Dans un entretien exclusif accordé à France 24 et RFI depuis Dakar, le président de l’Assemblée nationale sénégalaise, Ousmane Sonko, a balayé les spéculations sur une possible rupture avec le président Bassirou Diomaye Faye. Selon ses propos rapportés ce 15 juin 2026, « il n’y aura pas de déchirure » entre les deux hommes politiques, malgré les tensions apparentes qui avaient marqué les dernières années. Sonko a également abordé plusieurs sujets sensibles, dont ses ambitions pour le scrutin de 2029, la gestion de la dette publique, la crise universitaire et la question du durcissement législatif contre l’homosexualité.

Ce qu'il faut retenir

  • Stabilité politique : Sonko affirme qu’aucune « déchirure » n’est à craindre entre lui et le président Faye.
  • Ambitions 2029 : Le président de l’Assemblée nationale évoque ses projets pour les prochaines élections présidentielles.
  • Dette publique : La gestion de la dette sénégalaise est présentée comme un enjeu majeur dans ses déclarations.
  • Crise universitaire : Sonko défend sa position sur la gestion du secteur de l’éducation supérieure.
  • Législation anti-homosexualité : Il soutient le durcissement des lois en vigueur sur ce sujet.

Un message de cohésion politique malgré les tensions passées

Ousmane Sonko a choisi de s’exprimer clairement sur les relations entre les deux figures majeures du pouvoir sénégalais. « Il n’y aura pas de déchirure » avec Bassirou Diomaye Faye, a-t-il martelé, tout en insistant sur la nécessité de travailler ensemble pour l’intérêt national. Cette déclaration intervient après des mois de spéculations sur d’éventuels désaccords entre les deux hommes, notamment lors de la crise politique de 2023-2024. Selon Sonko, l’heure n’est plus aux divisions, mais à la consolidation des acquis démocratiques du pays.

Les ambitions de Sonko pour 2029 et la question de la dette

Lors de cet entretien, le président de l’Assemblée nationale a également évoqué ses propres ambitions pour le scrutin présidentiel de 2029. Sans annoncer formellement sa candidature, il a laissé entendre qu’il pourrait jouer un rôle central dans la vie politique sénégalaise dans les années à venir. Par ailleurs, la question de la dette publique, qui pèse lourdement sur les finances de l’État, a été abordée. Sonko n’a pas détaillé de mesures concrètes, mais a souligné l’importance de trouver un équilibre entre rigueur budgétaire et investissements sociaux.

La gestion de la crise universitaire et le durcissement législatif

Sur le plan sociétal, Ousmane Sonko a défendu sa position concernant la crise qui touche le secteur universitaire depuis plusieurs mois. Il a rappelé l’engagement du gouvernement à rétablir l’ordre dans les campus, évoquant des « mesures fortes » pour mettre fin aux violences et aux blocages. Autre sujet sensible : le durcissement de la législation contre l’homosexualité. Sonko a réitéré son soutien à une loi plus répressive, une position déjà exprimée à plusieurs reprises lors de prises de parole publiques. « La loi doit protéger les valeurs traditionnelles de notre société », a-t-il précisé.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient être déterminantes pour évaluer la solidité de l’alliance entre Sonko et Faye. Si les déclarations du président de l’Assemblée nationale rassurent sur la stabilité politique, les observateurs s’interrogent sur l’impact réel de ces propos. La gestion de la dette et la crise universitaire restent des défis majeurs pour le gouvernement, tandis que les tensions sociétales autour de la question des droits LGBTQ+ pourraient resurgir dans le débat public. Pour l’heure, aucune date précise n’a été avancée pour de nouvelles annonces politiques.

À Dakar, la parole de Sonko sera probablement analysée sous tous les angles. Reste à savoir si ses déclarations suffiront à apaiser les craintes d’une fragmentation du pouvoir ou si d’autres éléments viendront, dans les mois à venir, remettre en cause cette apparente unité.