Un an après son parcours surprise à Roland-Garros, où la Dijonnaise Loïs Boisson avait marqué les esprits en atteignant les demi-finales en tant que invitée, la situation de la joueuse française reste contrastée. Entre blessures, reprise laborieuse et attentes élevées, la numéro un tricolore aborde l’édition 2026 du Grand Chelem parisien dans un contexte bien différent de celui de l’année dernière, selon Franceinfo - Sport.
Ce qu'il faut retenir
- Loïs Boisson, classée 43e mondiale, avait réalisé une percée spectaculaire en 2025 en atteignant les demi-finales de Roland-Garros.
- Une blessure à l’avant-bras droit en septembre 2025 l’a éloignée des courts pendant sept mois, avec des conséquences physiques et mentales.
- Après trois défaites précoces en 2026 (Madrid, Rome, Parme), elle a renoué avec la victoire à Strasbourg, deux semaines avant Roland-Garros.
- La Française devra défendre de nombreux points acquis en 2025, ce qui ajoute une pression supplémentaire.
- Les observateurs soulignent ses progrès, mais aussi les défis psychologiques et techniques à relever pour confirmer son statut.
Un parcours fulgurant interrompu par la blessure
En juin 2025, Loïs Boisson, alors invitée à Roland-Garros, crée la surprise en enchaînant les victoires contre des joueuses du top 10 mondial. Après avoir battu Elise Mertens, Jessica Pegula et Mirra Andreeva, elle s’incline en demi-finale face à Coco Gauff, future vainqueur du tournoi. Ce parcours lui permet de bondir du 361e au 65e rang mondial, une progression inédite pour une invitée.
Cependant, cette ascension est brutalement interrompue le 29 septembre 2025. Lors du WTA 1000 de Pékin, elle abandonne au troisième tour en raison d’une blessure à l’avant-bras droit. Un « décollement de l’aponévrose », aussi appelé « syndrome du croisement », est diagnostiqué. Dans un entretien accordé au Figaro mi-avril 2026, elle révèle qu’une « erreur de diagnostic » et une « erreur de gestion » ont aggravé la situation, prolongeant son absence de trois mois supplémentaires.
Une reprise semée d’embûches
Après sept mois d’inactivité, Loïs Boisson fait son retour sur le circuit en avril 2026 à Miami. Mais les débuts sont difficiles : trois défaites au premier tour en autant de tournois (Madrid, Rome et Parme), toutes sur des scores secs. « Je n’ai pas joué pendant énormément de mois. Il faut que je retrouve confiance en mon corps. Ça ne va arriver qu’en jouant, en enchaînant des matchs », confie-t-elle à l’issue de sa défaite à Rome, analysant son manque de rythme et de repères.
Selon Alizé Cornet, capitaine de l’équipe de Billie Jean King Cup, ce manque de fluidité est normal pour une joueuse en phase de reprise. « Ce n’est pas forcément de jouer au tennis qui est difficile, mais les repères visuels, la gestion des moments importants, la construction des points. En plus, elle a joué des filles du top 50 », explique-t-elle sur beIN Sports. Un constat partagé par Justine Hénin, septuple vainqueur à Roland-Garros, qui souligne que « les choses ne seront pas aussi simples » pour la Française.
Le soulagement de Strasbourg
C’est à Strasbourg, une semaine avant Roland-Garros, que Loïs Boisson retrouve le sourire. Elle y bat la Chinoise Xinyu Wang, 32e mondiale, sur le score de 6-3, 7-6(4). Malgré sa défaite au tour suivant contre Victoria Mboko, 9e mondiale, elle estime avoir progressé : « Physiquement ça va bien. J’ai besoin de retrouver la confiance, de retrouver le jeu, de retrouver le rythme. » Un succès qui, selon elle, marque une étape importante avant le début du tournoi parisien.
Pour autant, les défis restent nombreux. « Je sens que ce bras va vraiment bien, mais il y a eu des bonnes choses et des choses moins bonnes », admet-elle. Son classement actuel (43e) ne lui offre aucune protection au tirage au sort de Roland-Garros, où seules les 32 meilleures joueuses sont têtes de série. Un scénario qui rappelle celui de 2025, où elle était invitée sans classement suffisant pour être protégée.
La pression des points à défendre
Loïs Boisson arrive à Roland-Garros avec une mission délicate : défendre les points acquis grâce à sa demi-finale de 2025. Contrairement à l’an dernier, où elle abordait le tournoi sans pression, elle devra désormais gérer les attentes, les siennes comme celles du public. « Elle aura beaucoup plus de pression », souligne Justine Hénin, rappelant que « personne ne lui prendra sa demi-finale, mais elle aura à cœur de revivre la même chose ».
Arnaud Clément, ex-numéro 10 mondial, nuance ce constat. Pour lui, son expérience de 2025 pourrait jouer en sa faveur : « Elle a eu beaucoup de matchs accrochés en deuxième semaine de Grand Chelem, face au top 5 et au top 10. Peut-être qu’elle arrivera à gérer de nouveau sa quinzaine, comme l’an passé. » Cependant, il met en garde : « Tout dépendra du tirage au sort, car cela peut taper fort d’entrée. »
« Il y a ce caractère urgent de bien jouer tout de suite, parce qu’on a beaucoup de points à défendre pour se maintenir au classement. En plus, l’an dernier, la majorité des joueuses ne la connaissaient pas. Aujourd’hui, elle ne peut plus jouer sur l’effet de surprise. »
Arnaud Clément, ex-top 10 mondial
Reste à savoir si la Française parviendra à concilier gestion des attentes, retour au plus haut niveau et préservation de sa santé physique. Pour l’instant, son parcours à Paris s’annonce comme un test décisif pour son avenir dans le tennis mondial.