La commissaire européenne à la coopération internationale, à l’aide humanitaire et à la réponse aux crises, Hadja Lahbib, a achevé ce dimanche une visite de travail à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Selon RFI, cette mission s’inscrit dans le cadre de la riposte organisée contre une nouvelle épidémie d’Ebola déclarée le 15 mai dernier, alors que la région subit déjà les conséquences d’un conflit armé persistant.

Ce qu’il faut retenir

  • Une épidémie d’Ebola déclarée le 15 mai 2026 dans la ville de Bunia, en Ituri (RDC).
  • La commissaire européenne Hadja Lahbib a effectué une visite de terrain ce 8 juin 2026 pour évaluer la réponse humanitaire.
  • L’Ituri est une région déjà marquée par des violences armées et une instabilité chronique.
  • La riposte sanitaire s’organise dans un contexte de « guerre dans la guerre », selon les autorités locales.
  • La visite s’inscrit dans le cadre d’une mission européenne d’assistance et de coordination.

Une épidémie déclarée dans une région en crise

Bunia, principale ville de l’Ituri, est désormais le centre névralgique de la lutte contre une nouvelle flambée d’Ebola. D’après RFI, cette épidémie survient alors que la province est déjà en proie à des conflits armés récurrents entre groupes rebelles et forces gouvernementales. La combinaison de ces deux crises – sanitaire et sécuritaire – complexifie considérablement la riposte, forçant les acteurs humanitaires à adapter leurs stratégies sur le terrain.

La déclaration de l’épidémie le 15 mai dernier a immédiatement déclenché une mobilisation des autorités sanitaires congolaises et de leurs partenaires internationaux. Hadja Lahbib, en déplacement ce week-end, a souligné l’urgence de renforcer les moyens logistiques et médicaux pour contenir la propagation du virus, tout en garantissant la sécurité des équipes intervenantes.

Une mission européenne pour coordonner l’aide

La visite de la commissaire européenne Hadja Lahbib à Bunia s’inscrit dans une démarche de solidarité et de soutien aux populations affectées. Selon RFI, cette mission visait à évaluer in situ les besoins des acteurs locaux et à renforcer la coordination entre les différentes agences humanitaires. « Cette épidémie survient dans un contexte particulièrement difficile, où la sécurité des civils et des soignants reste une préoccupation majeure », a-t-elle déclaré lors de son passage.

La commissaire a également rappelé que l’Union européenne alloue déjà des fonds importants pour financer la riposte sanitaire en RDC, notamment via des partenariats avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et Médecins Sans Frontières (MSF). Ces aides couvrent l’achat de vaccins, la formation du personnel soignant et la mise en place de centres de traitement.

« Nous devons agir rapidement pour éviter que cette épidémie ne s’étende, d’autant que les populations de l’Ituri sont déjà durement éprouvées par des années de conflit. »
— Hadja Lahbib, commissaire européenne à la coopération internationale

Un défi logistique et sécuritaire sans précédent

La lutte contre Ebola en Ituri se heurte à des obstacles structurels. Les infrastructures sanitaires de la région sont fragilisées par des années de négligence et de destruction liées aux combats. Les déplacements des équipes médicales sont souvent entravés par l’insécurité, forçant les organisations à privilégier des solutions mobiles et délocalisées. « On est face à une guerre dans la guerre, où la maladie et la violence se renforcent mutuellement », a résumé un responsable local cité par RFI.

Pourtant, les premières semaines de la riposte semblent montrer une certaine efficacité dans le traçage des cas et la sensibilisation des populations. Les autorités sanitaires congolaises, appuyées par l’OMS, ont mis en place des équipes de surveillance communautaires et des points de contrôle sanitaire aux entrées de Bunia, afin d’identifier rapidement les cas suspects et d’isoler les foyers de contamination.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes de la riposte dépendront en grande partie de la capacité des autorités à sécuriser les zones d’intervention et à maintenir un approvisionnement régulier en matériel médical. Une réunion d’urgence des partenaires humanitaires est prévue cette semaine à Goma, la capitale provinciale du Nord-Kivu, pour faire un point sur l’avancement des opérations. Les autorités congolaises ont également demandé un renforcement des effectifs des Casques bleus de la MONUSCO pour protéger les convois humanitaires en Ituri.

Pour Hadja Lahbib, l’objectif reste clair : « contenir l’épidémie avant la fin du mois de juin ». Cependant, le calendrier dépendra largement de l’évolution de la situation sécuritaire, qui reste imprévisible dans cette région.

En attendant, les habitants de Bunia vivent au rythme des annonces sanitaires et des mesures de prévention, dans l’espoir que cette nouvelle vague d’Ebola puisse être maîtrisée avant de s’étendre davantage.