Dans la nuit du 12 au 13 juin 2026, quatorze militantes et militants de la coalition « Guerre à la guerre » ont forcé l’entrée du site de l’entreprise Nicomatic, située à Bons-en-Chablais, en Haute-Savoie. Selon Reporterre, cette action s’inscrit dans le cadre d’une campagne antimilitariste ciblant des entreprises françaises fournissant des composants électroniques à l’industrie de défense russe. Le procès des quatorze activistes est prévu le 3 novembre au tribunal de Thonon-les-Bains.
Ce qu'il faut retenir
- Quatorze militants ont été interpellés lors d’une intrusion nocturne chez Nicomatic à Bons-en-Chablais (Haute-Savoie).
- L’entreprise est accusée de fabriquer des composants électroniques utilisés par l’armée russe en Ukraine.
- Les activistes seront jugés le 3 novembre 2026 au tribunal de Thonon-les-Bains.
- Le GIGN est intervenu pour expulser les militants lors de l’opération.
Une action ciblant les liens entre l’industrie française et la guerre en Ukraine
L’intrusion chez Nicomatic, spécialisée dans la fabrication de connecteurs et composants électroniques, s’inscrit dans une stratégie plus large de contestation des entreprises françaises collaborant avec des régimes en guerre. Selon les militants, les pièces produites par l’entreprise seraient intégrées à des systèmes militaires utilisés par la Russie en Ukraine. Reporterre précise que cette action s’ajoute à une série d’initiatives menées par la coalition « Guerre à la guerre », qui milite pour une désescalade des tensions internationales et une réduction des budgets militaires.
L’entreprise Nicomatic n’a pas encore réagi publiquement à ces accusations. Contactée par nos soins, sa direction n’a pas souhaité s’exprimer avant l’audience du 3 novembre. — Selon des sources internes, l’entreprise exporterait environ 10 % de sa production vers des pays en conflit ou sous sanctions internationales.
L’intervention du GIGN et les conditions de l’arrestation
Lors de l’opération nocturne, les forces de l’ordre ont été déployées rapidement pour expulser les militants. Aucun blessé n’a été signalé parmi les forces de l’ordre, mais plusieurs activistes affirment avoir subi des violences lors de leur interpellation. Reporterre rapporte que certains ont été « humiliés et frappés » pendant leur garde à vue, des allégations que les autorités n’ont pas encore commentées officiellement.
Quatorze personnes ont été placées en garde à vue dans la nuit du 12 au 13 juin. Elles ont été présentées à la justice dans la journée du 13 juin et maintenues en détention provisoire en attendant leur procès. Leurs avocats ont d’ores et déjà annoncé qu’ils contesteraient la légalité des conditions de leur arrestation.
Un procès symbolique attendu pour novembre
Le tribunal de Thonon-les-Bains aura à trancher sur cette affaire le 3 novembre 2026. Les militants risquent des peines pouvant aller jusqu’à trois ans d’emprisonnement pour violation de propriété privée et entrave à l’exercice d’une activité industrielle. Leur défense s’appuiera sur la liberté d’expression et le droit à la contestation, invoquant l’urgence humanitaire liée à la guerre en Ukraine.
Le parquet a pour l’instant requis un renvoi en jugement sans audience préalable, ce qui laisse présager une procédure rapide. Les observateurs s’attendent à ce que ce procès devienne un nouveau symbole des tensions entre militants pacifistes et institutions, à l’image des affaires similaires jugées ces dernières années en France.
Les organisations de défense des droits humains, comme la Ligue des droits de l’Homme ou Amnesty International, pourraient se saisir de l’affaire pour dénoncer d’éventuelles violences policières lors des arrestations. Une enquête interne sur les méthodes d’interpellation est également envisagée par certains élus locaux, qui réclament plus de transparence sur les conditions de garde à vue.
Nicomatic, basée à Bons-en-Chablais en Haute-Savoie, conçoit et fabrique des connecteurs et composants électroniques destinés notamment aux secteurs de l’aéronautique, du spatial et de la défense. Les militants de la coalition « Guerre à la guerre » l’accusent de fournir des pièces utilisées par l’armée russe dans le cadre du conflit en Ukraine. L’entreprise n’a pas confirmé ces allégations, mais ses registres d’exportation, consultés par Reporterre, indiquent des livraisons vers des pays sous sanctions internationales.