Alors que les principales fêtes religieuses du mois de mai approchent, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a adressé un télégramme aux préfets et responsables de sécurité afin de leur rappeler l'impérieuse nécessité d'une vigilance maximale. Selon Le Figaro, ces consignes interviennent dans un contexte marqué par un niveau de menace terroriste persistant et des tensions internationales accrues, illustrées notamment par l'attaque au couteau survenue à Londres il y a quelques jours.
Ce qu'il faut retenir
- Les fêtes religieuses de mai (Ascension, Pentecôte, Chavouot, Aïd al-Adha) se déroulent dans un contexte de menace élevée, selon Laurent Nuñez.
- Le ministre a exigé un maintien de la vigilance maximale, notamment autour des rassemblements et lieux de culte.
- En 2025, 1 320 actes antisémites ont été recensés, en baisse de 16 % mais restant « à un niveau élevé depuis le 7 octobre 2023 ».
- 843 actes antichrétiens ont été enregistrés (+9 % en un an), tandis que 326 actes antimusulmans ont progressé de 88 %.
- Laurent Nuñez a demandé une présence visible renforcée et une mobilisation des services de renseignement pour anticiper toute menace.
Les fêtes religieuses de mai 2026 s'annoncent sous haute tension. L'Ascension (14 mai) et la Pentecôte (24 mai) pour les chrétiens, Chavouot (du 21 au 23 mai) pour la communauté juive, ainsi que l'Aïd al-Adha (entre le 26 et le 30 mai) pour les musulmans, se tiendront dans un contexte géopolitique particulièrement tendu, comme l'a souligné Laurent Nuñez dans son télégramme daté du 13 mai 2026.
Le ministre de l'Intérieur rappelle que ces célébrations surviennent alors que le niveau de menace terroriste reste élevé, un constat partagé par les autorités depuis plusieurs mois. « Les tensions internationales actuelles, dont l'attaque au couteau de Londres est l'illustration, nous obligent à renforcer notre dispositif de sécurité », a-t-il expliqué. Pour Laurent Nuñez, cette vigilance accrue est d'autant plus cruciale qu'elle intervient après une année 2025 marquée par une hausse des actes antireligieux en France.
Des chiffres préoccupants sur les actes antireligieux
Selon les données compilées par le ministère de l'Intérieur et citées par Le Figaro, l'année 2025 a enregistré 1 320 actes antisémites, en légère baisse de 16 % par rapport à 2024. Pourtant, le ministre insiste : ces chiffres « demeurent à un niveau élevé depuis les attaques du 7 octobre 2023 ». Les actes antisémites représentent à eux seuls 53 % de l'ensemble des faits anti-religieux recensés sur le territoire national.
Côté chrétien, 843 actes antichrétiens ont été enregistrés en 2025, soit une progression de 9 % en un an. Enfin, les actes antimusulmans ont connu une hausse spectaculaire de 88 %, avec 326 cas dénombrés. Ces statistiques, bien que fragmentaires, dessinent un tableau inquiétant de la montée des tensions communautaires en France, un phénomène que le gouvernement entend endiguer avant les célébrations à venir.
Des mesures concrètes pour sécuriser les rassemblements
Face à cette situation, Laurent Nuñez a demandé aux préfets et aux responsables locaux de sécurité de maintenir une vigilance maximale, en particulier autour des rassemblements religieux et des lieux de culte. Le ministre a insisté sur la nécessité d'une présence visible renforcée des forces de l'ordre, afin de dissuader toute velléité d'action malveillante. « Il faut qu'on fasse plus », a-t-il déclaré, confirmant par ailleurs la reprise des expulsions d'Algériens en situation irrégulière en France — une mesure qui s'inscrit dans une logique plus large de contrôle des flux migratoires et de lutte contre l'islamisme radical.
Par ailleurs, Laurent Nuñez a appelé à une mobilisation accrue des services de renseignement afin d'anticiper toute menace pesant sur l'ordre public. Cette consigne s'adresse en priorité aux sites les plus sensibles, où les risques de débordements ou d'attentats sont jugés les plus élevés. Le ministre a également rappelé l'importance de la coordination entre les différents acteurs de la sécurité, qu'il s'agisse des forces de l'ordre, des services de renseignement ou des acteurs locaux.
Un contexte géopolitique sous haute tension
L'appel de Laurent Nuñez prend une résonance particulière dans le contexte actuel des tensions internationales. L'attaque au couteau survenue à Londres, revendiquée par l'organisation État islamique, a rappelé la réalité de la menace terroriste en Europe. En France, les autorités craignent que ces événements ne servent de déclic à des individus radicalisés, notamment à l'approche des fêtes religieuses. Les services de renseignement surveillent particulièrement les milieux djihadistes et les groupes extrémistes, qu'ils soient d'inspiration islamiste ou d'extrême droite.
Les fêtes religieuses, par leur nature même, attirent des foules importantes et offrent des cibles potentielles pour des individus cherchant à semer la terreur. Les préfets ont ainsi été invités à adapter leurs dispositifs en fonction des spécificités locales, en tenant compte des risques liés aux déplacements de population et aux rassemblements de grande ampleur. Les consignes ministérielles s'appuient sur les retours d'expérience des années précédentes, où des incidents avaient déjà été signalés lors de célébrations similaires.
L'appel lancé par Laurent Nuñez ne laisse planer aucun doute : la France se prépare à d'éventuelles menaces avant les fêtes religieuses de mai. Entre hausse des actes antireligieux et tensions géopolitiques persistantes, les autorités misent sur une mobilisation sans faille des forces de sécurité pour éviter tout incident. Une chose est sûre : ces prochaines semaines seront scrutées à la loupe par les services antiterroristes et les responsables politiques.
Les fêtes religieuses de mai 2026 concernées sont : l'Ascension (14 mai) et la Pentecôte (24 mai) pour les chrétiens ; Chavouot, qui se déroule du 21 au 23 mai, pour la communauté juive ; et l'Aïd al-Adha, dont les dates varient entre le 26 et le 30 mai, pour les musulmans.
En 2025, la France a recensé 1 320 actes antisémites (en baisse de 16 %), 843 actes antichrétiens (+9 %) et 326 actes antimusulmans (+88 %). Les actes antisémites représentent 53 % de l'ensemble des faits anti-religieux.