La cour d’appel de Montpellier a rendu, lundi 16 juin 2025, un arrêt confirmant le caractère raciste d’une agression survenue lors d’une fête de village dans l’Aude en 2022. Selon Libération, les juges ont infirmé un jugement de première instance qui avait écarté la dimension raciste des faits, notamment en raison d’une phrase prononcée par l’un des agresseurs : « C’est les noirs qui piquent ».

L’affaire concerne le tabassage de deux hommes originaires de la Guadeloupe et de Mayotte, survenu lors d’une fête organisée dans une commune de l’Aude. Les deux victimes, âgées respectivement de 25 et 30 ans, avaient été prises à partie par plusieurs individus dans la nuit du 14 au 15 août 2022. Les faits s’étaient déroulés après des échanges tendus, au cours desquels l’un des agresseurs aurait lancé la phrase incriminée. Les deux hommes avaient subi des blessures nécessitant des soins médicaux.

Ce qu'il faut retenir

  • Une phrase raciste utilisée comme insulte : « C’est les noirs qui piquent », prononcée par l’un des agresseurs lors des faits.
  • Deux victimes originaires de la Guadeloupe et de Mayotte, âgées de 25 et 30 ans, agressées lors d’une fête de village dans l’Aude.
  • Un premier jugement de première instance écarté par la cour d’appel de Montpellier, qui a reconnu le caractère raciste des faits.
  • Un arrêt rendu le 16 juin 2025 par la cour d’appel, infirmant le jugement initial.

Des faits jugés sous l’angle du racisme par la cour d’appel

Dans son arrêt, la cour d’appel de Montpellier a estimé que la phrase « C’est les noirs qui piquent » ne pouvait être interprétée autrement que comme une insulte à caractère raciste. Selon les juges, cette formulation, prononcée en contexte, avait pour but d’humilier et de stigmatiser les deux victimes en raison de leur origine. La cour a ainsi considéré que cette dimension devait être prise en compte dans l’appréciation des peines encourues par les agresseurs.

Les débats lors du procès en appel ont notamment porté sur l’intention des agresseurs. Les avocats des victimes ont souligné que la phrase en question s’inscrivait dans un contexte de violence verbale et physique, visant à rabaisser les deux hommes en raison de leur couleur de peau. Les juges ont finalement retenu cette qualification, ce qui a conduit à l’infirmation du premier jugement.

Un premier jugement contesté pour son manque de prise en compte du contexte

En première instance, le tribunal avait initialement jugé les faits comme une simple agression, sans retenir la dimension raciste. Cette décision avait suscité l’incompréhension des associations de défense des droits humains, ainsi que des familles des victimes. Selon Libération, le parquet avait fait appel de ce jugement, estimant que la qualification initiale ne reflétait pas la réalité des faits.

L’arrêt rendu en appel marque donc une étape importante pour les victimes, qui voient enfin reconnue la spécificité raciste de leur agression. Les associations locales, comme la LDH (Ligue des droits de l’Homme) dans l’Aude, ont salué cette décision, tout en rappelant que le combat contre les discriminations et les violences racistes reste un enjeu majeur dans le département.

Et maintenant ?

L’affaire va désormais faire l’objet d’un renvoi devant une autre juridiction pour réexamen des peines. Les deux agresseurs, initialement condamnés à des peines légères en première instance, pourraient voir leur sanction alourdie en raison de la reconnaissance du caractère raciste des faits. Les parties civiles, quant à elles, attendent avec attention la décision finale, qui pourrait servir de jurisprudence pour d’autres affaires similaires. Une date pour le nouveau procès n’a pas encore été fixée.

Cette décision intervient dans un contexte où les violences à caractère raciste restent un sujet de préoccupation en France. Selon les dernières statistiques du ministère de l’Intérieur, plus de 3 000 actes racistes ont été recensés en 2024, un chiffre en hausse par rapport aux années précédentes. Dans l’Aude, comme dans d’autres départements, les associations appellent à une mobilisation accrue pour lutter contre ces phénomènes.

En première instance, les agresseurs avaient été condamnés à des peines légères pour agression simple, sans que la dimension raciste des faits ne soit retenue. Les détails précis des peines n’ont pas été communiqués publiquement.