Selon Euronews FR, l’ancien ministre britannique de la Santé Wes Streeting a lancé une offensive politique en qualifiant la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne de « grave erreur ». Il s’exprimait ainsi à l’occasion de la conférence annuelle Progress du Parti travailliste, tout en annonçant sa candidature à la direction du parti, si une élection interne devait être organisée.

Ce qu'il faut retenir

  • Streeting a démissionné de son poste de ministre de la Santé début mai 2026, critiquant publiquement la gestion de Keir Starmer.
  • Il considère que le Brexit, acté en 2016 sous l’impulsion de Boris Johnson et Nigel Farage, a affaibli économiquement et géopolitiquement le Royaume-Uni.
  • Il appelle à une réintégration progressive du pays dans l’UE, via une « nouvelle relation privilégiée ».
  • La déclaration intervient après des pertes électorales majeures du Parti travailliste lors des scrutins locaux du 10 mai 2026.
  • Starmer subit une pression accrue au sein de son propre parti, tandis que le parti Reform UK progresse.

Un ancien ministre en croisade contre le Brexit et contre Starmer

Wes Streeting, figure montante du Parti travailliste, a choisi la conférence Progress – un rassemblement annuel dédié aux idées progressistes au sein du Labour – pour officialiser son opposition frontale au Brexit. Ancien ministre de la Santé, il a démissionné de ses fonctions début mai 2026, invoquant un manque de confiance dans la ligne politique de Keir Starmer. Lors de son intervention, il n’a pas seulement critiqué la gestion gouvernementale : il a aussi lancé un appel à la démission du Premier ministre et à l’organisation d’une course à la direction du parti.

« Je me présenterai à toute élection à la tête du Parti travailliste si elle devait avoir lieu », a-t-il affirmé devant les journalistes, confirmant ainsi son ambition de succéder à Starmer. Ce dernier, en poste depuis les élections générales de 2024, voit son autorité de plus en plus contestée au sein de la majorité, alors que les tensions internes s’aggravent.

Le Brexit, « erreur catastrophique » qui a appauvri le Royaume-Uni

Dans un discours remarqué, Wes Streeting a dressé un bilan sévère de la décision britannique de quitter l’Union européenne. « Quitter l’Union européenne a été une erreur catastrophique », a-t-il lancé, ajoutant que ce choix avait laissé le pays « moins riche, moins puissant et moins maître de son destin qu’à n’importe quel moment depuis avant la révolution industrielle ». Ces propos s’appuient sur des analyses économiques récurrentes, qui soulignent les pertes de croissance et d’influence liées au Brexit.

Streeting n’a pas seulement dénoncé les conséquences passées. Il a aussi esquissé une feuille de route pour l’avenir : « Nous avons besoin d’une nouvelle relation privilégiée avec l’UE, car l’avenir du Royaume-Uni se joue en Europe. Et un jour, un jour, de retour dans l’Union européenne. » Cette perspective, encore minoritaire au sein du Labour, marque un tournant dans le débat politique britannique sur l’Europe.

Un contexte politique explosif après les défaites locales du Labour

Les déclarations de Streeting surviennent à un moment de forte tension politique. Lors des élections locales du 10 mai 2026, le Parti travailliste a subi des pertes historiques, tandis que le parti Reform UK, héritier du Brexit Party, a réalisé des scores en hausse. Ces résultats ont accentué la pression sur Keir Starmer, déjà fragilisé par des critiques internes sur sa gestion des réformes et de l’économie.

Le Brexit, loin d’être un sujet éteint, revient ainsi au cœur des débats. Après des années de tensions sur les relations commerciales avec Bruxelles et de divergences transatlantiques sous l’administration Trump, le Royaume-Uni cherche à se repositionner. Les incertitudes sur l’avenir de l’alliance avec les États-Unis, sous un éventuel second mandat de Donald Trump, rendent la question européenne encore plus sensible.

Le Brexit, un choix de 2016 qui divise toujours le pays

Le référendum de 2016, marqué par une campagne houleuse et une victoire du « Leave » à 51,9 %, avait scellé le divorce entre Londres et Bruxelles. Porté par l’ancien Premier ministre conservateur Boris Johnson et Nigel Farage, alors leader du UKIP puis du Brexit Party, le camp du « Leave » avait promis une souveraineté retrouvée et des gains économiques. Aujourd’hui, ces promesses sont largement remises en cause par les faits.

Les études économiques, y compris celles du Trésor britannique, pointent des pertes de PIB estimées entre 4 % et 6 % depuis 2020, ainsi qu’un affaiblissement de l’influence britannique sur la scène internationale. Face à ces constats, une partie de la classe politique, notamment au Labour, commence à envisager un rapprochement avec l’UE – voire une réadhésion à terme.

Et maintenant ?

La candidature de Wes Streeting à la direction du Parti travailliste dépendra des prochains mois. Si les pressions sur Starmer s’intensifient d’ici l’automne 2026, une élection interne pourrait être organisée. Par ailleurs, le débat sur le Brexit devrait rester un enjeu central lors des prochaines élections générales, attendues au plus tard en 2029. La question d’un rapprochement avec l’UE, si elle s’impose dans le débat public, pourrait redessiner les alliances politiques au Royaume-Uni.

En attendant, Keir Starmer reste en poste, mais son leadership est clairement contesté. Quant à Wes Streeting, il mise sur une stratégie de rupture pour séduire l’électorat travailliste, tout en rouvrant un dossier européen longtemps considéré comme clos par les partisans du Brexit.

Wes Streeting a démissionné de son poste de ministre de la Santé en mai 2026. Il n’occupe donc plus de fonction gouvernementale au moment de sa déclaration.

Les prochaines élections générales doivent avoir lieu au plus tard en janvier 2029, selon le mandat maximal fixé par la loi britannique. Cependant, le Premier ministre peut convoquer des élections anticipées s’il le souhaite.