Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans la lutte contre l’absentéisme parlementaire. Vendredi 8 mai 2026, l’Assemblée nationale a adopté un texte visant à radier les députés après dix cas d’absence injustifiée. Cette proposition de loi, soutenue par la majorité présidentielle du Pastef, a été approuvée par 127 voix contre 3, avec 2 abstentions, selon RFI.
Ce qu'il faut retenir
- 127 voix pour, 3 contre et 2 abstentions : c’est le score enregistré lors du vote à l’Assemblée nationale sénégalaise.
- La proposition de loi vise à radier les députés après dix absences injustifiées, un seuil inédit jusqu’ici.
- Le texte est porté par la majorité présidentielle du Pastef, parti au pouvoir.
- L’objectif affiché est de mettre fin à la « politique de la chaise vide » pratiquée par certains élus.
- Le vote a eu lieu vendredi 8 mai 2026, dans un contexte de renforcement des règles disciplinaires à l’Assemblée.
Une réponse législative à un phénomène récurrent
L’adoption de ce texte s’inscrit dans un mouvement plus large de discipline imposé aux représentants du peuple. L’absentéisme, souvent pointé du doigt par l’opposition et les citoyens, a poussé les autorités à agir. Le gouvernement a ainsi présenté une proposition de loi destinée à encadrer strictement les obligations des députés, jusqu’ici peu contraignantes. Autant dire que la mesure marque un tournant dans la gestion des affaires parlementaires au Sénégal.
Le texte adopté précise les modalités de sanction, avec une procédure accélérée en cas de répétition des absences. Les députés concernés seront d’abord avertis, puis suspendus avant d’être radiés si la situation persiste. Cette gradation des peines reflète la volonté des législateurs de concilier fermeté et équité.
Un texte porté par la majorité présidentielle
La proposition de loi a été portée par la majorité présidentielle du Pastef, parti du chef de l’État. Ce dernier, par ailleurs, avait déjà exprimé à plusieurs reprises son mécontentement face aux absences répétées de certains députés lors des sessions parlementaires. « Il est temps de mettre fin à ces pratiques qui nuisent à l’image de notre institution », avait-il déclaré lors d’une allocution en mars 2026, comme le rappelle RFI.
Le vote de vendredi confirme cette ligne politique. Les députés de l’opposition, minoritaires, n’ont pas réussi à faire valoir leurs arguments. Les trois voix contre et les deux abstentions illustrent cependant une certaine division sur la question, même si elle reste marginale.
Quelles conséquences pour les députés concernés ?
Les députés visés par cette nouvelle réglementation devront désormais justifier systématiquement leurs absences. En cas de non-respect des règles, la procédure de radiation pourrait être engagée après seulement dix manquements non excusés. Ce seuil, bien inférieur à celui appliqué dans d’autres pays africains, témoigne de la fermeté du législateur sénégalais.
Les élus concernés pourraient faire appel de leur radiation devant le Conseil constitutionnel, une possibilité prévue par le texte. Cependant, la rapidité de la procédure laisse peu de marge de manœuvre pour les contestations. Bref, les députés devront désormais être présents pour défendre leurs dossiers, sous peine de perdre leur mandat.
Reste à voir comment les députés réagiront à cette nouvelle donne. Leur présence en séance pourrait devenir un enjeu politique, surtout en période de débats sensibles. Une chose est sûre : le Sénat, où la majorité Pastef est également présente, devra prochainement examiner ce texte avant son adoption définitive.
Le texte ne prévoit aucune exception majeure. Les absences pour raisons médicales ou familiales devront être justifiées par des certificats ou documents officiels. Toute absence non justifiée, même pour des motifs personnels, sera comptabilisée.