À partir de l’été prochain, les moins de 15 ans au Canada pourraient être privés d’accès aux plateformes comme Instagram, TikTok ou Snapchat. Le gouvernement fédéral a annoncé, mercredi 10 juin 2026, le dépôt d’un projet de loi visant à interdire l’utilisation des réseaux sociaux pour cette tranche d’âge. Une mesure qui s’inscrit dans un mouvement international déjà initié par plusieurs pays, comme l’a relevé Libération en dressant un état des lieux des législations en vigueur ou en discussion.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Canada envisage d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, une mesure prévue pour entrer en vigueur à l’été 2026.
  • Plusieurs pays, dont l’Australie, la Turquie et certains États américains, ont déjà adopté ou projeté des restrictions similaires.
  • Les débats portent sur l’âge seuil, les modalités de contrôle et l’efficacité des dispositifs proposés.
  • Ces initiatives répondent à des préoccupations croissantes autour de la santé mentale des jeunes et de l’exposition aux contenus inappropriés.

Un mouvement international contre l’exposition précoce aux réseaux sociaux

Le projet canadien s’ajoute à une liste déjà longue de pays ayant choisi de réglementer l’accès aux plateformes numériques pour les mineurs. Selon Libération, l’Australie a été l’un des premiers à agir en 2023, en instaurant des règles strictes pour les moins de 16 ans, tandis que la Turquie a opté pour une approche progressive avec une interdiction totale pour les moins de 18 ans, avant de la ramener à 16 ans en 2025. En Europe, certains États membres de l’Union européenne commencent également à envisager des mesures, bien que la question reste largement débattue au niveau communautaire.

Aux États-Unis, plusieurs États fédérés ont pris les devants. La Floride, par exemple, a adopté en 2024 une loi imposant un contrôle parental obligatoire pour les moins de 14 ans, tandis que l’État de New York a durci les conditions d’accès pour les 14-15 ans. Ces législations locales reflètent une prise de conscience accrue des risques liés à une utilisation précoce des réseaux sociaux, notamment en matière de cyberharcèlement, d’addiction ou d’exposition à des contenus violents ou pornographiques.

Des approches variées, entre interdiction pure et mesures incitatives

Les modalités retenues par chaque pays diffèrent sensiblement. Certains, comme l’Australie, misent sur une interdiction totale assortie de sanctions pour les plateformes ne respectant pas la loi. D’autres, comme le Canada, optent pour un système de vérification d’âge renforcé, combiné à des restrictions horaires ou à des obligations de modération accrues. En Turquie, la loi impose désormais aux parents de déclarer l’âge de leurs enfants lors de l’inscription, avec des restrictions automatiques pour les moins de 16 ans.

« Ces mesures visent à protéger les jeunes des dangers du numérique, mais leur efficacité dépendra largement de leur mise en œuvre », a souligné un expert en politiques numériques cité par Libération. Bref, si l’intention est claire, les défis pratiques – comme la contournement des contrôles ou la collecte de données personnelles pour vérifier l’âge – restent entiers. Autant dire que le débat est loin d’être clos.

L’Europe à la traîne, mais des signaux encourageants

Contrairement à d’autres régions du monde, l’Europe peine à adopter une position unifiée sur le sujet. La Commission européenne a bien lancé en 2022 une consultation sur la protection des mineurs en ligne, mais les discussions piétinent face aux divergences entre États membres. Certains, comme la France, privilégient pour l’instant des mesures incitatives, comme le renforcement de l’éducation aux médias dans les écoles, plutôt que des interdictions pures et simples.

Pourtant, des initiatives locales émergent. En Espagne, la région de Catalogne a annoncé en 2025 un projet pilote de « passeport numérique » pour les 12-18 ans, limitant l’accès à certaines plateformes en fonction de l’âge. Une approche qui pourrait inspirer d’autres pays, même si son déploiement reste incertain.

Et maintenant ?

Le projet de loi canadien devrait être examiné par le Parlement d’ici la fin de l’année, avec une entrée en vigueur envisagée pour l’été 2026. D’ici là, d’autres pays pourraient suivre, à l’image de l’Allemagne, où des discussions sont en cours pour durcir les règles existantes. Reste à savoir si ces mesures suffiront à endiguer les risques liés aux réseaux sociaux, ou si elles ne feront que déplacer le problème vers d’autres canaux moins régulés.

Une chose est sûre : la question de l’encadrement du numérique pour les jeunes s’impose désormais comme un enjeu politique majeur. Pour les gouvernements, l’équilibre entre protection et liberté d’expression reste à trouver – et les prochains mois s’annoncent décisifs.

D’après Libération, ce seuil correspond à une période charnière dans le développement des jeunes, où l’exposition aux réseaux sociaux peut avoir des conséquences durables sur leur santé mentale et leur socialisation. Les études montrent que les moins de 15 ans sont particulièrement vulnérables aux comparaisons sociales et à la pression des pairs, d’où cette limite d’âge retenue par le gouvernement canadien.