.fr à partir du 1er juillet.
  • La possibilité d’une mention de la catalanité dans le nom, plébiscitée par 49 % des participants lors de la consultation de 2025, a conduit à écarter l’option « Pays Catalan » jugée non conforme par les experts.
  • Le résultat du vote sera soumis au Conseil d’État, seul habilité à valider ou non un changement de nom, une procédure qui pourrait prendre plusieurs mois.

Un processus engagé depuis plus d’un an

Dès 2025, Hermeline Malherbe, présidente du conseil départemental, avait lancé une grande consultation sur l’avenir du territoire. « Entre novembre et décembre 2025, nous avions fait une consultation sur le visage du département à l’horizon 2040 », a-t-elle rappelé auprès d’actuPerpignan, cité par Le Figaro. Les résultats, partagés par la responsable, ont révélé une forte demande pour une identité mettant en avant la catalanité du département, bien plus qu’une simple référence géographique.

Dans ce cadre, des échanges avec des juristes et des historiens ont permis d’affiner les propositions. L’option « Pays Catalan » a finalement été écartée, car jugée incompatible avec les exigences administratives. « Le Conseil d’État aurait retoqué ce nom. Il fallait garder une indication géographique, en l’occurrence "Pyrénées" », a expliqué Hermeline Malherbe. Les experts ont donc retenu trois formulations alignées sur cette contrainte.

Trois options soumises au vote des habitants

Les électeurs des Pyrénées-Orientales auront le choix entre trois noms : conserver « Pyrénées-Orientales », opter pour « Pyrénées Catalanes » ou encore « Pyrénées Méditerranée ». Les résultats de la consultation initiale de 2025 avaient montré une préférence marquée pour la deuxième option, mais la troisième pourrait séduire ceux qui souhaitent insister sur l’ouverture maritime du département. Une chose est sûre : le nom actuel, bien que neutre, ne reflète pas suffisamment, aux yeux de nombreux habitants, l’identité catalane du territoire.

Pour garantir l’équité du scrutin, deux modalités de vote ont été mises en place. Le vote papier sera organisé via un magazine départemental distribué dans toutes les boîtes aux lettres, accompagné d’un bulletin à renvoyer par courrier. Le vote en ligne, accessible à partir du 1er juillet, nécessitera une connexion FranceConnect pour authentifier les électeurs. Seules les personnes inscrites sur les listes électorales des Pyrénées-Orientales pourront participer, une condition sine qua non pour valider la légitimité du processus.

Une procédure administrative complexe et incertaine

Une fois le vote terminé, le conseil départemental devra délibérer pour officialiser le résultat. Si l’un des nouveaux noms l’emporte, une demande formelle sera déposée auprès du Conseil d’État, seule autorité compétente pour valider un changement de nom de département. Hermeline Malherbe a indiqué qu’elle n’avait « pas de délai précis en tête » quant à l’aboutissement de cette démarche. Pour rappel, seulement sept départements français ont changé de nom en deux siècles, et les Pyrénées-Orientales pourraient ainsi devenir les premiers du XXIe siècle à franchir ce cap.

Le processus reste donc incertain et dépendra de l’issue du vote ainsi que de la décision des autorités administratives. Le calendrier précis dépendra des délais d’instruction par le Conseil d’État, un organe connu pour la rigueur de ses examens. « En deux siècles, seulement sept départements français ont changé de nom », rappelle la présidente, soulignant ainsi l’ampleur historique d’une telle décision.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront des résultats du scrutin. Une fois la consultation close le 15 août 2026, le conseil départemental aura deux mois pour analyser les votes et préparer un dossier à soumettre au Conseil d’État. Si un nouveau nom est plébiscité, la procédure pourrait s’étaler sur plusieurs mois, voire plus d’un an, en fonction des délais administratifs. La population sera tenue informée des avancées, mais aucune date précise n’a encore été communiquée pour une éventuelle entrée en vigueur.

Cette initiative soulève des questions sur l’identité même du département, entre ancrage méditerranéen et héritage catalan. Pour l’heure, les autorités attendent le verdict des urnes pour savoir si les Pyrénées-Orientales deviendront, ou non, les Pyrénées Catalanes ou les Pyrénées Méditerranée.

Selon Hermeline Malherbe, citée par Le Figaro, le Conseil d’État aurait jugé que cette appellation ne respectait pas les règles administratives en vigueur. Les experts ont insisté sur la nécessité de conserver une indication géographique claire, d’où le choix de conserver le terme « Pyrénées » dans les trois propositions soumises au vote.