La Somalie est entrée, vendredi 16 mai 2026, « dans une période de transition », a annoncé le gouvernement somalien dans un communiqué, marquant ainsi la fin du mandat du président Hassan Sheikh Mohamud. Cette décision intervient après des mois de blocages persistants avec l'opposition, notamment sur l'organisation d'élections présidentielles et parlementaires. Selon RFI, les négociations menées avec les forces politiques rivales n'ont abouti à aucun accord concret, laissant le pays sans cadre électoral viable.

Dans le même temps, les mandats des deux chambres du Parlement somalien – qui devaient théoriquement organiser l'élection du chef de l'État – sont arrivés à échéance dès le mois de mars 2026, sans qu'aucun renouvellement n'ait pu être acté. Une situation inédite qui plonge le pays dans une impasse institutionnelle, alors que la Constitution somalienne exige un scrutin dans les trois mois suivant la fin des mandats parlementaires.

Ce qu'il faut retenir

  • Le gouvernement somalien a officiellement déclaré une « période de transition » le 16 mai 2026, au terme du mandat de Hassan Sheikh Mohamud.
  • Les négociations avec l'opposition pour organiser des élections ont échoué, rendant impossible tout renouvellement du Parlement.
  • Les mandats des deux chambres parlementaires étaient expirés depuis mars 2026.
  • L'opposition refuse catégoriquement que le président sortant se maintienne au pouvoir.
  • La Somalie se trouve désormais dans une impasse politique sans précédent.

Un calendrier électoral en miettes

L'échec des pourparlers entre le gouvernement et l'opposition a scellé l'impossibilité de respecter le calendrier électoral somalien. D'après les informations rapportées par RFI, les discussions se sont enlisées sur deux points majeurs : d'une part, la composition de la commission électorale indépendante, jugée partiale par l'opposition, et d'autre part, les modalités de participation des régions autonomes comme le Pountland ou le Somaliland, qui revendiquent une plus grande autonomie. Sans accord sur ces sujets, aucune date n'a pu être fixée pour un scrutin présidentiel ou législatif.

Le président Hassan Sheikh Mohamud, dont le mandat a pris fin vendredi, reste en fonction en vertu d'une interprétation juridique controversée de la Constitution, qui ne prévoit pas explicitement de disposition pour un vide institutionnel de cette ampleur. « Nous ne reconnaissons pas cette transition comme légitime », a affirmé un porte-parole de l'Alliance pour la réconciliation nationale, principale coalition d'opposition. « Le président doit quitter le pouvoir immédiatement », a-t-il ajouté, soulignant que son maintien en poste risquait d'aggraver les tensions.

Une opposition unie contre le statu quo

L'Alliance pour la réconciliation nationale, qui regroupe plusieurs partis politiques et milices, a réitéré son refus catégorique d'un prolongement du mandat de Hassan Sheikh Mohamud. « Nous ne céderons pas à un coup de force constitutionnel », a déclaré son leader, Mohamed Abdi Hashi, lors d'une conférence de presse tenue jeudi 15 mai. « Si le gouvernement persiste, nous envisagerons toutes les options, y compris la mobilisation populaire », a-t-il menacé, sans préciser quelles mesures concrètes seraient prises.

Cette alliance, qui bénéficie du soutien de plusieurs chefs de clans et de régions, a également critiqué l'absence de médiation internationale efficace. Malgré les appels répétés des Nations unies et de l'Union africaine, aucun acteur extérieur n'est parvenu à débloquer la situation. « La communauté internationale doit intervenir urgemment pour éviter un chaos », a plaidé un analyste politique somalien, sous couvert d'anonymat. Pour l'instant, aucune puissance régionale ou occidentale n'a annoncé de mesure concrète pour forcer une transition négociée.

Et maintenant ?

Sans accord politique ou pression extérieure, la Somalie pourrait s'enfoncer dans une crise prolongée, avec un risque accru de violences entre factions rivales. Les prochaines semaines seront déterminantes : l'opposition a appelé à des manifestations massives dès la semaine prochaine, tandis que le gouvernement a prévenu qu'il ferait respecter « l'ordre constitutionnel », sans préciser comment. Une issue pacifique dépendra largement de la capacité des acteurs locaux et internationaux à trouver un compromis d'ici la fin du mois.

Reste à voir si une médiation internationale pourra émerger rapidement, ou si le pays basculera dans une nouvelle phase de paralysie institutionnelle. Une chose est sûre : dans l'immédiat, aucune élection n'est prévue, et le vide politique persiste.

Parce que les négociations avec l'opposition pour organiser des élections ont échoué, empêchant la tenue d'un scrutin. Le Parlement, dont le rôle était de superviser cette élection, a vu son mandat expirer en mars 2026 sans renouvellement possible.