La République démocratique du Congo (RDC) a décidé de déplacer son ambassade en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem, une mesure symbolique qui s’inscrit en rupture avec le consensus international sur la question, selon Le Figaro.

Ce qu'il faut retenir

  • La RDC annonce le transfert de son ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem, une première pour un pays africain.
  • Cette décision intervient à l’issue d’une visite officielle du président Félix Tshisekedi en Israël.
  • Seuls quelques pays, dont les États-Unis, avaient précédemment adopté cette position.
  • Le communiqué conjoint RDC-Israël évoque un « transfert » de l’ambassade sans préciser de calendrier.
  • Ce geste s’inscrit dans un contexte de renforcement des liens diplomatiques et économiques entre les deux pays.

Une décision symbolique et politique

La RDC devient ainsi le premier pays africain à rejoindre le petit groupe de nations ayant reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël en y installant leur représentation diplomatique. Jusqu’à présent, la majorité des États maintenaient leur ambassade à Tel-Aviv, conformément aux résolutions de l’ONU et au consensus international sur le statut de la ville.

Cette annonce fait suite à une visite officielle du président Félix Tshisekedi en Israël, qui a permis de sceller plusieurs accords de coopération bilatérale. Selon Le Figaro, les deux pays ont publié un communiqué commun dans lequel ils évoquent un « transfert de l’ambassade de la République démocratique du Congo de Tel-Aviv à Jérusalem », sans pour autant préciser de date ou de modalités pratiques.

Un alignement avec la politique israélienne

Ce rapprochement diplomatique s’inscrit dans une stratégie israélienne visant à obtenir un soutien international pour sa politique concernant Jérusalem. Depuis la reconnaissance de la ville comme capitale par les États-Unis en décembre 2017, plusieurs pays ont suivi cette voie, notamment le Guatemala et le Honduras en 2018, puis le Kosovo en 2021. Cependant, la plupart des États membres de l’Union européenne maintiennent leur ambassade à Tel-Aviv, conformément au droit international.

Pour la RDC, ce geste pourrait s’inscrire dans une logique de renforcement des relations économiques et sécuritaires avec Israël, un pays connu pour son expertise en matière agricole, technologique et militaire. En 2020, les deux pays avaient déjà signé plusieurs accords commerciaux, notamment dans les secteurs minier et énergétique.

Des réactions internationales encore incertaines

La décision congolaise risque de susciter des réactions contrastées sur la scène internationale. Si elle pourrait renforcer les liens avec les États-Unis et certains pays occidentaux, elle pourrait aussi isoler la RDC au sein des organisations régionales africaines, où la question de Jérusalem reste un sujet sensible. L’Union africaine, par exemple, n’a jamais reconnu Jérusalem comme capitale israélienne et maintient une position de neutralité sur le sujet.

Sur le plan régional, cette initiative pourrait être perçue comme un alignement sur la politique américaine, ce qui pourrait influencer les relations de la RDC avec d’autres pays africains, notamment ceux qui entretiennent des liens étroits avec les puissances arabes. À ce stade, aucune réaction officielle n’a été enregistrée de la part de l’Union africaine ou de l’Organisation de la coopération islamique.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines devraient apporter des précisions sur les modalités pratiques du transfert de l’ambassade. Si la RDC suit l’exemple américain, le processus pourrait prendre plusieurs mois, voire plus d’un an, en raison des logistiques et des implications diplomatiques. Par ailleurs, la réaction de la communauté internationale, notamment celle des pays africains et des partenaires traditionnels de la RDC, sera déterminante pour évaluer l’impact réel de cette décision.

Reste à voir si cette initiative ouvrira la voie à d’autres pays africains ou si elle restera un cas isolé sur le continent.

Jérusalem est une ville au cœur du conflit israélo-palestinien en raison de son importance historique, religieuse et politique. Pour Israël, Jérusalem est sa « capitale éternelle et indivisible », tandis que les Palestiniens revendiquent Jérusalem-Est comme capitale de leur futur État. La communauté internationale considère généralement que le statut de la ville doit être négocié entre les parties, conformément au droit international.